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Point sur l’or

C. HOCQUARD, brgm-REM, mars 2003

  • Pour les trois majors aurifères (AngloGold, Newmont, Barrick), devenir le 1er producteur mondial est vital pour leur capitalisation boursière : la valeur de l’action est liée à la visibilité du groupe sur les écrans des fonds de pension, surenchère donc…. En raison du ralentissement brutal de l’exploration depuis 1997, le nombre de découvertes de gisements d’or a diminué fortement. De plus, comme 5 à 7 ans sépare l’exploration de d’exploitation, ceci pourrait

    Sociétés minièr

    • provoquer une baisse durable de 30% de la production mondiale minière d’or dès 2005.

      Toutefois, l’augmentation récente du prix de l’or (de 280 à 350-370/oz) a fait ressurgir de nombreux projets dormants : Pascua Lama et Valadero de Barrick par exemple avec plus de 25 Moz (750 t d’or), Las Cristinas au Vénézuela, Sukhoï-Log (plus de 1000 t d’or) en Russie (ainsi que d’autres gros projets, maintenant très convoités en raison de l’entrée prochaine de la Russie dans l’OMC.

      Plus le groupe devient important, plus il produit, et plus il consomme ses réserves rapidement. Pour produire 7 Moz d’or par an, Newmont consomme environ 250 t d’or de réserves en terre.Comme il devient aujourd’hui impossible aux leaders renouveler via la seule exploration de tels tonnages (découvrir un gisement économique de 3 Moz d’or, soit 100t, est considéré comme exceptionnel) ; il en résulte une fuite en avant vers les acquisitions, seule alternative à l’exploration pour renouveler leurs réserves en terre.Toutefois, ces fusions-acquisitions ne font que transférer d’une poche à une autre les réserves existantes. On voit donc bien que la vague récente d’acquisition camoufle en fait un déficit de gisements de classe mondiale à développer.Les majors ont digéré de nombreuses moyennes et petites sociétés attractives, en particulier australiennes étant donné la faible valeur du $ australien. Lors de la prochaine vague, les majors vont devoir fusionner entre elles !
    • Le prix de l’or augmente, les banques centrales pourraient être tentées de liquider leurs stock à bon prix, mais devant la fragilité du USD, ne vaut-il pas mieux conserver de l’or que des USD ?

    Autres points traités : banques centrales, hedging, réserves, capitalisations boursières, Afrique du Sud, cyanure, etc. voir texte

    Or : un bref regard en arrière pour une meilleure prospective

    La flambée de l'or, au début des années 80 (pic historique de 800 USD/oz), a déclenché un vaste rush de l'exploration, d'autant plus développé géographiquement que nombre de pays à potentiel aurifère favorable se dotaient, sous l'égide de la Banque Mondiale, de législations minières et fiscales libérales. Par ailleurs, les progrès technologiques ont rendu possible l’exploitation à ciel ouvert et à fortes cadences des grands gisements à basse teneur (voisine du gramme par tonne), ainsi que l’obtention, grâce à la cyanuration en tas, de lingots de métaux précieux (doré) sur le site même de production. La répartition des pays producteurs d'or a été profondément modifiée avec le développement des gisements épithermaux des cordillères tertiaires circum-pacifique, tandis que l'Afrique du Sud, pénalisée la baisse des teneurs d’exploitation de ses gisements profonds voyait, en 30 ans, sa production chuter de 1000 tonnes à moins de 400 tonnes, revenant ainsi au niveau de 1953.L'or a été victime de son succès : les découvertes se sont succédées à un rythme soutenu, et la mise en exploitation rapide de ces gisements à faible coût de production a mis sur le marché des quantités d'or croissantes, entraînant une surproduction de métal jaune. Le coup de grâce a été donné par les banques centrales qui ont commencé à liquider une partie de leur énorme stock d'or estimé à 35 000 t (10 fois la production minière mondiale). Qui plus est, on a assisté au développement rapide de mécanismes financiers (" gold loan " puis " hedging "), qui ont contribué à mettre "par anticipation sur la production" des quantités d'or physiques croissantes sur le marché (>150 t/an). Tous ces mauvais fondamentaux ont fait chuter le prix de l'or sous les 300 USD/oz en 1998, avant de stagner ensuite autour de 275 USD/oz.En 1997, alors que les dépenses mondiales d'exploration culminaient à 5 milliards de USD, le scandale BreX éclate. Cette société d’exploration (junior) canadienne revendiquait la découverte du plus gros gisement d’or du monde, ce qui s'est révélé être la plus énorme escroquerie de l’histoire minière. La perte de confiance des investisseurs s’est traduite par une baisse brutale des dépenses d'exploration, et les 4000 juniors se sont retrouvées financièrement exsangues. Les majors aurifères ont rapidement profité de cette aubaine pour " faire leur marché " et digérer les juniors qui possédaient les sujets d'exploration les plus attractifs.

