| |
 |
Projet SINCOR (Venezuela)
de TotalFinaElf Le brut extra-lourd des grès de lOrénoque " Nos ressources sont là,
nos besoins sont ici "
C. Hocquard, BRGM-REM-IE2D (07/2002)
Introduction
- On distingue les
grès bitumineux*
(oil sand, composé de sable, bitume, dargiles, de minéraux
lourds et deau) et les shales bitumineux (oil shales), ces
derniers sont encore plus abondants (Utah, Russie, Australie, Estonie,
Brésil, Suède, Chine), mais ne deviendront exploitables
que dans un futur lointain.
- Opposition entre
les grès bitumineux
des bassins de lAthabasca (Canada) et de lOrénoque
(Vénézuela) :
- Athabasca :
climat froid, gis de surface : pétromines (" Mining
for Oil ") : Athabasca : 1,7 à 2,5
trillions (1018 ) de barrils contenus, dont 300
milliard récupérables.
Les plus grands équipements miniers du monde sont actuellement
développés pour lAthabasca (dumper > 300
t de Caterpillar , pneus Michelin de 4 m de diamètre, pelles
O&K, etc.). Il sagit de grès littoraux à minéraux
lourds. Très lourds problèmes environnementaux de
surface : sols sableux fragiles, tailings énorme,
gypse. Environ 50 projets en cours.
- Orénoque :
climat chaud, gis. profond : forages horizontaux/verticaux (54
000km²) : 1200 milliards de barils, mais les réserves
récupérables ne seraient que de 8 % (soit 100 milliards
de barrils, cest à dire le potentiel de lIrak
ou de lIran). Avec une récup de 25%, le bassin de
lOrénoque aurait le potentiel de lArabie Saoudite.
Il sagit de sables continentaux fluviatiles structures chenalisants.
Le coût de production de Sincor ne serait que de 7$/barril
(calculé sur les 35 ans, en monnaie constante). Deux
grand projets en cours.
- Le brut " extra lourd " est
un simili-goudron* qui doit être raffiné deux fois avant
dêtre transformé en essence. Comme il est très
visqueux, il doit être préalablement fluidifié grâce à un
solvant ( ?). Il est ensuite extrait par pompage grâce à des
sondages horizontaux qui suivent les couches sub-horizontales de
grès bitumineux. Ce brut " extra lourd " fluidifié est
ensuite envoyé par oléoduc à une usine
qui le raffine pour donner un brut classique exportable.
- Présence de sous-produits pénalisants :
métaux lourds (à linstar des kupferschiefers,
ces bitumes sont des poubelles métallogéniques), et
de sous-produits potentiels valorisables* : Soufre et Vanadium
et germanium, Sc ( ?). Proposer à Total
des bilans géochimiques complets de tous les éléments
métalliques contenus dans ces bitumes.
*
En Athabasca, une usine de récupération du vanadium a été construite
et les tailings qui contiennent des minéraux lourds (ilménite-zircon-rutile)
titrent 11,5% TiO2 et 3,6% ZrO2.
Document " brut " extrait
du site web de Total (2001) : Le
Projet SINCOR (Venezuela)
de TotalFinaElf
Les deux sites (amont et
aval) du projet Sincor, se trouvent dans l'Etat d'Azoantegui.
- Le gisement (site de production amont) est
situé près de San Diego de Cabrútica, dans la
zone de l'Orénoque, sur le permis de Zuata, à 500
km au sud-est de Caracas. Depuis 1997, 220 puits horizontaux ont été forés
et sont prêts à produire. Les méthodes parmi
les plus sophistiquées de l'industrie pétrolière
sont appliquées afin d'extraire et de diluer l'huile extra-lourde
qui est exportée vers l " upgrader " de
José. Le brut lourd est produit par des puits horizontaux,
selon un mode dit de production froide, c'est-à-dire
sans injection de vapeur.
- L'usine
de premier raffinage (" upgrader " aval),
est située plus au nord sur la côte des Caraïbes, à José,
près de Puerto de la Cruz. Elle est mise en service depuis
fin 2001. Il regroupe sur 30 km² les activités axées
sur le pétrole, la pétrochimie, le GPL et les
engrais.
