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Etain : retour aux incertitudes

C. Hocquard et P. Gentilhomme (BRGM)

Des incertitudes concernant l’avenir des productions en Chine et en Indonésie, les deux premiers producteurs mondiaux, et la réjuvénation de ce " vieux métal " motivent cette note.

Rappel historique

L’histoire de l’étain est mouvementée. En 1973, le pic de la consommation d’étain à 253 kt (Record qui n’a été franchi qu’en 2000 avec une consommation de 268 kt) marquait la forte demande de fer étamé pour boîtes de boisson. Dans les 6 années suivantes, le cours de l’étain a monté pour quadrupler, ouvrant la porte à sa substitution par l’aluminium ou l’acier verni .

Au milieu des années 80 on assiste à une chute brutale des cours, provoquée d’une part par la chute de la consommation de 25% du à la concurrence de l’aluminium, et d’autre part les augmentations des productions chinoise et brésilienne qui conduit à la fermeture des mines de Malaisie et de Bolivie.

 

Cours de l’étain à Paris ( F/t)

Consommation mondiale ( kt)

1973

22 600

253

1985

118 100

216

1987

47 470

229

1990

39400

232

Les producteurs, regroupés au sein de l’ATPC (Association of Tin Producing Countries), ont alors acheté leurs propres concentrés et constitué un stock régulateur pour absorber les surplus de la production et soutenir ainsi les cours. Echec total. Le projet a engendré l’insolvabilité de ses membres, obligeant la vente du stock et la mise sur le marché de plus de 60 kt de métal, précipitant la chute des cours de l’étain. Cette institution a été remplacée en 1995 par l'ITRI (International Tin Research Institute) chargé de rechercher de nouvelles utilisations de l'étain. La Malaisie, producteur dominant à l’époque, ne contribue plus aujourd’hui qu’à moins de 2,5% de la production mondiale, tandis que les découvertes d’étain en Amazonie propulsaient le Brésil comme premier producteur mondial entre 1987 et 1990, avec 39 kt. Depuis, l’épuisement des ressources alluviales-éluviales a fait considérablement régresser la production brésilienne, tandis que celle du Pérou augmentait pour devenir, depuis 1999, le 3° producteur mondial, derrière la Chine et l’Indonésie. La dernière mine européenne d’étain de Cornouailles, South Crofty, a été fermée mi-1997 malgré des teneurs de 1,5 % Sn.

Le grand gagnant de ce quart de siècle tourmenté a été la Chine, à présent confortablement installée comme premier producteur et consommateur mondial.

Panorama de la production actuelle

La production minière mondiale d’étain est dominée à plus de 60% par 3 pays : Chine, Indonésie et Pérou ; tandis que 7 pays (les 3 précédents, plus Australie, Bolivie, Malaisie et Brésil), contribuent pour la quasi-totalité de la production mondiale d’étain. Il faut cependant les séparer en trois groupes : les producteurs miniers, exportateurs de concentrés (Australie, Pérou), les pays essentiellement raffineurs (Thaïlande, Malaisie), et les pays intégrés, à la fois miniers et métallurgiques (Chine, Indonésie, Brésil).

La production minière a été de 248 kt en 2000 (record historique absolu). Les augmentations sont dues principalement à la Chine, au Pérou et à l’Indonésie. La production métallurgique mondiale, en progression constante, a atteint 282 kt en 2000. La consommation mondiale d’étain  est passée de 246 kt en 1999 à 268 kt en 2000, avec un maintien au même haut niveau estimé en 2002.

Production primaire d’étain en 2000 ( kt)

Prod. Minière
(concentrés)

Prod. Métallurgique
(métal)

Exportation nette

Mondiale

248

282

 

Chine

97 (39%)

112 (40%)

61

La courbe des prix de l’étain (cf. fig. cours du LME) traduit la forte dépression de l’année 2001 et un début de reprise en 2002, et démontre le bas niveau actuel par rapport à celui des années 1998-2000. En revanche les récentes turbulences sur le métal n’ont pas encore affecté les stocks qui restent très élevés, à plus de 37 000 t.