    Mais le vrai défi des majors, c’est de renouveler leurs réserves plus vite qu’elles ne les consomment : comment renouveler chaque année 100 à 200 t/an, alors que découvrir un gisement de 1 Moz (~ 30 t) est un défi, et que les juniors ne sont plus là pour réaliser l’exploration amont ? A l’exploration a donc succédé l’acquisition de sociétés minières moyennes (5 à 50 t/an). Les sociétés australiennes ont été les premières ciblées, car la valeur du dollar australien ("monnaie de commodité" indexée sur les matières premières minérales), a progressivement diminué de moitié par rapport à celui des Etats-Unis. Mais si les majors peuvent ainsi augmenter leurs réserves, en revanche, au niveau global, le tonnage des réserves mondiales, lui, est resté identique. De plus, par disparition des sociétés moyennes, le secteur minier aurifère aboutit à une dichotomie major-junior.

    En 2000, les capitalisations boursières des NTIC écrasent "l'ancienne économie", et en particulier les majors minières qui n’apparaissent plus sur les écrans des gestionnaires des fonds de pensions, principaux investisseurs boursiers. D'où les fusions-acquisitions, mais cette fois entre majors, avec pour objectif d’être le n°1. On a vu récemment la compétition entre les trois plus grosses aurifères Anglo, Barrick et Newmont. Il ne reste que peu de sociétés indépendantes australiennes de taille moyenne rescapées de cette vague d’acquisitions.En 2001, les événements du 11 septembre, qui ont pourtant fait dévisser toutes les valeurs boursières, n'ont pas provoqué de hausse durable de l'or, sinon un léger pic en Asie, vite résorbé. En 2001, la production minière a encore augmenté, à 2 600 tonnes, tandis que la demande globale a baissé à 3 800-3 900 t ; l'équilibre offre demande étant réalisé grâce aux ventes des stocks des banques centrales (500 t) et à l'or récupéré par recyclage (700 t). (chiffres arrondis).En 2002, le prix de l'or est passé rapidement de 275 à 350 USD/once, en rapport direct avec la faiblesse structurelle du dollar, montrant, s'il en était besoin, que l'or reste fondamentalement un métal monétaire intimement lié à la santé du dollar. Les sociétés minière avaient anticipé cette hausse et commencé à liquider leurs positions de hedging pour mieux bénéficier de cette hausse. Cependant, fin juillet, cette hausse retombait comme un soufflé au niveau de 300 USD/oz, accompagnant les fortes baisses des bourses américaines. Mais, encore une mauvaise nouvelle : depuis le 22 juillet 2002, l’indice boursier S&P 500 ne comprend plus que des valeurs "américaines", excluant ainsi deux majors aurifères canadiennes : Barrick Gold et Placer Dome.Dans un avenir proche, il faut compter avec plusieurs déterminants contradictoires susceptibles d'affecter la demande : Peut-on redouter une économie américaine en déflation ? Quelle impact aura en Afrique du Sud la charte du BEE (" Black Economic Empowerment ") et la royaltie sur l’or ? L'accord de Washington qui limite à 400 t/an la vente de l'or des Banques Centrales jusqu’en 2004 sera-t-il prolongé ?Parmi les grands consommateurs d'or, l'Inde arrive en tête, mais avec des achats très saisonniers dont le pic correspond à la période des mariages et la quantité, aux revenus des paysans, eux-mêmes étroitement liés à l’intensité de la mousson. L'Inde a libéré son marché interne récemment, mais la classe moyenne se tournerait aujourd’hui davantage vers le marché boursier plutôt que de continuer à acquérir de l'or. D'ailleurs, cette tendance est générale, les investisseurs se tournent vers les actions des sociétés minières plutôt que vers l'or physique. En Chine, le marché de l'or est toujours régulé, contrairement à celui des diamants ou du platine, mais son entrée dans l'OMC devrait régulariser cette situation ouvrant d'intéressantes perspectives même si l'Asie a un faible pour la bijouterie en platine.Coté offre, la baisse de l’exploration minière s’est traduite par une raréfaction des découvertes de nouveaux gisements d'or. Les ressources consommées ne sont plus remplacées, on s’attend à une baisse régulière de la production pour les prochaines années. Par ailleurs, plusieurs grandes mines d’or ont fermé en 2001 par épuisement des réserves (Kidston, Mt Charlotte, etc), accélérant la baisse de la production minière, en particulier aux Etats Unis. Un bureau d'étude spécialisé a fait ainsi plusieurs scénarios montrant au mieux une stabilisation de la production minière pour les cinq prochaines années. La production chinoise est en hausse, mais la fiabilité des statistiques chinoises est telle que des pondérations sont nécessaires pour incorporer l'or informel et celui qui passe en contrebande dans plusieurs pays voisins. Bien que les juniors canadiennes bénéficient de nouvelles mesures fiscales incitatives en faveur de l'exploration, celles-ci ont tendance à délaisser l'or au profit du diamant et du platine, mais le retour en grâce de l’or devrait inverser à nouveau cette tendance.

