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Point sur l’or
C. HOCQUARD, brgm-REM, mars 2003
-
Pour
les trois majors aurifères
(AngloGold, Newmont, Barrick), devenir le 1er producteur
mondial est vital pour leur capitalisation boursière : la
valeur de l’action est liée à la visibilité du
groupe sur les écrans des fonds de pension, surenchère
donc…. En raison du ralentissement brutal de l’exploration
depuis 1997, le nombre de découvertes de gisements d’or
a diminué fortement. De plus, comme 5 à 7 ans sépare
l’exploration de d’exploitation, ceci pourrait
Sociétés minièr
-
provoquer
une baisse durable de 30% de la production mondiale minière
d’or dès 2005.
Toutefois,
l’augmentation récente du prix de l’or
(de 280 à 350-370/oz) a fait ressurgir de nombreux
projets dormants : Pascua Lama et Valadero de Barrick
par exemple avec plus de 25 Moz (750 t d’or), Las Cristinas
au Vénézuela, Sukhoï-Log (plus de 1000
t d’or) en Russie (ainsi que d’autres gros projets,
maintenant très convoités en raison de l’entrée
prochaine de la Russie dans l’OMC.
Plus
le groupe devient important, plus il produit, et plus il
consomme ses réserves rapidement. Pour produire
7 Moz d’or par an, Newmont consomme environ 250 t
d’or de réserves en terre.Comme il devient
aujourd’hui impossible aux leaders renouveler via la
seule exploration de tels tonnages (découvrir un
gisement économique de 3 Moz d’or, soit 100t,
est considéré comme exceptionnel) ; il en
résulte une fuite en avant vers les acquisitions,
seule alternative à l’exploration pour renouveler
leurs réserves en terre.Toutefois, ces fusions-acquisitions
ne font que transférer d’une poche à une
autre les réserves existantes. On voit donc bien
que la vague récente d’acquisition camoufle
en fait un déficit de gisements de classe mondiale à développer.Les
majors ont digéré de nombreuses moyennes
et petites sociétés attractives, en particulier
australiennes étant donné la faible valeur
du $ australien. Lors de la prochaine vague, les majors
vont devoir fusionner entre elles !
-
Le
prix de l’or augmente, les banques centrales pourraient être
tentées de liquider leurs stock à bon prix,
mais devant la fragilité du USD, ne vaut-il pas
mieux conserver de l’or que des USD ?
Autres
points traités : banques centrales, hedging, réserves,
capitalisations boursières, Afrique du Sud, cyanure,
etc. voir texte
Or
: un bref regard en arrière pour une meilleure prospective
La
flambée de l'or, au début des années 80
(pic historique de 800 USD/oz), a déclenché un
vaste rush de l'exploration, d'autant plus développé géographiquement
que nombre de pays à potentiel aurifère favorable
se dotaient, sous l'égide de la Banque Mondiale, de législations
minières et fiscales libérales. Par ailleurs, les
progrès technologiques ont rendu possible l’exploitation à ciel
ouvert et à fortes cadences des grands gisements à basse
teneur (voisine du gramme par tonne), ainsi que l’obtention,
grâce à la cyanuration en tas, de lingots de métaux
précieux (doré) sur le site même de production.
La répartition des pays producteurs d'or a été profondément
modifiée avec le développement des gisements épithermaux
des cordillères tertiaires circum-pacifique, tandis que
l'Afrique du Sud, pénalisée la baisse des teneurs
d’exploitation de ses gisements profonds voyait, en 30
ans, sa production chuter de 1000 tonnes à moins de 400
tonnes, revenant ainsi au niveau de 1953.L'or a été victime
de son succès : les découvertes se sont succédées à un
rythme soutenu, et la mise en exploitation rapide de ces gisements à faible
coût de production a mis sur le marché des quantités
d'or croissantes, entraînant une surproduction de métal
jaune. Le coup de grâce a été donné par
les banques centrales qui ont commencé à liquider
une partie de leur énorme stock d'or estimé à 35
000 t (10 fois la production minière mondiale). Qui plus
est, on a assisté au développement rapide de mécanismes
financiers (" gold loan " puis " hedging "),
qui ont contribué à mettre "par anticipation sur
la production" des quantités d'or physiques croissantes
sur le marché (>150 t/an). Tous ces mauvais fondamentaux
ont fait chuter le prix de l'or sous les 300 USD/oz en 1998,
avant de stagner ensuite autour de 275 USD/oz.En 1997, alors
que les dépenses mondiales d'exploration culminaient à 5
milliards de USD, le scandale BreX éclate. Cette société d’exploration
(junior) canadienne revendiquait la découverte du plus
gros gisement d’or du monde, ce qui s'est révélé être
la plus énorme escroquerie de l’histoire minière.