Les questions d’actualité 

Les principaux centres de production d’étain (Chine, Indonésie, Australie, Bolivie) affrontent actuellement des problèmes conjoncturels divers. Comment cette accumulation de problèmes va-t-elle jouer à court terme sur les cours, alors que tous les analystes tablent sur une reprise globale de la demande en matières premières minérales au deuxième semestre de 2002 ?

La consommation d’étain est considérée comme inélastique avec une croissance moyenne faible, de l’ordre de 2% par an ; la consommation occidentale d’étain en 200 n’a augmenté que de 10% par rapport à celle de 1995. L’étain a été considéré comme un " vieux métal " dans les années 90 : utilisation en baisse, en valeur absolue et par capita. Mais malgré l’effondrement de certaines utilisations traditionnelles (plomberie, emballage, étamage des aciers(Le fer étamé (" tin plated steel ") a un taux de croissance faible, de 2% par an, mais avec de très fortes disparités régionales ; l’Asie étant aujourd’hui le principal consommateur)), la demande repart grâce à l’électronique (soudure à l’étain des composants sur plaquettes) et à de nouvelles utilisations liées à la substitution du plomb (Selon l’ ITRI (International Tin Resarch Institute), la consommation d’étain augmenterait de 15% par an (~ 40 000 t/an) au cours des 5 prochaines années en raison de cette substitution. Il s’agit des masselottes d’équilibrage des roues de voitures, des munitions sans plomb ("green bullets ") destinées aux entraînements de l’armée américaine, et surtout des soudures sans plomb qui contribuent déjà pour environ 40% de la consommation d’étain (SnPbAg à 62% Sn sera remplacé par SnAgCu avec 95,5% Sn, selon l’équipementier automobile Valéo).

Les quotas de production d’étain n’ont jamais été respectés, en raison surtout d’une mine artisanale incontrôlable. Son développement est lié au fait qu’il existe de très nombreux petits gisements filoniens ou alluvionnaires qui peuvent être exploités avec un minimum de mécanisation. Ce problème se retrouve en Chine, en Indonésie (cf. paragraphe suivant) et au Brésil (Parapanema avait cependant réussi à structurer la production des coopératives de garimperos du gisement Bom Futuro qui, avec 30 kt/an, assuraient 60 % de la production du Brésil). En période de hausse des cours, les petits mineurs sont très réactifs et la production artisanale se développe très rapidement, contribuant ainsi à ramener très vite les prix dans une tendance baissière.

L’offre minière et métallurgique : rapide balayage pays par pays

En Chine, du fait des inondations dans la Province du Guangxi, les mines de la région du Nandan, produisant 1/3 du minerai domestique, ont été fermées après la mort de 80 mineurs en juillet 2001. La Chine est à la fois le premier consommateur et le premier exportateur d’étain. Sa consommation est en augmentation rapide (40 kt en 2001, 60 kt en 2002(L’étain chinois, trop riche en Pb (recyclage de résidus de soudures plombo-stannifères ?), est raffiné une deuxième fois dans les pays occidentaux)) tandis que ses exportations commencent à baisser (61 kt en 2000, 60 kt en 2001, 50 kt/an projetés pour 2002). Elle est d’ailleurs contrainte, d’abord de racheter sa propre production entreposée dans les stocks du LME, et maintenant d’importer des concentrés pour freiner la baisse de sa production métal (estimée à 90 kt pour 2002, loin des 112 kt de 2000). La Chine a du importer 3 500 tonnes de concentrés d’étain en 2001, soit plus de 50% par rapport à 2000. Le premier producteur chinois d’étain, Yunnan Tin Co. (24 kt/an de capacité, 22 kt produites en 2001, 24 kt projetées en 2002) s’alimente auprès de l’indonésien PT Timah. Quant au deuxième producteur, Liuzhou Huaxi Co, il a choisi de limiter sa production. En Chine, l’objectif de la production n’est pas de maximiser les profits, mais d’assurer un certain niveau de revenu, lié à des objectifs stratégiques planifiés. En d’autres termes, pour atteindre cet objectif , plus les cours sont élevés et moins l’entreprise a besoin de produire ; en revanche, plus les cours sont faibles et plus elle doit produire… On voit immédiatement les effets pervers d’une politique qui amplifie la cyclicité des cours des métaux…et " torpille " les concurrents étrangers