    Fusions- acquisitions 2003 dans l’or

    • L’acquisition d’Ashanti par AngloGold (filiale sud-africaine du groupe londonien Anglo American) sera une excellente opération pour AngloGold, au delà même du fait qu’elle reprend à Newmont sa place de 1° producteur mondial d’or avec 7,6 Moz/an (236 t), place tant convoité, pour la visibilité auprès des fonds de placement nord américains.Ashanti Goldfields Ltd (Ghana) : Ses principaux actionnaires sont Lonmin (28%) et le Gouvernement du Ghana (17%).
    • L'offre d'Ango, avec un premium de 16% sur la valeur de l'action, valorise Ashanti à 1,1 milliard de $ (AngloGold a une capitalisation boursière de 6,8 milliards de $) .

    Ces avantages sont les suivants :

    • La part attribuable d'AngloGold passera à 7,5 Moz par an (celle de Newmont est de 6,9 Moz, pour une production totale 7,6 Moz) le faisant passer en tête des producteurs d'or.L’once d’or en terre de Ashanti n’est valorisée en bourse qu’à 35 USD /oz, alors que celle de AA est à 110 USD /oz . (Profits par once : pour AngloGold (36 USD/oz); Ashanti (34 USD /oz).Ashanti avait été au bord de la faillite suite à un hedging malheureux (lequel avait contraint Ashanti de vendre le magnifique projet aurifère tanzanien de Bulanhuyu, aujourd’hui exploité par Barrick. Ashanti a maintenant un portefeuille éclairci qui lui permet de profiter au mieux des hausses du métal jaune.Les réserves d'AngloGold vont augmenter de 20% (100 Moz) et les ressources de 10% (300 Moz).AngloGold détiendra davantage de ressources-réserves hors d’Afrique du Sud, lesquelles sont sous-valorisées (pénalisées) par rapport à celles de Newmont, considérées à moindre risque. Mais si AngloGold se désengage un peu plus de l'Afrique du Sud, il se renforce sur l'Afrique, devenant, avec 80% de sa production, un groupe panafricain.
    • La fusion fait remonter le coût de production de la société (coût opératoire ou " cash cost " de 208 USD /oz d'Ashanti contre 161 USD/oz pour AngloGold, et coût total respectivement de 262 USD /oz contre 203 USD/oz)

