| 1. Situation géographique Le gisement de Dikulushi est situé dans le Nord de la province du Shaba, dans le SE du pays. Par sa position géographique, il n'appartient pas à la ceinture cuprifère du Shaba-Zambie, étant situé 350 km au NNE de celle-ci.
2. Cadre géologique
Les formations de Dikulushi rappellent toutefois celles de la ceinture cuprifère datée du Protérozoïque supérieur (Katangien). Ainsi, le gisement de Dikulushi est encaissé dans des terrains schisto-gréseux attribués au Kundelungu moyen, surmontés en discordance par les grès rouges du Kundelungu supérieur (Katangien sup.).
3. Morphologie
. 4. Minéralisation
et substances économiques
La minéralisation est encaissée dans une série sédimentaire monoclinale attribués au Kundelungu moyen. La foliation est subméridienne à fort pendage vers l'Est (20 à 60°). Au niveau du gisement, la série est constituée de matériaux détritiques fins (grès, argilites, shales). La minéralisation comprend deux types, disséminée ou " massive " :
- disséminée. Elle est alors stratiforme et composée de chalcocite fine, disséminée dans deux niveaux de grès gris intercalés dans des shales stériles ou faiblement minéralisés et des grès rouges. L'extension de la zone minéralisée est de l'ordre de 50 à 100 m au sud d'une faille N70°. Les teneurs y varient de 1 à 4% Cu. Au Nord de la faille, les grès gris minéralisés n'ont pas été retrouvés.
- massive. Elle représente l'essentiel de la minéralisation. Elle est localisée dans la faille orientée N70°, ici très pentée vers le SE (65° en moyenne) et puissante de 2 à 35 m. La minéralisation est composée d'une gangue de silice et baryte qui contient essentiellement de la chalcocite avec un peu de covellite et de bornite cimentant une brèche. Les teneurs sont fortes (10% Cu en moyenne).
La mise en place de la minéralisation s'est faite dans un milieu deltaïque distal au niveau d'une faille syn-sédimentaire, en bordure de talus. Elle résulte de la remobilisation d'une minéralisation syn-diagénétique précoce qui est ensuite reconcentrée dans les sites les plus perméables (grès, faille). L'étude des isotopes du soufre laisse à penser qu'un apport de métaux d'origine profonde est possible.
Une autre caractéristique du gisement de Dikulushi est la grande teneur en argent de certains sulfures (chalcocite, bornite et covellite), la chalcopyrite n'étant pas chalcopyrite.
5. Travaux Historique
Après une étude bibliographique, le BRGM a formulé une nouvelle hypothèse sur la genèse des indices aux environs de Dikulushi. En février 1974 , une reconnaissance géologique a démontré la validité de cette hypothèse (gîte stratiforme). Puis, de juin 1974 à septembre 1974, ont été réalisé, une campagne de géochimie sol, des tranchées, des puits et 4 sondages carottés. Les résultats de cette reconnaissance ont laissé entrevoir un potentiel intéressant sur l'indice de Dikulushi.
Les travaux ont repris, sous un autre cadre légal, entre 1978 et 1981. Les opérations menées par le BRGM ont confirmé l'intérêt du gîte, ont permis de le dimensionner et, enfin, l'ont certifié comme gisement économique.
Les travaux ont consisté en l'établissement d'une cartographie précise au 1/1000 pour avoir un document de référence sur lequel il a été possible d'y reporter toutes les informations passées et à venir.
La géologie de surface a été reconnue grâce à l'ouverture de 401 m de tranchées, de 56 puits totalisant 154 m et de nombreux grattages afin de pallier à la grande rareté des affleurements.
L'extension en surface des zones minéralisées, a été délimitée par une prospection géochimique sur tarière (753 trous totalisant 2815 m).
Les réserves du gisement jusqu'à 200 m de profondeur ont été calculées à partir de 27 sondages à la maille de 35 x 40 m totalisant 3621 m.
Les essais de traitement du minerai ont été conduits à partir des carottes de sondages. Plusieurs méthodes furent testées, la flottation intégrale sera retenue.
Les études géotechniques ont été menées sur carottes de sondages et sur tranchées pour déterminer la stabilité des futurs ouvrages (open pit et mine souterraine). Les études hydrogéologiques et hydrologiques ont été menées à plusieurs niveaux. Au niveau du gisement, les forages ont été utilisés comme piézomètres ou comme pompages d'essai pour déterminer de la perméabilité des terrains et les caractéristiques de la nappe. Couplés à la mesure continue de la pluviométrie, ces études ont aussi servi à estimer l'exhaure de la mine. Au niveau régional, les rivières ont été jaugées et leur tracé reconnu pour valider l'hypothèse du transport par barges en toutes saisons. Les études de terrain ont aussi permis de reconnaître l'implantation des routes d'accès, lignes électriques, centrales électriques ou hydroélectriques, bâtiments, etc.
Même s'il n'a pas l'ampleur des géants de la ceinture cuprifère du Shaba, le projet est intéressant, d'autant plus que le contenu métal n'est pas encore reconnu sous la cote - 200.
| 1910 |
Reconnaissance d'indices cuprifères par Behrend.1929 : Reconnaissance par travaux de subsurface (puits, tranchées) menée par le Service des Mines du Katanga (SERMIKAT). |
| 1966 |
Prospection par la Société Minière du Lac Moéro (SOMILMO) |
| 1974 |
Cartographie et étude d'indices de cuivre. Prospection réalisée par le BRGM (SEREMI) comprenant géologie, géochimie, géophysique, puits, tranchées, et 4 sondages. L'intérêt du gîte de Dikulushi est mis en évidence. |
| 1974-1979 |
(BRGM opérateur pour la Société Minière de Goma, filiale du BRGM). Etude du gîte de Dikulushi par géologie détaillée, géochimie tarière, géophysique, sondages et essais de traitements du minerai. Etudes hydrologiques, hydrogéologiques et géotechniques. Etude de faisabilité du gisement. |
| 1980-1981 |
Etude sur le terrain des infrastructures (routes, voies navigables, barrages, lignes électriques). |
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6. Production, réserves,
traitement, utilisations es études réalisées par le BRGM ont établi les réserves du gisement de Dikulushi à 150 000 t de Cu métal à une teneur moyenne de 11,48 % Cu et 400 g/t Ag pour une teneur de coupure de 2 % Cu et sur un aval pendage de 200 m. 195 000 t de Cu métal sont en plus classées en réserves probables.
Le gisement de Dikulushi est, pour le Shaba, un gisement de petite taille, mais il est exceptionnellement riche (2 fois plus que la moyenne régionale) et de géométrie facile : la minéralisation est localisée dans seulement une faille et deux horizons clairement définis.
Le gisement bénéficie aussi de nombreuses options pour son développement. Ainsi, suivant le contexte économico-politique, le transport du concentré peut se faire facilement soit par voie fluviale et routière vers Lubumbashi, soit par route uniquement, si le réseau le permet. L'alimentation en énergie électrique peut se faire par l'extension du réseau national, par une centrale hydroélectrique à construire à proximité (site reconnu et évalué), ou par une centrale thermique au fuel...
Les analyses isotopiques du soufre laissant à penser que le cuivre a, en partie, une origine profonde, une extension du gisement au-delà des 200 m reconnus est possible, ce qui valoriserait encore plus le gisement.
7. Orientations bibliographiques
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