La perte de confiance des investisseurs s’est traduite
par une baisse brutale des dépenses d'exploration, et
les 4000 juniors se sont retrouvées financièrement
exsangues. Les majors aurifères ont rapidement profité de
cette aubaine pour " faire leur marché " et
digérer les juniors qui possédaient les sujets
d'exploration les plus attractifs.
Mais
le vrai défi des majors, c’est de renouveler leurs
réserves plus vite qu’elles ne les consomment :
comment renouveler chaque année 100 à 200 t/an,
alors que découvrir un gisement de 1 Moz (~ 30 t) est
un défi, et que les juniors ne sont plus là pour
réaliser l’exploration amont ? A l’exploration
a donc succédé l’acquisition de sociétés
minières moyennes (5 à 50 t/an). Les sociétés
australiennes ont été les premières ciblées,
car la valeur du dollar australien ("monnaie de commodité" indexée
sur les matières premières minérales), a
progressivement diminué de moitié par rapport à celui
des Etats-Unis. Mais si les majors peuvent ainsi augmenter leurs
réserves, en revanche, au niveau global, le tonnage des
réserves mondiales, lui, est resté identique. De
plus, par disparition des sociétés moyennes, le
secteur minier aurifère aboutit à une dichotomie
major-junior.
En
2000, les capitalisations boursières des NTIC écrasent "l'ancienne économie",
et en particulier les majors minières qui n’apparaissent
plus sur les écrans des gestionnaires des fonds de pensions,
principaux investisseurs boursiers. D'où les fusions-acquisitions,
mais cette fois entre majors, avec pour objectif d’être
le n°1. On a vu récemment la compétition entre
les trois plus grosses aurifères Anglo, Barrick et Newmont.
Il ne reste que peu de sociétés indépendantes
australiennes de taille moyenne rescapées de cette vague
d’acquisitions.En 2001, les événements du
11 septembre, qui ont pourtant fait dévisser toutes les
valeurs boursières, n'ont pas provoqué de hausse
durable de l'or, sinon un léger pic en Asie, vite résorbé.
En 2001, la production minière a encore augmenté, à 2
600 tonnes, tandis que la demande globale a baissé à 3
800-3 900 t ; l'équilibre offre demande étant
réalisé grâce aux ventes des stocks des banques
centrales (500 t) et à l'or récupéré par
recyclage (700 t). (chiffres arrondis).En 2002, le prix de l'or
est passé rapidement de 275 à 350 USD/once, en
rapport direct avec la faiblesse structurelle du dollar, montrant,
s'il en était besoin, que l'or reste fondamentalement
un métal monétaire intimement lié à la
santé du dollar. Les sociétés minière
avaient anticipé cette hausse et commencé à liquider
leurs positions de hedging pour mieux bénéficier
de cette hausse. Cependant, fin juillet, cette hausse retombait
comme un soufflé au niveau de 300 USD/oz, accompagnant
les fortes baisses des bourses américaines. Mais, encore
une mauvaise nouvelle : depuis le 22 juillet 2002, l’indice
boursier S&P 500 ne comprend plus que des valeurs "américaines",
excluant ainsi deux majors aurifères canadiennes : Barrick
Gold et Placer Dome.Dans un avenir proche, il faut compter avec
plusieurs déterminants contradictoires susceptibles d'affecter
la demande : Peut-on redouter une économie américaine
en déflation ? Quelle impact aura en Afrique du Sud la
charte du BEE (" Black Economic Empowerment ") et la
royaltie sur l’or ? L'accord de Washington qui limite à 400
t/an la vente de l'or des Banques Centrales jusqu’en 2004
sera-t-il prolongé ?Parmi les grands consommateurs d'or,
l'Inde arrive en tête, mais avec des achats très
saisonniers dont le pic correspond à la période
