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Aperçu sur lexploration
minière daujourdhui
Par P. Boutin, BRGM/EI2D
CONSTATS, TENDANCES MAJEURES:
- Les fusions de majors se multiplient.
- Après avoir atteint leur maximum
en 1997 (record historique de 5,2 Milliard de$), les budgets dexploration
ont chuté en 5 ans de 2 Milliards de $ et ont retrouvé leur
niveau de 1991 à 1993.
- Les compagnies peuvent aujourdhui
choisir dinvestir presque partout dans le monde
- La majorité des investisseurs
miniers accorde désormais un coefficient plus important au
facteur potentiel minier quau facteur législatif, ce
qui semble traduire la tendance à lhomogénéisation
mondiale des lois minières.
- Beaucoup de pays en voie de développement
se livrent même à des surenchères concurrentielles
quant aux conditions fiscales pour attirer les investisseurs.
- Le classement simplifié des indicateurs
pour les décisions dexploration des majors est pour
2002 :
- Potentiel gîtologique,
- Stabilité politique,
- Prévisions des marchés à moyen
et long terme,
- Concurrence entre compagnies,
- Politiques nationales dapprovisionnement à long
terme.
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Tableau
représentant de 80 à 90 % des budgets
dexploration mondiaux en millions de dollars
et par continent de 1991 à 2001. |
ANALYSE DU
TABLEAU DES BUDGETS DEXPLORATION
- Les investissements
dexploration
se sont fortement accrus de 1993 à 1997, mais ont
ensuite brutalement chuté (Scandale de la junior BreX
et perte de confiance dans les juniors, crise asiatique,
chute des cours de lor)Les flux se sont majoritairement
déplacés vers les pays à fort potentiel
géologique et à environnement politico-économique
stable, Canada et Amérique latine.De 1970 à 1980
les USA, le Canada et lAustralie avaient attiré la
majorité des investissements dexploration.Au
début des années 1990 les investissements aux
USA navaient pas décru alors quau Canada
la progression était faible.Lexploration en
Australie a plus que doublé sur des fonds majoritairement
australiens.
- La croissance
a quadruplé pour
les pays en voie de développement à fort potentiel.
(Chili, Mexique, Argentine et Brésil) et aussi pour
quelques pays dAfrique, dAsie et du Pacifique
GLISSEMENT
DES CRITERES DE CHOIX DES MAJORS
La
dernière étude
(2002 ; pour lannée 2000) de lInstitut
Fraser du Canada sur lindice dattractivité des
investissements dans le domaine minier prend en compte
162 Compagnies dont 130 juniors et 30 majors qui représentent
51% de linvestissement en exploration au Canada et
33 % de linvestissement aux USA.Les remarques des
compagnies sur les critères considérés
dans les précédentes études de linstitut
Fraser ont été prises en compte. Si auparavant
il était donné une égalité de
poids aux facteurs gîtologiques et législatifs,
la pondération
est désormais de 60 % pour le potentiel minier et
40 % pour le facteur légal. (cf. fig. 1, 2 , 3).
Une géologie
attractive nest pas suffisante pour attirer les investisseurs
(5ème conférence annuelle des Cies
minières dans " Engineering & Mining Journal " du
12/02/2002).Principaux exemples :
- LAustralie, le Chili et
les provinces canadienne de lOntario et du Québec
qui ont à la fois une législation et une gitologie
attractive conservent un taux dinvestissement élevé.
- La Colombie
Britannique (Canada ) et la Russie sont délaissées malgré une
excellente gitologie à cause de législations
trop contraignantes.
Le déplacement
des centres dintérêts sexplique
par les faits suivants :
- Jusquen 1990 les Cies percevaient
les investissements dans les PVD comme très risqués.
- Les lois
minières et financières étaient
peu attractives.
- Vers la
fin des années
1980 beaucoup de pays ont remanié leurs lois minières
pour les rendre plus attractives.
- Beaucoup
dentreprises détat
ont été privatisées
- Beaucoup
de sociétés
des pays développés se sont rendu compte des
difficultés croissantes à exploiter chez elles
en raison de la montée des lois environnementales.
COURSE
A LATTRACTIVITE.
Depuis
1990, une grande majorité de pays en voie de développement
ont adapté leurs codes miniers et leurs lois commerciales
pour se rapprocher ou saligner sur celles des pays reconnus
comme les plus attractifs. Il sen est suivi peu à peu
une globalisation de loffre qui a fini par provoquer
une certaine concurrence se traduisant par des adaptations
fiscales ou des facilités pour attirer les investissements étrangers.(Race
to the bottom)Le cas du Mali,
et plus globalement de lAfrique de louest, devenus
en quelques années plus attractifs que le Ghana est
particulièrement démonstratif.Après sêtre
préoccupé principalement des taxes, des pourcentages
de participation, des pouvoirs de contrôle, les réformes
se sont ensuite portées sur dautres paramètres
tels que la répartition des pouvoirs administratifs
entre état et unités territoriales, implications
des habitants, les problèmes environnementaux, le développement
du recyclage
Toutes ces réformes
ne se font bien sur que si les gouvernements estiment important
de développer leur secteur minier. Chacun doit ensuite
décider comment agir sur ce développement :
- investissement étranger
- investissement
de létat
- investissement
privé national
Beaucoup de
pays qui avaient misé sur les entreprises minières
détat se sont désengagés au profit
des investissements internationaux.Les compagnies transnationales
en exploration et exploitation considèrent de nombreux
facteurs pour décider dinvestir, qui peuvent être
classés schématiquement en cinq critères
principaux :
- Potentiel
gîtologique,
- Stabilité politique,
- Prévisions des marchés à moyen
et long terme,
- Concurrence entre compagnies,
- Politiques
nationales dapprovisionnement à long
terme.
EXEMPLE DES METAUX
DE BASE ET PRECIEUX
Raison de la
croissance jusquen 1997 :
- Demande
accrue et continue de minerai, essentiellement de lor
(cf. figures ci dessous)
- Baisse des
coûts de production
dus à des avancées technologiques.
- Hausse des
profits et reports des bénéfices dans lexploration.
- Intérêts des marchés
boursiers pour un créneau porteur (haut retour des
investissements avec les juniors émergentes)
- Découvertes de gisements
de classe mondiale qui emplissent limaginaire des boursicoteurs.
- Ouverture
et développement
des bourses minières au Canada, aux USA, en Australie
et à Londres apportant des finances pour lexploration.
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Variation
de la demande en métaux de base (1970-2005,
% de variation/an) |
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Quelques raisons
de la chute de 1997 à 2000 :
- La perte de confiance des
investisseurs dans les juniors qui étaient devenu
les chiens de chasse des majors après le scandale
de la junior BreX.
- La crise asiatique
- La chute des cours de lor.
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