Le
fonctionnement des juniors dexplorationC.
Hocquard,
BRGM-REM-IE2D, 15/05/2002
Introduction Les " juniors " dexploration
minière, essentiellement canadiennes et australiennes, sont
de petites sociétés qui ne disposent pas, à linstar
des sociétés exploitantes, de revenus miniers susceptible
de financer leurs travaux de recherche. Leur fonctionnement est donc étroitement
lié à la recherche de financement, soit en bourse (grâce à des émissions
daction favorisées au Canada par des crédits dimpôt),
soit auprès des sociétés minières " majors " (grâce à des Joint-Ventures). Lactivité minière
est éminemment cyclique, et lexploration est la première
activité à subir les coupures de crédit en
baisse de cycle, tandis quelle est la dernière à reprendre
en remontée de cycle. On constate, en moyenne, un décalage
dun an entre la reprise des cours des matières premières
et la reprise de lexploration, principalement alimentée
par les cash-flow des majors. En
20 ans, les juniors ont eu une histoire mouvementée, que lon peut séparer
en 5 périodes :
-
Période 1980 - 1987 :
financement des juniors via des JV classiques.
-
Période 1988 - 1997 : financement
des juniors à la fois par la bourse et les majors. Les juniors
deviennent les " chiens de chasse " des
majors.
-
1998 : collapse des juniors suite au
scandale Bre-X
-
1999 - 2001 : Poursuite de la baisse
des dépenses dexploration, externalisation de lexploration
des majors qui sous traitent à des juniors.
-
2002 : reprise de cycle économique
en 2002, accompagnée par la reprise de lexploration,
elle-même stimulée par la hausse du prix de lor
au dessus de la barre des 300 USD/once. Plusieurs juniors
choisissent la place de Londres pour y lever des fonds.
Période 1980 - 1987 :
Accords de type JV entre majors et juniors Suite à la vive hausse
des cours de lor (pic historique à plus de 800 $ en 1980),
les juniors dexploration se multiplient en Australie (30%) et
surtout au Canada (60%). Les juniors prennent des permis, réalisent
la partie amont à haut risque de lexploration (" grass
roots ou greenfield"), puis cherche une major dès quelles
identifient un sujet attractif. Lobjectif pour la junior est
moins de développer une mine, que de réussir à vendre
sa découverte à une major afin de réaliser
la meilleure plus value possible.Les
juniors ont des durées
de vie souvent brèves. Pour être viables, elles doivent
en effet réunir un grand nombre de qualités dans
de nombreux domaines (géologiques/gîtologiques, techniques
dexploration, juridiques/financières/boursières,
communication/promotion, etc.).Les
JV entre juniors et majors sont le plus souvent des accords
doption, dont chaque
major possède un contrat type, basés sur le mécanisme
suivant : la major peut acquérir tout ou partie
du projet de la junior en échange dun engagement de dépenses
dexploration dans un laps de temps déterminé. Si,
après avoir rempli ses obligations contractuelles, la major
lève son option, la junior bénéficie alors du
cash, des royalties ou du pourcentage stipulé dans le contrat.
Les termes (cf. Annexe I) varient évidemment dun accord à lautre
mais lesprit reste le même1.
Période 1988-1997 : Les
juniors comme " chiens de chasse " des
majors Les
juniors se focalisent sur lor, restant en dehors des métaux de base dont lexploration
nécessite davantage dinvestissement. Les
juniors réalisent
plus de 50% des découvertes pour seulement 35% des dépenses
totales dexploration2. Du
fait de ces succès, les majors, moins chanceuses
(fig.1)
commencent alors à utiliser les juniors comme "chien de
chasse" pour identifier de nouveaux projets3. La
major finance alors les juniors comme des sociétés de service. En échange,
la major sarroge un droit de préemption sur toute découverte
(" first pre-emptive right " ou " first
right of refusal ") et la junior obtient un " success
fees ". Si le droit de préemption est décliné (gisement
trop petit), alors la junior peut disposer librement de
100 % des droits. Le financement
des juniors se fait également
par des émissions dactions permettant de lever des fonds
en bourse. Au Canada, ce processus est encouragé par des crédits
dimpôt ou " flow-through share " dont
le succès a été considérable
(fig.2).