des mariages et la quantité, aux revenus des paysans,
eux-mêmes étroitement liés à l’intensité de
la mousson. L'Inde a libéré son marché interne
récemment, mais la classe moyenne se tournerait aujourd’hui
davantage vers le marché boursier plutôt que de
continuer à acquérir de l'or. D'ailleurs, cette
tendance est générale, les investisseurs se tournent
vers les actions des sociétés minières plutôt
que vers l'or physique. En Chine, le marché de l'or est
toujours régulé, contrairement à celui des
diamants ou du platine, mais son entrée dans l'OMC devrait
régulariser cette situation ouvrant d'intéressantes
perspectives même si l'Asie a un faible pour la bijouterie
en platine.Coté offre, la baisse de l’exploration
minière s’est traduite par une raréfaction
des découvertes de nouveaux gisements d'or. Les ressources
consommées ne sont plus remplacées, on s’attend à une baisse
régulière de la production pour les prochaines
années. Par ailleurs, plusieurs grandes mines d’or
ont fermé en 2001 par épuisement des réserves
(Kidston, Mt Charlotte, etc), accélérant la baisse
de la production minière, en particulier aux Etats Unis.
Un bureau d'étude spécialisé a fait ainsi
plusieurs scénarios montrant au mieux une stabilisation
de la production minière pour les cinq prochaines années.
La production chinoise est en hausse, mais la fiabilité des
statistiques chinoises est telle que des pondérations
sont nécessaires pour incorporer l'or informel et celui
qui passe en contrebande dans plusieurs pays voisins. Bien que
les juniors canadiennes bénéficient de nouvelles
mesures fiscales incitatives en faveur de l'exploration, celles-ci
ont tendance à délaisser l'or au profit du diamant
et du platine, mais le retour en grâce de l’or devrait
inverser à nouveau cette tendance.
Fusions- acquisitions 2003 dans
l’or
-
L’acquisition d’Ashanti
par AngloGold (filiale sud-africaine du groupe
londonien Anglo American) sera une excellente opération
pour AngloGold, au delà même du fait qu’elle
reprend à Newmont sa place de 1° producteur
mondial d’or avec 7,6 Moz/an (236 t), place
tant convoité, pour la visibilité auprès
des fonds de placement nord américains.Ashanti
Goldfields Ltd (Ghana) : Ses principaux actionnaires
sont Lonmin (28%) et le Gouvernement du Ghana (17%).
-
L'offre
d'Ango, avec un premium de 16% sur la valeur de l'action,
valorise Ashanti à 1,1 milliard de $ (AngloGold
a une capitalisation boursière de 6,8 milliards
de $) .
Ces
avantages sont les suivants :
- La part
attribuable d'AngloGold passera à 7,5 Moz par an
(celle de Newmont est de 6,9 Moz, pour une production totale
7,6 Moz) le faisant passer en tête des producteurs
d'or.L’once d’or en terre de Ashanti n’est
valorisée en bourse qu’à 35 USD /oz,
alors que celle de AA est à 110 USD /oz . (Profits
par once : pour AngloGold (36 USD/oz); Ashanti (34
USD /oz).Ashanti avait été au bord de la
faillite suite à un hedging malheureux (lequel avait
contraint Ashanti de vendre le magnifique projet aurifère
tanzanien de Bulanhuyu, aujourd’hui exploité par
Barrick. Ashanti a maintenant un portefeuille éclairci
qui lui permet de profiter au mieux des hausses du métal
jaune.Les réserves d'AngloGold vont augmenter de
20% (100 Moz) et les ressources de 10% (300 Moz).AngloGold
détiendra davantage de ressources-réserves
hors d’Afrique du Sud, lesquelles sont sous-valorisées
(pénalisées) par rapport à celles
de Newmont, considérées à moindre
risque. Mais si AngloGold se désengage un peu plus
de l'Afrique du Sud, il se renforce sur l'Afrique, devenant,
avec 80% de sa production, un groupe panafricain.