En Indonésie, après une chute de 90% de son bénéfice en 2001, PT Timah Tbk (détenu à 49% par l’Etat et 1° producteur mondial intégré d’étain avec une capacité métallurgique de 48 kt/an) prévoit une perte de 53 millions de USD cette année, et serait aujourd’hui en quasi-cessation de paiement. Depuis novembre 2001, seulement 12 des 21 dragues offshore sont encore en activité. L’entreprise pourrait être fusionnée avec PT Aneka Tambang (nickel), tandis que l’Etat passe un décret interdisant à partir du 1° juin 2002 les exportations d’étain sous forme de minerais et de concentrés afin de lutter contre les 6000 exploitations artisanales (Exploitations illégales vis à vis du Gouvernement central mais cependant autorisées par les autorités provinciales… Les royalties payées par PT Timah sont passées de 59 $/t d’étain à 120$/t (3% NSR) en 2001, dont 20% vont au Gouvernement central et 80% à la Province) qui ont envahi les îles de Bangka et Belitung. Selon PT Timah (40 000 t en 2001, 44% de la production provenant de dragues offshore), cette mesure pourrait faire remonter les cours au niveau de 4500 USD/t, à condition qu’elle soit effective et ne favorise pas plutôt la contrebande… La production indonésienne de 50 kt d’étain (estimation pour 2002) est divisée entre PT Timah (34 000 t) et PT Koba Tin (16 kt, 25% PT Timah - 75% MSC, Malaysia Smelting Corp.). Face à cette situation difficile, PT Timah envisage 1) de créer un producteur régional intégré (Nostalgie du triumvirat dominant du SE asiatique ?), en incorporant le malais MSC et le thaïlandais Thaisarco, dont les raffineries sont essentiellement alimentées par les concentrés des petits mineurs indonésiens… 2) de construire une nouvelle raffinerie sur l’île de Kundur, située au large de Singapour et où se trouvent plusieurs unités de production, afin d’économiser sur le coût du transport et d’éviter les actes de piraterie dans le détroit de Malacca, plusieurs cargaisons ayant " disparu " récemment 3) d’exploiter l’étain offshore de Malaisie (projet d’exploitation de l’Etat de Perak en Malaisie), de Birmanie et de Thaïlande.