Plus de 1600 juniors sont alors enregistrées sur les "Stock
Exchange" de Toronto (TSE) et Vancouver(VSE)4 ,
représentant jusquà 55% des entreprises listées
sur ces deux places ! Quelques juniors sont également inscrites à Montréal
(MSE) et en Alberta (ASE). Cette
période est
aussi celle des nombreux rushs liés à louverture
de plus de cinquante pays miniers suite à ladoption, sous
légide de la Banque Mondiale, de loi minière libérale
accompagnée de privatisations de mines. Les juniors, très
réactives5,
précèdent
les majors. Comme le premier venu est le premier servi, les juniors
sélectionnent et obtiennent des projets attractifs au moindre
coût. Suite à plusieurs
découvertes de gisement de taille mondiale, les prix des actions
des juniors flambent en cas de découverte dans les pays à rush
minier. Leuphorie atteint son maximum avec les découvertes
de Voiseys Bay et Pierina (fig.
3)6. Quelques
exemples daccords
de cette période sont indiqués ci-après.
(1994)
Newmont accorde un financement de 2 M$ sur 4 ans à la junior Panorama Resources.
En échange Newmont recevra une option pour acquérir 80
% des sujets découverts ou acquis par Panorama au Portugal et
en Espagne. Si Newmont exerce son option, ce dernier devient opérateur
et Panorama doit participer aux dépenses d'exploration à hauteur
de ses 20 %. Sinon, la part de Panorama se dilue d'abord progressivement
jusqu'à 10 %, puis se transformant automatiquement en royalties
de 2 % NSR dès que la part non financée de Panorama atteint
4,5 M$. (1997) privatisation - JV entre First Dynasty et Armgold (Etat
Arménien) : 50-50 % Le management revient à FD, la JV
peut exporter librement ses produits et avoir un compte en offshore
en $. Deux ans de " tax holiday " sont suivis par
8 ans avec 50% de déduction. FD finance la totalité du
développement de la mine et reçoit 70% des " operating
profits " jusqu'au total remboursement des investissements
correspondant à la quote-part de Armgold. (1995)
Exemple dune
option particulièrement onéreuse signée par une
major en plein " boom " de lexploration au
Pérou : Phelps Dodge may earn the right to acquire up to
a 60 % participation stake in the Arequipa Resource Los Calatos project
: Phelps Dodge is to make option payments of 1.6M$ over a 4 years period.
Phelps Dodge has agreed work commitments for Los Calatos property (0,25
M$ for the 1° year, 1 M$ for the 2° year, 3,75 M$ for the 3° year,
5 M$ for the 4° year). By making the required cash payments and
expenditures, Phelps Dodge can earn a 49 % in the JV. Upon delivery
of a positive feasibility study Phelps Dodge would earn an additional
2 % interest. An extra 9% stake is also available subject to a 5 M$ "success
payment". Au total , les 60 % reviennent à =
1,6 M$ en fees + 49% pour 10 M$ en explo + 2% pour létude
de faisabilité+ 9% pour 5M$ en cash !
1997-1998 :
Collapse des juniors suite au scandale Bre-X, défiance
de la bourse et des majors
En 1997, le scandale Bre-X
explose7,
au maximum historique des dépenses dexploration
(5,2 milliards de $ en 1997, fig. 4). Il
provoque une défiance des marchés et les financements
se tarissent8.
Les capitalisations des 1600 juniors canadiennes sécroulent
de plus de 60%9.Complètement exsangues,
les juniors deviennent des cibles peu onéreuses10.
Les majors font leur marché et rachètent à tour
de bras toutes celles qui ont la chance de détenir un projet
attractif ; tandis que celles qui nont pas réussi à se
vendre disparaissent, se mettent en stand-by ou se convertissent en
dot.com. Les représentants des majors à Toronto et Vancouver
sont chargés de sélectionner les juniors qui ont les
meilleurs sujets et Rio Tinto, Placer Dome et Teck réalisent
chacune plus de 40 acquisitions de juniors pendant cette période.