- La fusion
fait remonter le coût de production de la société (coût
opératoire ou " cash cost " de 208 USD
/oz d'Ashanti contre 161 USD/oz pour AngloGold, et coût
total respectivement de 262 USD /oz contre 203 USD/oz)
Mais
quelques interrogations demeurent:
- Le gouvernement
Ghanéen qui détient une participation dans
ce gisement historique acceptera-t-il de voir AA en prendre
les rênes ? Les 17% du Gouvernement du Ghana
sont de type "special rights redeemable preferences share" qui
dispose d'un droit de veto sur toute cession d’action
d’Ashanti.La charte minière (Mining Charter)
qui fait partie du nouveau "Mineral and Petroleum Ressources
Developpement Act" impose le transfert aux HDSA (" historically
disdvantaged South Africans ") au plus tard dans 5
ans pour 15% de tous les actifs sud-africains, puis pour
26 % dans un délai de 10 ans. Le fait que AA soit
enregistré en Afrique du Sud, le soumet théoriquement, de
facto, à la nouvelle régulation. Comment
ce point sera-t-il traité ?Dans l'opération
de fusion, Lonmin et le Gouvernement du Ghana vont se partager
13% d'AngloGold, ce qui va faire chuter la part d'Anglo
American plc de 51,4 % à 44,8%, qui deviendrait
ainsi minoritaire dans AngloGold !
- Le Rand
continue à s’apprécier vis à vis
du USD, ce qui renchérit le coût de production
ramené en USD des mines sud-africaines.
Nous
avions annoncé la probabilité de cette opération
dès juin 2002, extrait de la note C. Hocquard
La course
au contrôle des réserves en terre de bonne qualité,
grâce aux fusions-acquisitions reste, encore actuellement,
le déterminant de la stratégie des grands groupes
miniers, qu’ils soient spécialisés sur l’or
ou diversifiés (Rio Tinto). Dans cette course, il y a à présent
un grand perdant, le sud-africain AngloGold. Celui-ci a enregistré entre
fin 2000 et fin 2001, une baisse de ses réserves en terre
de 22% (de 88 à 68 millions d’onces d’or)
dues à la production (6,9 millions d’onces), la
cession d’exploitations non rentables en Afrique du Sud
(7,4 millions d’onces) et au déclassement de réserves
en ressources, également en Afrique du Sud (4,5 millions
d’onces). Ceci explique pourquoi AngloGold a lancé l’OPA
sur Normandy, perdue au profit de Newmont (voir plus haut). Malgré cet échec
et stimulé par sa forte rentabilité financière
actuelle, acquise il est vrai, de façon " non-vertueuse ",
grâce à la forte dévaluation du rand sud-africain
par rapport au dollar, AngloGold pourrait récidiver prochainement
avec une autre OPA (qui pourrait être Ashanti ou
Newcrest) ou par le l’achat de gisements ou de participations
dans des projets miniers en développement.
- Acquisition
de Rainbow Minerals Gold (ARM Gold) par Harmony qui
passe de la 7° à la 5° place dans le ranking
mondial des producteurs. Hamony a également fait
une offre d’achat sur l’Australien Abelle
Ltd qui détient en particulier les droits sur
les projets aurifères de Morobe et Wafi en PNG.
- La fusion
de trois sociétés minières aurifères
moyennes (Kinross, Echo Bay et TVX Gold) a conduit à la
constitution de Kinross Gold, 7° producteur mondial
(62 t/an, 2Moz) avec 12 mines, dont Newmont détient déjà 13,8%.
