Macroéconomie
et Matières Premières Minérales
Analyse du court et moyen termes
2002- 2010
C.
Hocquard, BRGM-REM-IE2D
Analyse
de la situation économique
actuelle
La
forte croissance antérieure
de 4% est liée à la période transitoire de rupture
technologique des NTIC qui a induit un taux d'investissement industriel
et un taux d'équipement élevés. Arrivé à maturité,
les ventes chutent, les bénéfices diminuent, les capacités
de production deviennent excessives tandis que les endettements ne
sont pas encore remboursés. Nombre d’entreprises camouflent
les pertes par des hors bilans. En bourse les fusions-acquisitions
accentuent l'illusion de la croissance. La bulle est crée, mais
avance encore masquée, avant d’exploser
en 2001.
Une rupture structurelle
En
l'absence de nouveau relais technologique (le retard
de l'UMTS), il y a une saturation du marché, et on passe à une logique de renouvellement.
Avec la baisse des investissements, les gains de productivité s'essoufflent
et la croissance est faible, en d'autres termes,
les vrais revenus
n'augmentent plus.
Les
revenus des placements boursiers n’alimentent plus la consommation ;
il y a moins de rentrées fiscales, déséquilibrant
l’équilibre du budget dans une perspective à moyen
terme de déficit fiscal (jusqu’en 2005, selon Greenspan)
avec rebond de l’inflation et de baisse du dollar.Pour soutenir
la croissance, d'autres mécanisent de
compensation se mettent en place. Aux Etats-Unis,
c'est au travers d'une politique de perfusion budgétaire
: la diminution des impôts augmente les revenus qui reviennent
ainsi au niveau de la consommation. Mais cet argent quitte la bourse
malmenée et trop volatile pour se réfugier dans l'immobilier
avec la renégociation des prêts immobiliers (à 5%
) pour se destiner à l'agrandissement des logements et au changement
de véhicule.Conséquences à court
et moyens termes
- Les prochaines
années devraient
se caractériser par une croissance générale
plus faible, ne dépassant pas 2%, contre 4%
en moyenne dans la décennie antérieure.
- En
bourse, les PER de 30, liés démographie à l'achat
de hauts salaires associés à la forte
croissance des trente glorieuses, sont à reléguer
au passé.
Même les PER de 25-35 ne sont plus d'actualité.
En revanche des PER de 15 représentent un
niveau d'équilibre
rationnel. Les valeurs de nombreux compartiments
pourraient donc stagner.
- La
rupture structurelle se caractérise par
un changement de nature de la croissance. L'immobilier
n'est pas un moteur de croissance mondiale comme
l'électronique.
La bonne santé des économies des
tigres asiatiques du high-tech électronique
dépendent
directement de la demande électronique des
Etats-Unis. Les Etats Unis ne sont donc plus le
moteur de la croissance mondiale. Il
leur faudra bien financer le déficit budgétaire
et celui de la balance commerciale, ce qui commence à faire
beaucoup pour le billet vert.
- Pour
les matières premières minérales,
les petits métaux higt-tech chutent,
tandis que les matériaux
de construction et les métaux liés à l'automobile
progressent.
- La
crise irakienne attendue à très
court terme du pétrole masque
des excès de capacités de production
(OPEP, nouveaux gisements de la Caspienne,
gisements profonds : Girassol, sables bitumineux
vénézuéliens,
etc.).
- Si
la croissance est globale, la désagrégation
de la croissance est régionale :
selon les secteurs et selon les pays. D'où les
flux informations contradictoires expliquant
la volatilité (le
retournement de perception des consommateurs
qui était
sur une base annuelle, est maintenant passé à 3
mois).
- Le vieillissement
de la population des pays développés
deviendra vite déterminant. Pour
faire face au paiement des retraites,
les fonds de pension devront liquider
de gros paquets d'actions.
- Le retour
de l'inflation dans les économie
riches et surtout l'UE : Si les biens
industriels, en économie
concurrentielle au niveau mondial sont
stables, en revanche les services dont
la part dans l'économie
ne cesse de monter, sont eux en forte
hausse, de plus de 6%.
- Les
prix des MPM , fixés en US$,
vont encore chuter, étranglant
un peu plus les pays exportateurs
et alimentant la fuite en avant des
producteurs. Alors que l'environnement
et le recyclage réclament
au contraire des cours plus élevés.
- Premier
pas d’un
big bang des MPM : fixer leur prix selon un panier
de devis