1999
- 2001 : Externalisation de
lexploration des majors
Plusieurs
facteurs jouent dans le même sens : les dépenses dexploration
au niveau mondial baissent fortement et régulièrement
jusquen 2001 en raison de la crise économique globale
particulièrement sévère, la défiance des
bourses vis à vis des juniors persiste, le flux dacquisition
de juniors par les majors se tarit rapidement. Douché par le scandale
Bre-X, le financement des juniors via la bourse ne résiste pas à la
perte de confiance : les montant levés sont faibles et
peu nombreux. Pour essayer de relancer lexploration, le Canada
accorde en 2000 un nouveau crédit dimpôt de 15%
(au niveau fédéral cette fois), sorte de " super
flow-through " baptisé EITC (" exploration
investment tax credit ") qui vient sajouter au précédent11.Le
bas de cycle des prix des matières premières12 (fig.5)
favorise les fusions-acquisitions entre majors. Les nouveaux
groupes ainsi constitués
consolident leurs domaines miniers et leurs équipes dexploration
sont décimées par les restructurations. Les majors se
concentrent sur la recherche et lacquisition de gisements
de classe mondiale13.
Les sujets non prioritaires sont cédés en " outfarming " à des
juniors, mais avec le plus souvent des rétro-options de type " buy-back "14 en
cas de succès. Les seuls financements viennent donc des majors, qui
se garantissent via des participations directes. Ainsi, étroitement
contrôlées du point de vue juridique et financier, les
juniors deviennent les sous-marins téléguidés
des majors.
Un
nouveau mécanisme visant à contrôler étroitement
la junior devient la règle. Il reflète une certaine sophistication
des " farm out ", mais la junior nest
en fait plus quune société de service. En cas de
découverte, son gain se réduit à un " success
fee ", certes attractif mais néanmoins pré-fixé.
Ce mécanisme est à deux étages, avec :
-
dabord au niveau de la société junior,
avec lacquisition dun pourcentage significatif dans le
capital de la société junior (avec comme exigence que > 80
% du montant soit effectivement destiné à lexploration)15.
-
ensuite au niveau
du projet minier, par un contrat doption classique sur un ensemble de permis transférés à la
junior16.
Les
métaux de base étant
particulièrement déprimés, les juniors se concentrent
sur des niches comme le diamant (9% des dépenses globales dexploration)
et les platinoïdes (4%), voire le nickel latéritique, le
tantale, le zinc oxydé, et le retraitement de vieux déchets
miniers (" tailings " et " stockpiles ")
et métallurgiques (" slags ") riches en
métaux comme lor ou le cobalt. En
2000, 650 sociétés
ont dépensé 2,6 milliards de US$ en exploration minière
dans le monde, mais 80 % de la dépense sont dus à 20
% de ces sociétés. Il ne reste plus en 2000 que 400 juniors
canadiennes sur les 1600 de 1997 ! De plus, leurs budgets dexploration
sont faibles et seules 48 juniors17 dépassent
4,5 millions de C$ par an. En dautres termes, peu de juniors
sont à même de réaliser de grands projets dexploration
intégrés, par exemple faisant appel à des méthodes
géophysiques aéroportées, lesquelles restent du
ressort, soit des majors, soit de linfrastructure géologique
des Etats. Quelques
exemples daccords
de cette période sont indiqués ci-après :
(1999)
Barrick souscrit pour 3 MC$ dactions de la junior Tan Range Explo Corp., laquelle
sengage à réutiliser 80% de ce montant en exploration
sur le projet Itanema en Tanzanie. Le paiement en cash à Tan
Range de 4,5 M$ en 5 ans, suivi de la décision de Barrick dexploiter à une
cadence minimum 3t/an, donne à Barrick le droit de lever son
option à hauteur de 60% du projet.(1999) Barrick souscrit 1,5
million de titres (1C$ chaque) de la junior IMA. IMA sengage à utiliser
1,25 MC$ en explo. Barrick a ensuite loption de prendre 50% dans
le projet argentin ciblé en payant 0,25 MC$ en cash à IMA
et 3MC$ en dépenses dexploration sur 5 ans, avec IMA comme
opérateur. Une fois les 50% obtenus, Barrick devient opérateur
et obtient une option supplémentaire de 25% contre le montage
financier permettant de mettre le projet en production.