Nouveau
ranking des producteurs d’or en mai 2003
.
| |
2002 |
2003 |
Sur
la base de production 2002, en Moz |
1 |
Newmont |
AngloGold
(+ Ashanti) |
7,5 |
2 |
AngloGold |
Newmont |
6,9 |
3 |
Barrick |
Barrick |
5,7 |
4 |
Gold
Fields |
Gold
Fields |
4,5 |
5 |
Rio
Tinto |
Harmony
(+ ARM Gold) |
3,8 |
6 |
Harmony |
Rio
Tinto |
3,1 |
7 |
Placer |
Placer |
2,8 |
8 |
Freeport |
Freeport |
2,3 |
9 |
Ashanti |
|
|
Pour
les majors, Il ne reste plus beaucoup de " mid-size " aurifères
australiennes indépendantes sur le marché (Newcrest,
SoG - Sons of Gwalia). Celles d’Amériques du Nord
sont trop chères maintenant avec le relèvement
du prix de l’or. Les majors seront bientôt contraintes
de devoir fusionner entre elles. Du côté de l’exploration,
les juniors, décimées depuis 1997, ne peuvent plus
jouer leur rôle de découvreur. De ce fait, les gisements
aurifères non encore exploités vont faire l’objet
d’une vraie foire d’empoigne de la part des majors,
malgré le coût de l’or actuel qui ne permet
pas d’espérer la bonne affaire (les majors attendent
l’appel d’offre concernant l’énorme
gisement de Sukkoï Log, avec en particulier la présence
probablement imposée de Norilsk). Les majors doivent donc
reprendre le chemin de l’exploration. Grâce aux bons
résultats de 2002, les dépenses semblent être
durablement reparties à la hausse.
La faible
capitalisation boursière des sociétés
aurifères, et forte concentration du secteur minier
aurifère
Fusion-acquisition :
impacts sur les réserves en terre*
Les fusions-acquisitions donnent une
fausse perception de l’état des ressources en
or : si les réserves en terre de l’entreprise consolidée
augmentent, elles demeurent en revanche identiques au niveau global.
C’est un simple transfert d’une poche à une
autre. On peut même dire que les fusions-acquisitions camouflent
une pénurie de réserves des grandes sociétés
aurifères. Les 10 principales sociétés minières
n’ont que 10 000 à 12 000 tonnes d’or de réserves.
Une société comme Newmont qui produit 7,5 Moz par
an consomme en fait ses réserves au rythme voisin de 9,5
Moz/an (près de 300 tonnes par an) compte tenu des pertes à chacune
des étapes du processus minier-métallurgique.
-
*
Les réserves en terre ont un impact sur la valorisation
boursière des majors aurifères et sont un indicateur
traduisant la viabilité de la société à moyen
terme. Mais la valorisation est pondérée par
la qualité du minerai : ainsi, une once d’or
d’un gisement oxydé, exploité en masse, à ciel
ouvert, et par cyanuration au Nevada est mieux valorisée
que celle d’un gisement sulfuré, très
profond, en couches minces d’Afrique du Sud.
-
|
Rappel
des fusions acquisitions antérieures |
Afrique
du Sud
Production
d’or de l’Afrique du Sud
L’Afrique
du Sud fait son retour, sa production d’or a pour la première
fois, depuis plus de 10 ans, cessé de baissé en
2002 . Le passage du cours de l’or de 280 à 350
$ expliquant ceci. La production minière d’or de
l ‘Afrique du Sud a baissé de moitié,
passant de 1000 tonnes/an à 428 t en 2000.
|
Evolution
de la production minière mondiale et sud africaine |
Au niveau des sociétés minières,
celles-ci s’internationalisent et trois d’entes elles figurent
maintenant parmi les cinq premiers producteurs mondiaux.
Plus
du tiers des employés
des mines sudafricaines (or, platine, etc.) sont séropositifs,
de sorte que les grands groupes miniers se sont vues contraintes de
prendre en charge les coûts des traitements car absentéisme,
baisse de productivité, coûts de formation de personnel,
etc. influent sur le coût de production. Différents groupes
ont estimé de 4 à 6 $/once d’or produite le coût
afférent à la pandémie. D’autres effets
induits sont à craindre à moyen terme, comme l’accélération
des flux migratoires de nouveaux mineurs ainsi qu’une démographie
durablement déséquilibrée.