    Mais quelques interrogations demeurent:

    • Le gouvernement Ghanéen qui détient une participation dans ce gisement historique acceptera-t-il de voir AA en prendre les rênes ? Les 17% du Gouvernement du Ghana sont de type "special rights redeemable preferences share" qui dispose d'un droit de veto sur toute cession d’action d’Ashanti.La charte minière (Mining Charter) qui fait partie du nouveau "Mineral and Petroleum Ressources Developpement Act" impose le transfert aux HDSA (" historically disdvantaged South Africans ") au plus tard dans 5 ans pour 15% de tous les actifs sud-africains, puis pour 26 % dans un délai de 10 ans. Le fait que AA soit enregistré en Afrique du Sud, le soumet théoriquement, de facto, à la nouvelle régulation. Comment ce point sera-t-il traité ?Dans l'opération de fusion, Lonmin et le Gouvernement du Ghana vont se partager 13% d'AngloGold, ce qui va faire chuter la part d'Anglo American plc de 51,4 % à 44,8%, qui deviendrait ainsi minoritaire dans AngloGold !
    • Le Rand continue à s’apprécier vis à vis du USD, ce qui renchérit le coût de production ramené en USD des mines sud-africaines.

    Nous avions annoncé la probabilité de cette opération dès juin 2002, extrait de la note C. Hocquard

    La course au contrôle des réserves en terre de bonne qualité, grâce aux fusions-acquisitions reste, encore actuellement, le déterminant de la stratégie des grands groupes miniers, qu’ils soient spécialisés sur l’or ou diversifiés (Rio Tinto). Dans cette course, il y a à présent un grand perdant, le sud-africain AngloGold. Celui-ci a enregistré entre fin 2000 et fin 2001, une baisse de ses réserves en terre de 22% (de 88 à 68 millions d’onces d’or) dues à la production (6,9 millions d’onces), la cession d’exploitations non rentables en Afrique du Sud (7,4 millions d’onces) et au déclassement de réserves en ressources, également en Afrique du Sud (4,5 millions d’onces). Ceci explique pourquoi AngloGold a lancé l’OPA sur Normandy, perdue au profit de Newmont (voir plus haut). Malgré cet échec et stimulé par sa forte rentabilité financière actuelle, acquise il est vrai, de façon " non-vertueuse ", grâce à la forte dévaluation du rand sud-africain par rapport au dollar, AngloGold pourrait récidiver prochainement avec une autre OPA (qui pourrait être Ashanti ou Newcrest) ou par le l’achat de gisements ou de participations dans des projets miniers en développement.

    • Acquisition de Rainbow Minerals Gold (ARM Gold) par Harmony qui passe de la 7° à la 5° place dans le ranking mondial des producteurs. Hamony a également fait une offre d’achat sur l’Australien Abelle Ltd qui détient en particulier les droits sur les projets aurifères de Morobe et Wafi en PNG.
    • La fusion de trois sociétés minières aurifères moyennes (Kinross, Echo Bay et TVX Gold) a conduit à la constitution de Kinross Gold, 7° producteur mondial (62 t/an, 2Moz) avec 12 mines, dont Newmont détient déjà 13,8%.

     Nouveau ranking des producteurs d’or en mai 2003

    .