SINCOR en chiffres
- Partenaires :
en novembre 1997 : démarrage du projet de développement
des bruts extra-lourds de l'Orénoque. Aujourdhui lopérateur
est la société Sincor CA : TotalFinaElf (47 %), la
compagnie nationale vénézuélienne Petroleos
de Venezuela PDVSA (38 %) et la compagnie norvégienne Statoil (15
%).
- Investissement global :
4,2 milliards de dollars (1/3 pour la partie amont et 2/3 pour
la partie aval). 40 % en fonds propres et 60% par lemprunt.
- Production prévue (moyennes
annuelles) : Pour le brut extra-lourd (8,5 ° API*) : 200
000 b/j de Syncrude ". Pétrole brut synthétique
de qualité 32° API et teneur en soufre < 0,1% (appelé Zuata
Sweet) : 180 000 b/j
- Produits dérivés : 900
t/j de soufre et 6 000 t/j de coke** .
- Durée du contrat :
35 ans, lexportation de " Zuata Sweet " a
commencé en février 2002.
- Ressources :
Le volume d'huile extra-lourde contenu dans des réservoirs
gréseux est estimé à 38 milliards de barils.
Sur la durée du contrat de 35 ans , la production cumulée
atteindra 2,4 milliards de barils.
- Géologie : niveaux
de grès discontinus (chenaux) de quelques mètres à dizaines
de mètres dépaisseurs situés entre 350
et 600 mètres de profondeur
- Augmenter le taux de récupération
de 7 à 9% augmenterait les réserves de 30%
- Principe
- Puits verticaux = mode de "production
chaude" : il serait nécessaire d'injecter
dans le sol de la vapeur d'eau à haute température
pour réchauffer le brut et réduire sa viscosité,
permettant ainsi son écoulement vers les puits et jusqu'à la
surface.
* une American Petroleum Institute mesure
une densité spécifique. LEau a une " API
gravity " de 10o.
**
Coke de pétrole, résidu
solide à forte teneur en carbone résultant de la décomposition à haute
température du pétrole et utilisé principalement
pour la fabrication d'électrodes et de balais en charbon.
- Forage horizontal = mode
de "production
froide" : chaque puits traverse
les couches géologiques contenant le brut lourd sur une
très grande longueur (équivalent au débit
de 3 à 5 puits verticaux conventionnels, sans qu'il soit
nécessaire d'injecter de la vapeur). On augmente la productivité des
puits en les équipant avec des pompes de fond et en y
injectant un diluant qui réduit la viscosité du
brut. La production froide est plus économique en investissements et en
coûts d'exploitation que la production "chaude".
En effet, il n'y a ni unités de génération,
ni réseau de distribution de vapeur, moins ou pas de problèmes
de corrosion, moins d'eau produite à séparer à et à traiter.
- Technologies de pointe
- Sismique et imagerie 3D :
Cette technique permet d'optimiser la trajectoire des puits horizontaux
et d'améliorer le drainage des gisements d'hydrocarbures,
tout en augmentant le pourcentage de récupération.
- Forage horizontal : Le
forage horizontal permet de drainer une couche de grès imprégnée
de pétrole sur une longueur beaucoup plus grande qu'avec
un puits vertical. Il est maintenant possible de piloter l'outil
de forage dans des couches n'ayant pas plus de 10 à 20 m
d'épaisseur, et cela sur des distances dépassant
de plusieurs kilomètres le point à partir duquel
on fore. Le taux de succès d'un forage d'exploration est
aujourd'hui de un sur quatre alors qu'il était de un sur
dix il y a quinze ans. Depuis le milieu des années 80, le
forage horizontal tend à se généraliser. En
effet, si le coût de forage d'un puits horizontal est supérieur à celui
d'un puits vertical, le forage avec drain horizontal permet d'assurer
des productivités très supérieures à celles
que donneraient des puits verticaux classiques. Il est ainsi possible
de multiplier la productivité par 2, voire 5, selon les
caractéristiques du réservoir et du brut qu'il contient.