- The
HIV-AIDS pandemic (Adults and children : 4 200 000 fin 1999), which infects about
one in four of South Africa’s underground mining workforce. 20%
of coal miners and 30% of gold miners are HIV+ (17% higher than
base population). In 5 years 5-10% of company workforce will start
to die. Total productivity loss of 20%. How do you manage a company
when 1/3 or your workforce will be dead in 5 years? - AngloGold :25
to 30 % of its 44,000-strong workforce in South Africa is infected
with the virus. In financial terms, this translates to a cost of $4
to $6 an ounce of gold produced. The company also revealed that, unmanaged,
this cost could leap to $9 an ounce.
- Gold Fields sets
its HIV-positive prevalence rate at 26.4 %. At the present time, this
figure sits at $4 an ounce, but this rate could rise by $10 an ounce.
L’épée de Damocles des stocks d’or
des Banques Centrales
Le prix de l’or augmente, les banques centrales
pourraient être tentées de liquider leurs stock à bon
prix, mais devant la fragilité du US$, ne vaut-il pas mieux conserver
de l’or que des US$ ? Il suffit d’une hausse de 5$ sur
le prix de l’or pour égaler le maigre 1,5% d’intérêt
que la banque centrale américaine gagne sur ses $.
L’Accord de Washington (Wag) de limiter volontairement les
ventes des stocks des Banques Centrales durant 4 ans prend fin en sept.
2004. Son renouvellement est déjà en ligne de mire. La
Bundesbank a fait savoir sa position contre et serait dans les " starting
block " pour écouler une partie de son or. C’est
l’Afrique du Sud**, très logiquement, qui défend
le plus le projet de renouvellement. La Suisse, en accord avec le Wag
devrait vendre 25 tonnes par mois durant les 5 prochains mois. La position
du FMI, qui détient un stock important, n’est pas clairement
exprimée.
*Sept. 1999 : 15 banques centrales européennes
s’engagent à ne pas vendre plus de 400 tonnes d’or
par an
** Il est paradoxal que les réserves de la Banque Centrale sud
africaine soient en devises, sans or !
Etat |
Tonnes
d’or |
%
des réserves du pays ratio or/devises |
1
United States |
8149.0 |
55.4% |
2
Germany |
3456.6 |
36.6% |
3
IMF (FMI) |
3217.3 |
NA |
4
France |
3024.6 |
44.5% |
5
Italy |
2451.8 |
46.7% |
6
Switzerland |
2183.3 |
37.7% |
7
Netherlands |
884.9 |
46.3% |
8
European CB |
766.9 |
NA |
9
Japan |
765.2 |
1.7% |
10
Portugal |
606.7 |
36.6% |
11
Spain |
523.4 |
13.0% |
12
China |
500.0 |
2.1% |
13
Taiwan |
421.8 |
3.1% |
14
Russia |
415.9 |
10.0% |
15
India |
357.8 |
6.9% |
16
Venezuela |
356.4 |
25.4% |
17
Austria |
344.9 |
19.6% |
18
UK |
335.4 |
7.3% |
19
Lebanon |
286.8 |
36.3% |
20
Belgium |
258.1 |
17.5% |
|
Répartition des
stocks d’or des banques centrales (1999) et du FMI. Les
principaux détenteurs sont signataires de l’accord
|
|
Banques
centrales : état actuel du stock d’or des
banques centrales |
|
Banques centrales et accord de Washington : pays et
stock d’or concernés
|
|
Baisse de la production minière aurifère
La chute des dépenses d’exploration,
depuis le scandale Bre-X de 1997 (dépenses en 2002 = 63% des
5,2 milliards de USD de 1997), a eu pour conséquence un très
faible taux de découverte de nouveaux gisements, qui a conduit
dès 2002 à une baisse de la production minière
de 5,5% à 63 Moz. Cette baisse se poursuivrait, selon CPM en
2003 (de 2,2%, 61,7 Moz) pour atteindre 30% en 2006. Toutefois, à moyen
terme, c’est sans compter avec la hausse du prix de l’or
qui permet d’exploiter les gisements à des teneurs plus
basses comme Pascua Lama - Valadero de Barrick, Las Cristinas, etc.
Il reste en effet un nombre important de gisements en terre qui attendent
d’être exploités, comme :
1 Target North & Sun
Avgold (Afrique du Sud) 72 Moz.