Au Pérou, San Rafael (Minsur) est la plus grosse mine mondiale. Elle produit 36 kt d’étain en concentrés, soit 14% de la production mondiale. Minsur projette de faire passer la capacité de sa raffinerie " Funsur " de 16 à 20 kt/an (une partie des concentrés est raffinée par Vinto en Bolivie, le Pérou produisant deux fois plus d’étain en concentrés que d’étain métal, respectivement 34,4kt et 15,1 kt en 2000). En Australie, Murchison United NL se désengage de l’étain et à cédé pour 10 MA$ sa mine souterraine de Tasmanie, Renison Bell (Après l’avoir achetée en 1998 !), qui produit 9 kt d’étain en concentrés (à 62% Sn, ~ 5% de la production mondiale, à la junior australienne Sirocco Resources NL. La production alimente la raffinerie de Thaisarco à Phuket en Thaïlande. Le projet de retraitement des tailings (19 Mt à 0,4% Sn) à la cadence de 2 Mt/an augmenterait la production de 50%. De son côté, Malborough Resources profite du manque de concentrés sur le marché pour augmenter à 1,2 kt/an la production de sa petite mine alluvionnaire (et anciens tailings) d’Ardlethan, en Nouvelles Galles du Sud, dont les concentrés sont achetés par MSC. En Malaisie, la production minière a chuté de 61 kt en 1980 à 6,3 kt en 2001, et le nombre d’exploitations est passé dans la même période de 1000 à 41 (Sur les 41 mines, 2 sont exploitées par dragues, 28 par pompes à gravier, 10 en carrières et 1 en souterrain. Principales sociétés : MMC (Malaysia Mining Corp.) et ses filiales Kramat Tin Dredging et Berjuntai Tin Dredging, Delima Industries Sdn. Bhd., Gopeng Resources Sdn. Bhd., Rahman Hydraulic Tin Berhad., Chin Pek Soo Holdings. Les opérations sont situées dans les Etats de Perak et Selangor.). Les exportations de Malaisie sont de l’ordre de 21 à 23 kt/an. Pour alimenter sa raffinerie de Penang, MSC (Malaysia Smelting Corp.) importe des concentrés d’étain d’Australie, mais aussi d’Indonésie (la majeure partie étant issue de la production des mineurs " illégaux "). En Thaïlande, la production minière est de l’ordre de 3 kt (forte croissance de 70% en 1999 avec le passage du nombre d’exploitations de 23 à 30), mais la production de métal excède à présent 17 kt. En Bolivie, le scandale des frères Rastogi affecte la production de leur mine de Huanuni et de la raffinerie de Vinto (La production de Vinto, privatisée en 2000, a beaucoup baissé : 13,4 kt en 1997, 9,4 kt en 2000. La raffinerie de Vinto d’Oruro a une capacité de 20 kt/an. Elle est alimentée à 40% par les concentrés de la mine de Huanuni et par ceux de la mine de San Rafael au Pérou.). Les frères Virendra et Narendra Rastogi, propriétaires de RGB Resources (ex-Allied Deals) et SAI Commodity, sont des traders britanniques sur le marché des métaux non ferreux. Ils ont obtenu plus d’un milliard de dollars de prêts bancaires justifiés avec de faux contrats de transactions. RGB contrôle, en Bolivie, la raffinerie d'étain-antimoine de Vinto et la mine d'étain de Huanuni, qui produit 5 % de la production mondiale. RGB Estaño Vinto SA a été mis en liquidation et acquis la Compaña Minera Colquiri S.A. (CMC), une joint venture entre Comsur et CDC Capital Partners (Commonwealth Development Corp., du Gouvernement de Grande-Bretagne). La production de Vinto devrait à nouveau augmenter fin 2002 avec le redémarrage de la mine de Colquiri détenue par CMC. Comibol a également repris le contrôle de la mine de Sn, Zn, et Bi de Huanuni dont RGB était l’amodiataire.

Au Brésil, la production est divisée entre Paranapanema, Ebesa, puis Cesbra, Best, Bera, Canopus, Mettalurg, Corumbatai, avec une production significative des petits mineurs (garimperos) en particulier dans le district de Bôm Futuro. Le gisement éluvial de Pitinga est épuisé, et Paranapanema (dont l’importante capacité de fusion, 30 kt, est sous-utilisée) envisage depuis plusieurs années d’exploiter le gisement primaire sous-jacent, en roche. Jusqu’ici, en raison du prix trop bas de l’étain, ce projet est repoussé.

En Russie, la seule raffinerie du pays, NTC (Novosibirsk Tin Combine), plus gros producteur d'étain en Europe (capacité de 20 kt/an), ne produit que 3 à 4 kt/an et ne peut satisfaire une demande domestique croissante estimée à plus de 7 kt/an. NTC prévoit d’augmenter sa production à 15 kt dès 2002 , à partir de concentrés provenant de la région de Khabarovsk (Les seuls gisements exploités en Russie sont les greisens hercyniens de l'extrême orient russe (Yakoutie, Primorie et Khabarovsk), avec des réserves très importantes (intérêt du japonais Marubeni pour les mines du Khabarovsk). Le gros gisement de Trudovoe (50 à 100 kt Sn) est en cours de développement au Kirghistan.) et surtout par " tolling ".

Au Portugal, Rio Tinto vend sa participation dans la mine de cuivre-étain de Neves Corvo à Murchison. Le minerai riche en cuivre et étain arrive à épuisement, mais il reste d’abondantes ressources à basses teneurs (40 Mt à 6% Zn et 0,9 % Sn) qui nécessitent une reconfiguration de l'usine de traitement. Cependant, les cours déprimés du zinc (730 USD/t à présent) ne favorisent pas ce projet.