     

    2002

    2003

    Sur la base de production 2002, en Moz

    1

    Newmont

    AngloGold (+ Ashanti)

    7,5

    2

    AngloGold

    Newmont

    6,9

    3

    Barrick

    Barrick

    5,7

    4

    Gold Fields

    Gold Fields

    4,5

    5

    Rio Tinto

    Harmony (+ ARM Gold)

    3,8

    6

    Harmony

    Rio Tinto

    3,1

    7

    Placer

    Placer

    2,8

    8

    Freeport

    Freeport

    2,3

    9

    Ashanti

       

    Pour les majors, Il ne reste plus beaucoup de " mid-size " aurifères australiennes indépendantes sur le marché (Newcrest, SoG - Sons of Gwalia). Celles d’Amériques du Nord sont trop chères maintenant avec le relèvement du prix de l’or. Les majors seront bientôt contraintes de devoir fusionner entre elles. Du côté de l’exploration, les juniors, décimées depuis 1997, ne peuvent plus jouer leur rôle de découvreur. De ce fait, les gisements aurifères non encore exploités vont faire l’objet d’une vraie foire d’empoigne de la part des majors, malgré le coût de l’or actuel qui ne permet pas d’espérer la bonne affaire (les majors attendent l’appel d’offre concernant l’énorme gisement de Sukkoï Log, avec en particulier la présence probablement imposée de Norilsk). Les majors doivent donc reprendre le chemin de l’exploration. Grâce aux bons résultats de 2002, les dépenses semblent être durablement reparties à la hausse.

    La faible capitalisation boursière des sociétés aurifères, et forte concentration du secteur minier aurifère

    Fusion-acquisition : impacts sur les réserves en terre*

    Les fusions-acquisitions donnent une fausse perception de l’état des ressources en or : si les réserves en terre de l’entreprise consolidée augmentent, elles demeurent en revanche identiques au niveau global. C’est un simple transfert d’une poche à une autre. On peut même dire que les fusions-acquisitions camouflent une pénurie de réserves des grandes sociétés aurifères. Les 10 principales sociétés minières n’ont que 10 000 à 12 000 tonnes d’or de réserves. Une société comme Newmont qui produit 7,5 Moz par an consomme en fait ses réserves au rythme voisin de 9,5 Moz/an (près de 300 tonnes par an) compte tenu des pertes à chacune des étapes du processus minier-métallurgique.

    • * Les réserves en terre ont un impact sur la valorisation boursière des majors aurifères et sont un indicateur traduisant la viabilité de la société à moyen terme. Mais la valorisation est pondérée par la qualité du minerai : ainsi, une once d’or d’un gisement oxydé, exploité en masse, à ciel ouvert, et par cyanuration au Nevada est mieux valorisée que celle d’un gisement sulfuré, très profond, en couches minces d’Afrique du Sud.

    • Rappel des fusions acquisitions antérieures

    Afrique du Sud

    Production d’or de l’Afrique du Sud

    L’Afrique du Sud fait son retour, sa production d’or a pour la première fois, depuis plus de 10 ans, cessé de baissé en 2002 . Le passage du cours de l’or de 280 à 350 $ expliquant ceci. La production minière d’or de l ‘Afrique du Sud a baissé de moitié, passant de 1000 tonnes/an à 428 t en 2000.

    Evolution de la production minière mondiale et sud africaine
  • Sociétés minières sudafricaines

Au niveau des sociétés minières, celles-ci s’internationalisent et trois d’entes elles figurent maintenant parmi les cinq premiers producteurs mondiaux.

  • Afrique du Sud, l’impact économique du Sida

Plus du tiers des employés des mines sudafricaines (or, platine, etc.) sont séropositifs, de sorte que les grands groupes miniers se sont vues contraintes de prendre en charge les coûts des traitements car absentéisme, baisse de productivité, coûts de formation de personnel, etc. influent sur le coût de production. Différents groupes ont estimé de 4 à 6 $/once d’or produite le coût afférent à la pandémie. D’autres effets induits sont à craindre à moyen terme, comme l’accélération des flux migratoires de nouveaux mineurs ainsi qu’une démographie durablement déséquilibrée.