(1999),
Billiton achète
pour 0,4 MC$ dactions et warrants de la junior canadienne Rubicon
Minerals Corp. Un accord doption séparé permet à Billiton
de choisir 1 des propriétés pour métaux de base
dans le Newfoundland pour en acquérir 70% en 3 étapes :
50% pour 0,8 MC$ en explo, 10 % de plus une fois la faisabilité réalisée
et encore 10% si mise en production (incluant alors la totalité du
financement).
2002 : La reprise de cycle saccompagne
dun début de reprise de lexploration. Des
juniors choisissent Londres
La
reprise de lexploration
est perceptible en 2002, stimulée par la hausse du prix de lor
au dessus de 300 USD/once18. Lenregistrement à Londres
des quatre plus grandes majors diversifiées ou "multi-commodity" (Rio
Tinto, Anglo American, BHP-Billiton, Xstrata) attire de plus en
plus de juniors, lesquelles trouvent avec le AIM et le OFEX de
nouvelles places financière de choix19,
et maintenant plus agiles que celles du Canada. En
effet, au Canada, les marchés financiers canadiens ont récemment été réorganisés
en un système à deux niveaux comprenant la bourse
de Toronto (TSE) et le Canadian Venture Capital Exchange (CDNX).
Dans le cadre de cette réorganisation le Réseau Canadien
de Transactions (RCT), dont lexistence visait à répondre
aux besoins des juniors (petites sociétés de 3e et de
4e rang), a été démantelé sans plans concrets
pour le remplacer. Sans un marché aux enchères secondaires
où elles peuvent inscrire leurs actions et les échanger,
les juniors ne disposent pas de moyens efficaces pour rejoindre les
investisseurs et accroître le capital-risque. En 2001, le TSE a
retiré de ses listes 64 sociétés de 3e et 4e rang
qui nétaient pas en mesure de se conformer aux nouvelles
normes de cotation qui ont récemment été adoptées.
Le CDNX, conçu pour desservir les sociétés
de 2e rang, pourrait retirer de ses listes près de 1000 sociétés
de 3e et de 4e rang en 2002. Exploitation
et Exploration sont maintenant des activités séparées :
-
Exploitation
et Exploration ont des facteurs de succès différents,
-
Leur valorisation
obéit à des
critères différents,
-
Exploitation
et Exploration concernent des investisseurs différents,
-
Exploitation
et Exploration nécessitent
un management différent (gestion/innovation),
-
Les groupes
miniers majors qui ont su établir
des relations symbiotiques (partenariats et alliances) avec des juniors
seront ceux qui domineront leurs secteurs demain ; les juniors étant
devenues indispensables pour assurer le renouvellement des réserves.
-
La rentabilité des juniors comme
entreprises de R&D nest pas éloignée
de celle des start-up technologiques.
Lexploration minière20 se
trouve elle-même divisée en deux domaines bien répartis
:
- Aux juniors
laction, avec les équipes
de reconnaissance et de projets, chargées de réaliser
les travaux de prospection sur le terrain.
- Aux majors la
réflexion, avec
les équipes de stratégie, de management, dacquisition,
qui sappuient sur leurs équipes SIG-bases de données
et les grandes universités de métallogénie.
Les
qualités demandées aujourdhui
aux juniors sont les suivantes :
- Valeur de léquipe
aussi importante celle du projet
- Innovation,
- Agressivité,
- Professionnels
de lexploration,
- Capacité à trouver des
financements pour de gros programmes dexploration,
- Objectifs non
orientés sur les
résultats à court terme,
- Potentiel pour
nouer des alliances stratégiques.
Conclusion : les juniors et lexploration,
demain ?
- La poursuite
des fusions-acquisitions conduit à la disparition des sociétés minières
de taille moyenne (cest particulièrement évident
pour lAustralie), ce qui devrait engendrer à terme une
situation bi-modale avec dun côté, un nombre très
limité de super-majors et de lautre, un large éventail
de juniors spécialisées. Les premières resteraient
focalisées sur lexploration de type " near-mine " sur
la constitution et la gestion dénormes bases de données
mondiales sur lexploration, sur la constitution de partenariats
avec des juniors, et sur une veille active des découvertes
afin de ne pas manquer lacquisition dun gisement
de classe mondiale.