La demande : principaux déterminants

A court terme, des problèmes conjoncturels affectent actuellement les principaux centres de production. Depuis juin 2002, la limitation à 50 kt/an des exportations chinoises, le contrôle de la production artisanale indonésienne et les grèves annoncées en Bolivie vont se surimposer à la reprise industrielle globale, Japon inclus, qui va s’accélérer au deuxième semestre 2002. La consommation d’étain devrait donc augmenter à nouveau et conforter ainsi la lente remontée des prix enregistrée depuis 6 mois. A moyen terme, la croissance de la consommation d’étain devrait être durable, car davantage structurelle et liée à la fois à la croissance de l’industrie électronique (La croissance de la consommation d’étain est particulièrement nette dans les pays à fort développement de l’industrie électronique : +50% à Taïwan, +50% au Mexique, +36% en Corée du Sud, etc. (période 1996- 2000).) et à la substitution du plomb dans de nombreuses applications. Le recyclage de l’étain, limité et surtout très variable selon les utilisations, ne devrait pas jouer un rôle important (on estime l’apport du recyclage à moins de 30 kt/an, soit 11% de la production de métal raffiné).

A long terme, les gisements exploités actuellement sont en large majorité des gisements secondaires (Roche décomposée (placers, éluvions, tailings) sauf en Chine, Pérou, Australie et Bolivie) dont les ressources s’épuisent. C’est le cas en Malaisie (Alluvions des rivières Langat, Kelang et Selangor près de Kuala Lumpur ; Kinta et Perak près de Ipoh.), en Indonésie (à fin 2000 : réserves de 380 000 t d’étain soit pour 11 ans (e-timah.com)), au Brésil (Epuisement du minerai éluvial/saprolitique de Pitinga qui restreint la production d’étain du groupe à 50% de sa capacité de 20 000 t/an.), etc. Ils devraient laisser la place, soit à des ressources off-shore plus difficiles à exploiter (Birmanie, mer d’Adaman), soit à des gisements primaires (" porphyry tin " (Type Echassières en France : coupoles de stocks granitiques peralumineux très évolués et différenciés à cassitérite disséminée et en stockwerks. Ces gisements polymétalliques renferment d’autres éléments lithophiles comme le tantale, tungstène, molybdénite, béryllium, lithium, etc. ainsi que des feldspaths, etc., sous-produits indispensables à l’économie de ces gisements à basse teneur. )). Ces gisements sont nombreux ; en revanche, peu d’entre eux ont encore fait l’objet d’études de faisabilité (passage au gisement primaire de Pitinga au Brésil (Le développement de la mine de Pitinga en roche nécessite un investissement de 120 MUSD, Paranapanema relèvera-t-il ce défi ?), ou découverte annoncée en Indonésie par la junior Herald Res. qui a recoupé de riches intersections dans l’île même de Belitung).

Conclusion

La reprise industrielle globale et incluant l’informatique du deuxième semestre 2002 devrait, à court terme, conforter les cours de l’étain. Malgré son quota d’exportation, la Chine exercera encore sa domination, tandis que les producteurs occidentaux (Indonésie, Brésil), Pérou excepté, sont confrontés au problème récurrent d’une production artisanale informelle très réactive qui contribue à limiter les hausses de prix de ce métal. A moyen terme, cependant, la forte croissance de la consommation chinoise pourrait faire basculer ce pays comme importateur de concentrés. A long terme, le problème de la ressource physique n’existe pas et les provinces stannifères d’Asie (la Chine et la triade Malaisie-Birmanie-Indonésie) continueront à s’imposer.

Quant aux " porphyry tin ", pour que ces gisements soient développés d’ici 10 à 15 ans, il conviendrait que le cours de l’étain demeure durablement au-dessus de 6000 USD/tonne (soit une hausse de 50 % par rapport aux niveaux de l’hiver 2001-2002).

Type de gisement disséminé d’étain à basse teneur (coupole de granite peralumineux très évolué et différencié)
Cours de l’étain au LME depuis 1998

Repères

  • ATPC : Association of Tin Producing Countries : Bolivie, Brésil, Chine, Nigéria, Rep. Dem. du CongoITRI : International Tin Resarch InstituteTin International : revue de Robin AmlôtBrandeis, traderStock du LME : point de basculement des cours à 10 000 t, soit environ 3 semaines de la consommation occidentale
  • Belitung : dont dérive Billiton, à l’origine de la compagnie minière néerlandaise du même nom. Aujourd’hui, BHP-B (Billiton) n’est plus active sur l’étain.
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