Ces puits horizontaux "à long déport" (plus
de 5 km de déport horizontal) sont une nécessité dans
les zones écologiquement sensibles ou habitées ou
encore en mer. Ils permettent de limiter le nombre de plates-formes
et même, dans certains cas, de les supprimer en forant depuis
la côte des champs situés en mer.
220 puits horizontaux
ont été forés et sont prêts à produire à partir
de 17 clusters (emplacements de surface). Les drains horizontaux
sont forés à partir de ces "clusters" répartis
sur l'ensemble du champ. A partir de chacun d'eux, et pour chaque
réservoir développable, on fore 6 puits horizontaux
de 1400m de long dans différentes directions (structure en "papillons").
Dans le meilleurs clusters, il peut y avoir jusqu'à trois
ou quatre réservoirs développables, indépendants
et superposés. On pourra donc forer un maximum de 18 - voire
24 - puits horizontaux à partir de ces clusters.Le développement complet du champ
nécessitera environ 1500 puits, répartis sur
un total de 80 clusters, à raison de 6 à 24 puits par
cluster. Ces clusters sont reliés au centre de production
par un réseau complexe de pipes couvrant l'ensemble du champ.
Drains horizontaux :
Le but d'un forage horizontal est " d'enfiler " les parties
les plus poreuses des réservoirs et qui peuvent se présenter
sous la forme de lentilles ou de bancs, bout à bout, à parfois
7 ou 8 kilomètres de distance. La première difficulté consiste à faire " atterrir " correctement
le drain dans le réservoir. Ensuite, sa trajectoire dépendra
des fluides en place et des caractéristiques de la roche.
Orienter un outil au bout de plusieurs kilomètres de tiges équivaut
au déplacement et à l'orientation d'un cheveu d'une
longueur de 4 mètres dans un trou de quelques dixièmes
de millimètres de diamètre. Environnement Le
développement
durable désigne une approche intégrée et équilibrée
entre les responsabilités économiques, environnementales
et sociales, entre les besoins locaux et les ressources globales
et, entre les bénéfices et les coûts du court
et du long terme. Quant au
site lui-même,
son aménagement a exigé des mesures spécifiques
de protection de l'environnement.
- Le premier souci
tient à la
nature des sols qui sont très sablonneux et pauvres,
dès qu'on les travaille un peu, on rencontre de terribles
problèmes d'érosion durant la saison des pluies.
C'est un véritable casse-tête qui demande une grande
vigilance tout au long de la phase de production. TotalFinaElf
a fait le choix de regazonner toutes les surfaces qui avaient été déblayées
pendant la phase de forage et de construction en utilisant des
tapis de fibre de coco pour fixer les graines.
- Le traitement des effluents de
forage La seconde difficulté porte
sur le traitement des effluents de forage et de production, très
complexe dans le cas de l'huile lourde. Les boues de forage sont
centrifugées et les solides mélangés à de
la terre pour former un amalgame à très faible
teneur en hydrocarbures (inférieur à 2 %) qui est
ensuite stocké dans des aires d'observation dotées
d'un système de drainage et de protection de la nappe
phréatique. Le Groupe est en parfaite conformité avec
la législation locale et ce traitement est ce qui se fait
de mieux au niveau mondial. Quant à l'eau de production,
elle est réinjectée après traitement dans
des aquifères profondes et n'a donc aucun impact direct
sur l'environnement.
API Densité API
(échelle arbitraire de densité, exprimée en
degrés, établie par l'Institut américain du
pétrole (American Petroleum Institute) et adoptée depuis
1922 par l'industrie pétrolière américaine.
On parle de brut lourd à moins de 20° API et de brut extra-lourd à moins
de 10° API.
Syncrude Produit
final reconstitué à partir de divers composants du
brut d'origine, chacun traité séparément. Pour
améliorer le brut lourd, on peut soit enlever du carbone,
soit y ajouter de l'hydrogène ( voir Brut synthétique).
Conversion
profonde Opération
de raffinage visant à transformer les produits lourds
en produits plus légers ou moins visqueux. On parle de
conversion profonde lorsqu'il s'agit de bruts très
lourds.
|
|
|