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L’or des Banques Centrales : garder ou vendre ? Quelle position pour la France ?

C.Hocquard - P. Gentilhomme, BRGM (10/02/2004)

Les Banques centrales (en y incluant le FMI) détiennent environ 30 000 tonnes d’or.

L’Accord de Washington (" Wag ") de septembre 1999, entre les principales Banques Centrales visait à limiter volontairement les ventes des stocks d’or à 400 tonnes par an. Il prend fin en septembre 2004. Sera-t-il prolongé ? Son renouvellement est déjà en ligne de mire. L’Afrique du Sud, très logiquement (en tant que premier producteur minier mondial), défend le plus son renouvellement.

Le prix de l’or a considérablement augmenté depuis 2 ans, passant de 280 à 400 USD/once, avec un pic à 430 $ en janvier 2004. Mais ces hausses ne font que compenser mécaniquement la baisse du US$ face à l’euro.

Dans ces conditions, il n’est peut être pas aussi attrayant qu’il n’y paraît pour les Banques centrales de vendre leur or. Face à la fragilité du dollar, ne vaut-il pas mieux conserver de l’or que des billets verts ? Tandis que la reprise prochaine de l’inflation serait évidemment un argument de poids. En attendant, il suffit d’une hausse de 5 USD sur le cours de l’or pour égaler le maigre 1,5% d’intérêt que la Banque centrale gagne sur ses US$. Dans ces conditions, l’augmentation récente du cours de 275 à 400 USD/once représente une rentabilité beaucoup plus attrayante. De plus, vendre à 400 USD des onces d’or comptabilisées à un prix très inférieur dans les comptes nationaux représente une belle plus value qui n’est pas seulement comptable.

La discipline va-t-elle l’emporter ou le mirage des 400 USD/once va-t-il inciter les économies européennes, plombées par leurs déficits budgétaires et au bord de la récession, à liquider leurs stocks d’or ? Si oui, dans quelles conditions, à quel rythme, selon quel agenda ? Vendre trop vite ne ferait que provoquer une chute des cours du métal jaune.

Qui va tirer le premier ?

  • La Bundesbank  a déjà laissé entendre qu’elle serait déjà prête à écouler 600 t de ses 3 450 tonnes d’or.
  • La Banque de France ? La France avec ses 3000 tonnes ? Une opportunité ? La rumeur de ce jour vient de la radio BFM qui indique que la vente d’or de la Banque de France permettrait au gouvernement de financer la recherche (?).
  • La position du FMI, qui détient également un stock important, n’est pas clairement exprimée.

France : rappel de quelques ordres de grandeur :

  • Valorisation des entreprises publiques : 150 milliards euros
  • Situation de la Banque de France

ACTIF

Au 01 août 2003, (en millions d'euros)

Avoirs en or

29 373

  • Valorisation boursière de la part détenue par l'Etat dans des entreprises publiques cotées : 40 milliards d'euros Déficit du budget de l’Etat estimé en 2003 : entre 50 et 65 milliards d'euros
  • Valorisation des réserves d'or de la banque de France (ordre de grandeur au cours du marché) : 3000 tonnes d'or = ~100 millions d'onces x 400 USD/tonne = 33 milliards d'euros. C’est environ la moitié du déficit budgétaire de cette année.

 

Stock fin 2003 des BC ayant signé le WAG : 13 288 tonnes

Etat

Tonnes d’or

En % des réserves du pays (ratio or*/devises)

Repères  (chiffres 2001)

 

- Production d’or mondiale d’origine minière = 2 604 t

- Offre mondiale d’or (production minière + recyclage + déstockage privés et publics) = 3 868 t

1 United States

8 149

55.4%

2 Germany

3 456

36.6%

3 IMF (FMI)

3 217

NA

4 France

3 024

44.5%

5 Italy

2 451

46.7%

6 Switzerland

2 183

37.7%

7 Netherlands

884

46.3%

8 European CB

766

?

9 Japan

765

1.7%

10 Portugal

606

36.6%

11 Spain

523

13.0%

12 China

500

2.1%

13 Taiwan

421

3.1%

14 Russia

415

10.0%

15 India

357

6.9%

16 Venezuela

356

25.4%

17 Austria

344

19.6%

18 UK

335

7.3%

19 Lebanon

286

36.3%

20 Belgium

258

17.5%

Répartition des stocks d’or des banques centrales (au 31-12-1999) et du FMI. Les principaux détenteurs sont signataires de l’accord

(* basé sur le cours de l’or à Londres de 290$/oz)

 

Question : Sachant que l’or est un support de thésaurisation/réserve moins liquide et à cours plus fluctuant que les devises, faut-il le considérer définitivement comme une " relique barbare " et s’en défaire ?

Dans ce cas, il convient de le faire lorsque son cours est le plus avantageux, au dessus de 400$/oz. Un consensus relayé par GFMS indique un pic à 450 $ probable vers mi-2004, ce qui veut dire une bonne fenêtre de vente dès septembre, dès la fin du WAG. Mais il est fort probable que lors des renégociations du " Wag ", plusieurs Banques centrales voudront s’inscrire en tête des ventes.

Il faut tenir compte de l’épée de Damoclès que la menace des ventes des Banques centrales fait peser sur les cours. Une envolée pourrait avoir lieu ensuite si l’accord est reconduit en l’état, à l’instar de 1999.

Washington, The five points:

• Gold will remain an important element of global monetary reserves.

• The above institutions will not enter into the market as sellers, with the exception of already decided sales.

• The gold sales already decided will be achieved through a concerted program of sales over the next five years. Annual sales will not exceed approximately 400 tonnes and total sales over this period will not exceed 2,000 tonnes.

• The signatories have agreed not to expand their gold leasings and their use of gold futures and options over this period.

• This agreement will be reviewed after five years.

 

note:2002/02/20 The president of Germany's Bundesbank, Ernst Welteke said that the German central bank would diversify its assets away from gold "We have significant gold reserves in the Bundesbank, and of course we are happy if the gold price rises.

 
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