- The HIV-AIDS pandemic (Adults and children : 4 200 000 fin 1999), which infects about one in four of South Africa’s underground mining workforce. 20% of coal miners and 30% of gold miners are HIV+ (17% higher than base population). In 5 years 5-10% of company workforce will start to die. Total productivity loss of 20%. How do you manage a company when 1/3 or your workforce will be dead in 5 years? - AngloGold :25 to 30 % of its 44,000-strong workforce in South Africa is infected with the virus. In financial terms, this translates to a cost of $4 to $6 an ounce of gold produced. The company also revealed that, unmanaged, this cost could leap to $9 an ounce.

- Gold Fields sets its HIV-positive prevalence rate at 26.4 %. At the present time, this figure sits at $4 an ounce, but this rate could rise by $10 an ounce.

 

 

L’épée de Damocles des stocks d’or des Banques Centrales

Le prix de l’or augmente, les banques centrales pourraient être tentées de liquider leurs stock à bon prix, mais devant la fragilité du US$, ne vaut-il pas mieux conserver de l’or que des US$ ? Il suffit d’une hausse de 5$ sur le prix de l’or pour égaler le maigre 1,5% d’intérêt que la banque centrale américaine gagne sur ses $.

  • L’Accord de Washington (Wag) de limiter volontairement les ventes des stocks des Banques Centrales durant 4 ans prend fin en sept. 2004. Son renouvellement est déjà en ligne de mire. La Bundesbank a fait savoir sa position contre et serait dans les " starting block " pour écouler une partie de son or. C’est l’Afrique du Sud**, très logiquement, qui défend le plus le projet de renouvellement. La Suisse, en accord avec le Wag devrait vendre 25 tonnes par mois durant les 5 prochains mois. La position du FMI, qui détient un stock important, n’est pas clairement exprimée.

*Sept. 1999 : 15 banques centrales européennes s’engagent à ne pas vendre plus de 400 tonnes d’or par an

** Il est paradoxal que les réserves de la Banque Centrale sud africaine soient en devises, sans or !

Etat

Tonnes d’or

% des réserves du pays ratio or/devises

1 United States

8149.0

55.4%

2 Germany

3456.6

36.6%

3 IMF (FMI)

3217.3

NA

4 France

3024.6

44.5%

5 Italy

2451.8

46.7%

6 Switzerland

2183.3

37.7%

7 Netherlands

884.9

46.3%

8 European CB

766.9

NA

9 Japan

765.2

1.7%

10 Portugal

606.7

36.6%

11 Spain

523.4

13.0%

12 China

500.0

2.1%

13 Taiwan

421.8

3.1%

14 Russia

415.9

10.0%

15 India

357.8

6.9%

16 Venezuela

356.4

25.4%

17 Austria

344.9

19.6%

18 UK

335.4

7.3%

19 Lebanon

286.8

36.3%

20 Belgium

258.1

17.5%

 

Répartition des stocks d’or des banques centrales (1999) et du FMI. Les principaux détenteurs sont signataires de l’accord
Banques centrales : état actuel du stock d’or des banques centrales

Banques centrales et accord de Washington : pays et stock d’or concernés

Baisse de la production minière aurifère

La chute des dépenses d’exploration, depuis le scandale Bre-X de 1997 (dépenses en 2002 = 63% des 5,2 milliards de USD de 1997), a eu pour conséquence un très faible taux de découverte de nouveaux gisements, qui a conduit dès 2002 à une baisse de la production minière de 5,5% à 63 Moz. Cette baisse se poursuivrait, selon CPM en 2003 (de 2,2%, 61,7 Moz) pour atteindre 30% en 2006. Toutefois, à moyen terme, c’est sans compter avec la hausse du prix de l’or qui permet d’exploiter les gisements à des teneurs plus basses comme Pascua Lama - Valadero de Barrick, Las Cristinas, etc. Il reste en effet un nombre important de gisements en terre qui attendent d’être exploités, comme :

  • 1 Target North & Sun Avgold (Afrique du Sud) 72 Moz.
    2 Sukhoi Log, Gouv. Russe 46 Moz (1089 t à 2,7 g/t Au)