- Lexploration de type " grass
roots ", réalisé quasi-exclusivement aujourdhui
par les juniors, est essentielle pour apporter le flux de découvertes
permettant de contrebalancer le rythme de consommation des réserves
minérales par les grands groupes miniers. Le directeur de
lexploration de Newmont affirme ne plus être
en mesure de renouveler, via lexploration, les 9Moz de réserves
que le groupe consomme chaque année.
- Le déclin persistant de lexploration
depuis 1997 a amené une baisse très rapide du nombre
de découvertes de gisements. Ce déficit limitera significativement
le développement de nouvelles mines à lhorizon
2020 (et dès 2010 pour lor, fig.6).
De plus, le coût dune découverte a considérablement
augmenté avec le temps. En conséquence, pour que le
flux " exploration-découverte-développement-mine " ne
souffre pas dune rupture trop prolongée21, il
conviendrait que les prix des métaux soient durablement élevés22 afin
de générer les cash-flow permettant aux majors de financer
lexploration " grass roots " des
juniors.
|
Nombre
de sociétés minière inscrites en bourse
en 2000
(impact du nombre de juniors au Canada) |
|
Fig.1 :
Budgets dexploration et nombre de découvertes,
baisse de rendement de lexploration des majors |
|
Fig.2 :
Dépenses dexploration au Canada
Evolution 1971-2001
et parts relatives des sociétés minières
majors et juniors, importance du crédit fiscal en
faveur de lexploration (" flow-through share).
|
|
Fig. 3 :
Evolution de la valeur boursière dune junior en
fonction de lavancement de lexploration :
exemple de la junior Arequipa
La junior Arequipa
Resources découvre au Pérou le gisement dor
de Pierina, les effets dannonce se succèdent
et son action grimpe, jusquà son rachat par
Barrick pour 750 millions de US$
|
|
Fig.
4 : Estimation des dépenses dexploration
mondiales de 1993 à 2001 |
|
Fig.
5 : Tendance baissière du prix déflaté des
métaux de base.
Mais pour combien de temps ? |
|
Fig
6 : Conséquence du déficit dexploration
sur la production minière dor |
|
|
|
Annexe I
Annexe II
Notes:
-
- 1) Les
JV dexploration comprennent les
clauses les plus fréquentes
suivantes :
Dépenses
d'exploration :
0,5 à 5
M$ répartis sur 3 ou 5 années
Paiements
en cash (" option payments ")
de 0,5 M$ à 2 M$ sur toute la
période doption
Levée
de loption
contre lapport
de la faisabilité complète
(bancable)
Une
royaltie, de 1 à 3%
selon la substance, est parfois indexée
sur la production/cours du métal
-
- 2) Environ
350 découvertes de juniors en 1997, dont
100 > 0,5 M
onces dor
-
- 3) Les
majors conservent lexploration des extensions
de leurs gisements exploités ("near-mine").
-
- 4) Numéros
spéciaux du MJ datés 31/07/1998 et
9/03/2001 sur ces places financières canadiennes
-
- 5) Les
juniors sont actives dans 59 pays en
1991. En 1996, les juniors sont présentes dans 95 pays sur plus
de 3000 projets avec 30% du budget mondial de lexploration..
-
- 6) Le
gisement de nickel de Voiseys Bay au Canada,
a été acheté par
Inco pour 3,4 milliards de $ ; et celui
dor de Pierina,
découvert par la junior Arequipa au Pérou,
a été acheté pour
790 millions de $ par Barrick (figure1).
-
- 7) Le
fabuleux gisement dor découvert
par la junior Bre-X en Indonésie na
jamais existé. Lor
contenu ne résultait que dun " salage " très
habile des échantillons. Les actions de
Bre-X ont atteint des sommets avant que la supercherie
ne soit découverte.
Cette affaire rocambolesque a jeté le
discrédit
sur lensemble des juniors.
-
- 8) Les
fonds dactions recueillis par une junior société sont
normalement dépensés en lespace
de 12 à 36
mois, sur un ou deux projets qui, selon les statistiques,
disposent de peu de chances de réussir. De
fréquents retours
au marché pour renouveler les fonds sont donc
nécessaires.