2 Sukhoi Log, Gouv. Russe 46 Moz (1089 t à 2,7
g/t Au)
-
3 Telfer, Newcrest (Australie) 26 Moz.
4 Pascua, Barrick (Chili) 24 Moz
-
5 Donlin Creek, Placer (Alaska) 23
Moz.
6 Cerro Casale, Placer/Bema (Chili) 23 Moz.
7 Expansion de Boddington Newmont, AngloGold, Newcrest (Australie) 20 Moz
8 Turquoise Hill, Ivanhoe (Mongolie) 19 Moz.
9 Burnstone, Great Basin Gold (Afrique du Sud) 17 Moz.
10 Pueblo Viejo, Placer (Rep. Dom.) 17 Moz.
La base de donnée mondiale des
gisement d’or montre que 330 gisements > 1Moz (31t) totalisent
45 000t d’or (dont 59% sont des réserves prouvées-probables
et 41% des ressources).
130 (39%) d’entre eux sont en
production (représentant 53% du tonnage des réserves),
dont Grasberg (72 Moz) ou Muruntau (100 Moz). 200 (61%) sont des
gisements importants non développés (dont 35 au stade
de la faisabilité, 107 en préfaisabilé,
et 58 en exploration).
-
Localisation : Amérique
du Nord = 121, Amérique latine = 58 ; CEI = 56, Afrique
= 35, Australie =28, Pacifique = 27, Europe : 5
|
|
Impacts
de la baisse des dépenses d’exploration depuis 1997 : Déclin
progressif de la production minière d’or à court
terme, dès 2002, mais l’accélération à 2010
paraît peu probable |
Prix de l’or
Le prix de l’or qui a reflué rapidement à la
fin du conflit irakien, retrouve du lustre (autour de 360 $/oz) avec
la baisse du dollar et son indexation sur le taux change du USD :
l'or augmente par opposition, en tant que valeur (monnaie) exogène qui
garde une force libératoire, c’est à dire une forte
liquidité, étant transformable partout en monnaie locale.
|
Or " monétaire " :
corrélation inverse Au – index S&P 500
|
|
Or " monétaire " :
corrélation inverse Au - US$ (taux de change)
|
|
Or
, sensibilité géopolitique |
Hedging
Les producteurs d’or ont poursuivi la réduction
du hedging global de 6 % (soit 4,6 Moz) selon Gold Fields Minerals
Services (GFMS). Le total actualisé étant de 75,4 Moz, équivalent à 91
% de la production minière des nouvelles mines ouvertes en 2002.
Une bonne anticipation des cours
de l’or est
cruciale pour la rentabilité de la société minière.
En l’occurrence, il faut déhedger " juste à temps " pour
pouvoir espérer bénéficier à plein d’une
hausse du prix de l’or. De ce fait, une société qui
hedge plus de 50% de sa production n’intéresse plus les
fonds spéculatifs.
Un déhedging massif contribue aussi à mettre
de l’or physique sur le marché.
Volatilité et Déterminants
Les valeurs des actions des mines
d'or amplifient le cours du physique de 5 à 6 fois. Il faut distinguer les majors
des juniors de Toronto (lesquelles détiennent surtout des mines
marginales qui sont les plus sensibles à toute augmentation
des cours, car elles passent brutalement de pertes à bénéfices)
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Baisse de la production minière : effet lent, à moyen
terme
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" war premium" : effet bref (voir effet
Irak sur la courbe)
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de-hedging : peu d'effet et temporaire
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macro-économie : oui, le plus important l’or
colle au taux de change du dollar
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ventes des Banques Centrales : épée de Damoclès
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limitation du cyanure : l'utilisation du cyanure devient plus
restrictive. On notera aussi que tous les gisements épithermaux
ont des teneurs faibles en mercure, mais qui, en raison des cadences énormes
de production, finissent par produire du mercure en sous-produit.
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Amplification
boursière sur le prix du métal : les valeurs
des actions des mines d'or amplifient le cours du physique
de 5 à 6 fois
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Sociétés
minières aurifères , classement Coût de
production, coût de production total, bénéfice
par once produite
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