  • 3 Telfer, Newcrest (Australie) 26 Moz.
    4 Pascua, Barrick (Chili) 24 Moz

  • 5 Donlin Creek, Placer (Alaska) 23 Moz.
    6 Cerro Casale, Placer/Bema (Chili) 23 Moz.
    7 Expansion de Boddington Newmont, AngloGold, Newcrest (Australie) 20 Moz
    8 Turquoise Hill, Ivanhoe (Mongolie) 19 Moz.
    9 Burnstone, Great Basin Gold (Afrique du Sud) 17 Moz.
    10 Pueblo Viejo, Placer (Rep. Dom.) 17 Moz.

La base de donnée mondiale des gisement d’or montre que 330 gisements > 1Moz (31t) totalisent 45 000t d’or (dont 59% sont des réserves prouvées-probables et 41% des ressources).

  • 130 (39%) d’entre eux sont en production (représentant 53% du tonnage des réserves), dont Grasberg (72 Moz) ou Muruntau (100 Moz). 200 (61%) sont des gisements importants non développés (dont 35 au stade de la faisabilité, 107 en préfaisabilé, et 58 en exploration).

  • Localisation : Amérique du Nord = 121, Amérique latine = 58 ; CEI = 56, Afrique = 35, Australie =28, Pacifique = 27, Europe : 5

Impacts de la baisse des dépenses d’exploration depuis 1997 : Déclin progressif de la production minière d’or à court terme, dès 2002, mais l’accélération à 2010 paraît peu probable

Prix de l’or

Le prix de l’or qui a reflué rapidement à la fin du conflit irakien, retrouve du lustre (autour de 360 $/oz) avec la baisse du dollar et son indexation sur le taux change du USD : l'or augmente par opposition, en tant que valeur (monnaie) exogène qui garde une force libératoire, c’est à dire une forte liquidité, étant transformable partout en monnaie locale.

Or " monétaire " : corrélation inverse Au – index S&P 500

 

Or " monétaire " : corrélation inverse Au - US$ (taux de change)

 

Or , sensibilité géopolitique

Hedging 

Les producteurs d’or ont poursuivi la réduction du hedging global de 6 % (soit 4,6 Moz) selon Gold Fields Minerals Services (GFMS). Le total actualisé étant de 75,4 Moz, équivalent à 91 % de la production minière des nouvelles mines ouvertes en 2002.

Une bonne anticipation des cours de l’or est cruciale pour la rentabilité de la société minière. En l’occurrence, il faut déhedger " juste à temps " pour pouvoir espérer bénéficier à plein d’une hausse du prix de l’or. De ce fait, une société qui hedge plus de 50% de sa production n’intéresse plus les fonds spéculatifs.

Un déhedging massif contribue aussi à mettre de l’or physique sur le marché.

Volatilité et Déterminants

Les valeurs des actions des mines d'or amplifient le cours du physique de 5 à 6 fois. Il faut distinguer les majors des juniors de Toronto (lesquelles détiennent surtout des mines marginales qui sont les plus sensibles à toute augmentation des cours, car elles passent brutalement de pertes à bénéfices)

  • Baisse de la production minière : effet lent, à moyen terme

  • " war premium" : effet bref (voir effet Irak sur la courbe)

  • de-hedging : peu d'effet et temporaire

  • macro-économie : oui, le plus important l’or colle au taux de change du dollar

  • ventes des Banques Centrales : épée de Damoclès

  • limitation du cyanure : l'utilisation du cyanure devient plus restrictive. On notera aussi que tous les gisements épithermaux ont des teneurs faibles en mercure, mais qui, en raison des cadences énormes de production, finissent par produire du mercure en sous-produit.

Amplification boursière sur le prix du métal : les valeurs des actions des mines d'or amplifient le cours du physique de 5 à 6 fois

 

Sociétés minières aurifères , classement Coût de production, coût de production total, bénéfice par once produite

 

 

 

 

 
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