Les petites sociétés sont donc totalement
dépendantes
du niveau de confiance des investisseurs.
-
- 9) La
capitalisation de 724 juniors chute de 15
milliards (fin 1996) à 5,7
milliards (fin 1999).
-
- 10)
Capitalisation des juniors canadiennes en
1998 : 40% < 0,25
M$, 43% < 1,5 M$, et seulement 17% > 1,5 M$
-
- 11)
le programme fédéral de Crédit
dimpôt à linvestissement
dans lexploration (CIIE) ou programme
de crédits
dimpôts fédéraux
pour lexploration
au moyen dactions accréditives
a été lancé le
18 octobre 2000 (les fonds obtenus au moyen
de ces actions accréditives ne peuvent être
dépensés
quau Canada). Ce programme amélioré des
actions accréditives na cependant
pas eu le succès
escompté.
-
- 12)
variation de la moyenne des prix des métaux
de base entre 2000 et 2001 : -22% pour le
Zn, -13% pour le Cu, -31% pour le Ni, -7% pour
Al
-
- 13)
Les gisements de type " world class " sont
ceux qui présentent un retour dinvestissement
de 5 ou 6 ans, une durée de vie minimum
de 20 ans et qui se trouvent dans le tiers
inférieur des coûts
de production, de manière à supporter
les crises cycliques. Ils nécessitant
des investissements supérieurs à 250
MUSD,
-
- 14 ) " funding
the junior exploration by a share placement,
in return for the option to earn into any deposits found as
a result of the work ".
-
- 15) " the
major suscribe for shares in the junior concerned with
the condition that the funds injected be spent on
the particular project in which the major is interested".
-
- 16) " the
major obtains the rights to earn a major direct
interest in the target project at a later stage, if the initial
work proves positive ".
Des clauses sont prévues (transformations
de la participation en royalties, buy-back, etc.)
pour éviter toute possibilité de
paralysie ultérieure du projet par la junior.
-
- 17)
en 1997, 140 sociétés canadiennes avaient
des budgets dexploration > 4 millions
de C$.
-
- 18)
324 USD/oz au 30 mai versus 178 USD/oz au 2 janvier,
soit une augmentation de 16,5% en 5mois
-
.- 19)
Au Royaume-Uni, les marchés financiers sont
conçus
en fonction dun système à trois
niveaux, comme ils létaient autrefois
au Canada. La bourse de Londres (LSE) comprend les
sociétés de haut niveau, l'Alternative
Investment Market (AIM) dessert les sociétés
de 2e et 3e rang et le Off The Floor Exchange (OFEX)
est adapté aux
besoins des plus petits émetteurs. Étant
donné la
situation actuelle des marchés canadiens,
le AIM et le OFEX sont rapidement en train de devenir
des concurrents importants, puisque de plus en plus
de petites sociétés canadiennes et
dentreprises dautres pays se rendent
compte quil
sagit de solutions attrayantes qui fonctionnent
de manière
efficace. Le Canada craint ainsi de perdre sa position
prédominante
dans le domaine de lexploration et du financement
minier.
-
- 20)
Selon Mackenzie (1997) " the five mains ingredients
of exploration success are : an entrepreneurial
exploration team of five to eight geologists, economic
guideline for exploration planning, superior scientific
and tecnical skills, a chain of confidence in exploration,
a positive government policy ".
-
- 21)
De manière très sommaire, prendre en compte le
délai moyen
denviron 10-15 ans qui sépare une découverte
majeure de sa mise en exploitation, et la durée de
vie moyenne de 15 ans de ces même gisements.
-
- 22)
Ce qui est exactement linverse jusquici
(fig 5), à quand
le retournement de tendance ? Qui plus est,
cest la
seul moyen de favoriser le recyclage et de conduite
au découplage
(lorsque la croissance de la consommation des matières
premières
minérales augmente moins vite que celle des
PNB).
Annexe
I
Le
fonctionnement des juniors dexploration
Evolutions
des clauses concernant les participations et redevances (royalties)
:
-
" carried interest " :
la participation accordée est gratuite et ne varietur pendant
toute la vie de la société.
-
" participating (" contributing
interest ") :
Bharat contribue au projet de manière onéreuse à hauteur
de sa participation de 25%, mais une dilution est immédiate
si Bharat décide de ne plus contribuer au projet. Autre
possibilité fréquente : Nuigini NML finance
les 25 % de Bharat avec un prêt prioritaire en vertu duquel
Bharat ne pourra prétendre à aucun bénéfice
de l'exploitation tant que NML n'aura pas récupéré l'intégralité des
investissements réalisés pour le compte de Bharat,
augmentés des intérêts correspondants.
-
Participation
se transformant en redevances : Si
Panorama ne participe pas aux dépenses d'exploration à hauteur
de ses 20 %, Panorama se dilue d'abord progressivement jusqu'à 10
% ; lesquels se transforment automatiquement en une redevance
de 2 % NSR si la part non financée de Panorama atteint
4,5 M$. (M.J. du 21 juillet 1995). Autre exemple : " Thereafter,
Fleck will elect whether to participate as to 40 % of future
costs or have its interest diluted to a 4 % NSR ".
-
rétroachats
de participations : (Canada)
Cominco : " spending 0,75 M$C, Westview has earned
a 40 % interest, and may increase that to a 100 % by funding
a further 1,25 MC$, but Cominco retains the option to earn back a
60 % interest by spending twice the amount put in by Westview,
excluding the initial 0,75 M$C ".
-
rétroachats de royalties : " a
4% NSR (net smelter return) royalty reducing to 2% after 2M$C
has been paid ". " 2% of the NSR may be purchased
by Nerco for 5 M$ ". extension
option period : the option
will expire in July next year unless extended for one additional
year by a cash payment of $CM5
-
royalties
au stade de lexploration :
potentiel
= 1-2% NSR, ressources possibles/probables = 3-4 % NSR ; ressources
prouvées/probables
= 5-7% NSR Certaines royaltie pour or peuvent être
complexes, indexée à la fois sur prix de l'or et
la production future (tonnage de minerai traité).
NSR
ou " Net
Smelter Return ", revenu net du fondeur
Annexe
II
Le fonctionnement
des juniors dexploration - CANADA. CAPITAL-RISQUE
ET CREDIT D'IMPOT POUR LES JUNIORS (Résumé de
la 58e conférence des ministres des Mines, 2001)
En
2001, le secteur de lexploration minière
na pas encore montré de reprise
Depuis
le début
du déclin, en 1997, les investisseurs individuels et
institutionnels ne se sont pas intéressés au
secteur des petites
sociétés dexploration (prix faible
de lor,
marché boursier instable, pertes majeures subies récemment
par les investisseurs dans les télécommunications,
déclin du prix des métaux, prudence accrue des
investisseurs après BRE-X, etc.). À cela sajoutent
les effets de la diminution constante du nombre de grandes
sociétés
minières qui consacrent plutôt leurs ressources
aux fusions-acquisitions et à lamélioration
des réserves
minières dont elles disposent quau financement
dexplorations
de base. Le milieu de lexploration pense que seule
une découverte importante effectuée par une junior
dexploration,
comme au milieu des années 1990 avec les découvertes
de Lac de Gras, Voiseys Bay, Pierina, Veladero, etc.
permettrait de briser ce cycle.
Le
programme amélioré des actions
accréditives
Dans
le but de mettre fin au déclin, le programme fédéral
de Crédit
dimpôt à linvestissement dans lexploration
(CIIE) ou programme de crédits dimpôts fédéraux
pour lexploration au moyen dactions accréditives
a été lancé le 18 octobre 2000 (les fonds
obtenus au moyen de ces actions accréditives ne peuvent être
dépensés quau Canada). Toutefois, jusquà présent,
ce programme amélioré des actions accréditives
na pas eu le succès escompté.
la difficulté daccroître
le capital-risque au Canada
La
restructuration récente
de la bourse au Canada a éliminé du marché les
plus petits émetteurs. Certaines de ces sociétés
ont déjà été radiées de la bourse
de Toronto et de nombreuses autres seront bientôt radiées
du CDNX. Ceci nincite pas au développement du capital-risque
au Canada, et contribue directement à la disparition des
sociétés dexploration. Le
Canada est reconnu comme un leader mondial en matière dexploration, la
masse critique de linfrastructure financière et de
lexpertise étant située à Toronto et à Vancouver. En
1998, 60% de tous les fonds dactions consacrés à lexploration
ont été dorigine canadienne. Entre 1991 et
1999 les juniors canadiennes ont recueilli 20 milliards de dollars,
essentiellement dans les marchés boursiers canadiens, pour
des projets dexploration à léchelle mondiale.
Cet investissement en exploration a permis de financer 3000 projets
dans une centaine de pays.Les
petites sociétés
se fient totalement à leurs capitaux propres pour
financer leurs activités. Il sagit dargent obtenu
grâce à lémission dactions acquis
sur les marchés boursiers par des investisseurs individuels
et institutionnels. Les petites sociétés qui ne disposent
daucune autre source de revenus, ne peuvent se prévaloir
de prêts bancaires. On peut distinguer deux grandes
divisions dans le secteur des juniors.
- Un niveau supérieur composé de
sociétés du 2e rang, dont la direction est expérimentée
et qui disposent dun ensemble de propriétés
de qualité. Leur capitalisation boursière se situe
habituellement entre 10 et 30 millions de dollars.
- Les petites
sociétés
de 3e et 4e rang, de niveau intermédiaire et inférieur
(entreprises naissantes) qui ont une capitalisation boursière
inférieure.
Les enjeux
Laccroissement
du capital-risque au Canada est un processus extrêmement
réglementé dont la compétence relève
de lordre provincial. Le régime de réglementation
des valeurs mobilières a rendu ce processus indûment
coûteux, inefficace et long. Les trop nombreux obstacles
accélèrent la disparition du secteur des sociétés
juniors.
Fragmentation :
Les règlements sur les valeurs mobilières du Canada
sont divisés parmi plus de 10 administrations différentes,
avec 10 lois sur les valeurs mobilières, 10 ensembles de
politiques et de règlements et 10 manières différentes
de les interpréter
. Il est de plus en plus difficile
pour le Canada dintéresser le capital-risque à laide
dun système aussi fragmenté, inefficace et
coûteux. Coûts :
Bien avant quune junior puisse consacrer des fonds au secteur
minier dans une propriété dexploration, elle
doit débourser de 50 000 à 100 000 C$ en frais
juridiques pour remplir un prospectus, et 5 000 C$ pour être
inscrite à la bourse. 25 000 à 50 000 C$ par
an sont nécessaires pour rester inscrit à la cote.
Ces coûts élevés sont un obstacle à la
formation de juniors et à leur survie en bas de cycle. Réorganisation
des marchés financiers :
Les marchés financiers canadiens ont récemment été réorganisés
en un système à deux niveaux comprenant
la bourse de Toronto Stock Exchange (TSE) et le Canadian
Venture Capital Exchange (CDNX). Dans le cadre de cette
réorganisation le Réseau canadien de transactions
(RCT), dont lexistence visait à répondre
aux besoins des petites sociétés de 3e et de 4e
rang, a été démantelé sans plans
concrets pour le remplacer. Sans ce marché aux enchères
secondaire où elles peuvent inscrire leurs actions et
les échanger, les sociétés de 3e et 4e rang
ne disposent pas de moyens efficaces pour toucher les investisseurs.
En 2001, le TSE a retiré de
ses listes 64 sociétés de 3e et 4e rang qui nétaient
pas en mesure de se conformer aux nouvelles normes de cotation
qui ont récemment été adoptées. Le
CDNX, seulement conçu pour desservir les sociétés
de 2e rang, pourrait radier près de 1000 sociétés
de 3e et de 4e rang en 2002.
Communications entre
les actionnaires : Lune
des exigences des compagnies privées est la divulgation
des renseignements aux actionnaires, or les compagnies nont
pas le droit de communiquer directement avec leurs actionnaires.
Des intermédiaires qui contrôlent les listes des
actionnaires et qui sont, à leur tour, contrôlés
par les grandes institutions financières, reçoivent
officiellement le mandat dintervenir. Ce système
engendre des frais supplémentaires inutiles ainsi quune
baisse notable de lefficacité.
| |