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Les matières premières minérales en 2009
faits marquants et tendances

C. Hocquard1, brgm, Juillet 2009

Les prix des matières premières minérales : une reprise plus rapide que prévue

 La chute des cours fin 2008-début 2009 a eu des impacts considérables. La capitalisation boursière de 40 premières sociétés minière a chuté de 62% en 2008, mais jusqu’à 90% pour de nombreuse juniors, qui ont été décimée par la crise. Toutefois, au cours du deuxième semestre 2009, la remontée spectaculaire de prix des métaux de base (hors aluminium) est due à la fois à la résilience de la demande chinoise stimulée par un plan de relance de son économie de plus de 500 milliards de dollars, ainsi qu’aux placements financiers spéculatifs des fonds d’investissements sur le secteur des matières premières.

Figure 1 : Hausses des prix des matières premières en 2009 (source : Les Echos).

Une année très mouvementée et très chinoise

La Chine2entame la deuxième moitié de son supercycle de 30 ans. Elle poursuit intensément sa politique de sécurisation de ses approvisionnements en matières premières. Son appétit vorace se manifeste par tous les moyens : prêts remboursables en minerais, OPA hostiles ou amicales sur des majors, financement de juniors démunies de cash, contrat à long terme, contrats off-take ou take or pay, etc. Le manque de financements et de liquidités a créé une énorme opportunité pour les entreprises publiques chinoises qui peuvent compter sur l’appui des énormes réserves financières de l’Etat chinois. Toutefois en Australie et aux Etats Unis, les autorités de régulation ont donné de sérieux coups d’arrêt aux tentatives chinoises d’acquisition d’entreprises minières occidentales

  • Un refus parfois motivé par la proximité d’installations militaires comme pour la mine Cu-Au de Prominent Hill en Australie, ainsi qu’une mine d’or au Nevada. La limitation du FMI, qui a conditionné un prêt relai à la RDC à la révision du prêt chinois de 7 milliards de US$. Le refus des autorités de régulation australienne de laisser la CNMC (China Nonferrous Metal Mining Group) acquérir 52% de la junior Lynas sur un gisement de terres rares.

On notera l’échec de l’offre de Chinalco sur Rio Tinto qui a préféré une JV avec BHP-B pour regrouper leurs actifs sur le minerai fer et le charbon australien du Pilbara. En revanche, plusieurs réussites sont notables, en particulier sur le charbon australien3 et sur le zinc, dont la filière amont (minière) est de plus en plus contrôlée par des intérêts chinois :

  • Acquisition par Minmetals de 100% de Oz Minerals pour 1,2 G$, participation de CIC – China Investment Corp.- de 17% dans Teck Resources pour 1,74 G$, JV pour le développement des gisements du « Selwyn bassin » (Yukon). Minmetals et plusieurs producteurs de zinc chinois dont Zhongjin Lingnan Nonfemet Co. envisageraient de se porter acquéreur des actifs zincs qu’Anglo American s’apprête à vendre (les mines de Skorpion en Namibie, de Lisheen en Irlande, de Black Mountain et le projet Gamsberg en Afrique du Sud).

Le plus long et le plus important mouvement de consolidation de l’industrie extractive mondiale, initié en 2005, et qui a conduit à une refonte de la carte mondiale des ressources minérales se poursuit aujourd’hui, mais cette fois à travers des acquisitions réalisées par les sociétés minières des pays émergents. Ainsi, l’un des thèmes dominants durant 2009 a été celui de l’offensive chinoise sur les sociétés et gisements étrangers. Malgré la forte baisse des prix4, les produits les plus convoités ont été le charbon et le minerai de fer. Cette compétition pour l’accès à la ressource et la chasse aux gros gisements métalliques de classe mondiale va encore s’accentuer en 2010. Une relation triangulaire avec l'Afrique pour les ressources minières, la Chine pour fabriquer les produits, et la bonne santé du dollar des Etats Unis pour pouvoir les acheter .

Ainsi, les actions chinoises en Afrique se sont plus particulièrement focalisées sur deux pays qui présentent à la fois un potentiel minier considérable mais un déficit de gouvernance avérés : la RDC et la Guinée5. Les actions en cours sont tout particulièrement déstabilisantes pour les groupes miniers occidentaux déjà en place et contribuent à retarder encore un peu plus le développement minier de ces deux pays. On peut cependant se poser la question de la solidité dans le temps de telles actions complexes face à l’instabilité des gouvernements des pays visés.

La Chine recherche maintenant davantage de valeur ajoutée via les technologies avancées, industrie automobile incluse6. De ce fait, elle poursuit la réduction de ses quotas exportation de métaux rares indispensables aux nouvelles technologies pour lesquels elle est traditionnellement exportatrice et quasi monopolistique7. Le contrôle environnemental ainsi que la volonté de regrouper les producteurs pour constituer des champions nationaux, réduits la production. Parallèlement, la demande domestique augmente en raison d’un développement accéléré pour capter davantage de valeur ajoutée à travers l’industrialisation high-tech. Il en résulte une part exportable qui diminue rapidement ; une tendance qui conduirait, entre autres, à la fin des exportations chinoises de terres rares à l’horizon 2015. Sur la base de ce constat prospectif, il apparait une certaine urgence à relancer les projets miniers hors de Chine. Mais, comme on l’a déjà vécu, en particulier pour le tungstène, comment garantir qu’une fois les exploitations minières occidentales démarrées, les exportations chinoises ne reprennent pas en faisant à nouveau chuter les cours ?

Enfin, à travers le SRB (organisme responsable des stocks stratégiques), la Chine a procédé à des achats importants8 tant sur le marché international (pour profiter des cours bas), mais aussi à des producteurs locaux (en soutient économique).

Les excès d’investissements en Chine se traduisent par des surcapacités de production métallurgiques. Dans les aciers inox en particulier où l’on constate un déplacement structurel de la production engagé voici déjà plus de cinq ans. L’avantage "cout de production" est énorme et la Chine produit moitié moins cher que les pays développés, et la capacité de production chinoise9 est proche de 10 Mt soit 40% de la production mondiale de 24 Mt10. Toutefois, il existe un excédent de capacité estimé à 6 Mt que la chine pourrait vouloir exporter sur les marchés occidentaux. Face à cette menace latente, Eurofer (Gordon Moffat) brandit l’arme antidumping11. Son dossier actualisé en permanence est prêt à être déposé auprès de l’UE. Le sachant, la Chine agit avec plus de discipline.

Pour les aciers en général, la situation de surcapacité est nette. La capacité de production chinoise est de 660 Mt, plus 58 Mt en cours de construction pour une demande domestique de 470 Mt, un chiffre qui se rapproche de la moitié de la production mondiale. La fragmentation, avec plus de 500 aciéries chinoises ne favorise pas une discipline et une guerre des prix ne serait pas impossible à court terme.

Chute de 40% du montant global de l’exploration minière

Après 6 ans de hausse continue avec un record historique de 13,2 G$ en 2008, le montant globale des dépenses d’exploration (pour les métaux non ferreux) a baissé de 42% en 2009 à $7,7G$, selon le Metals Economics Group (MEG).

Ce montant n’incorpore pas les dépenses concernant les minerais pondéreux, pour lesquelles de nombreuses découvertes et évaluation de réserves ont été réalisées dans le monde :

  • Pour le minerai de fer, dans la seule région de l’Afrique de l’Ouest on notera : 5 Gt à Tonkolili en Sierra Leone par African minerals Ltd, 2,5 Gt à Lebtheinia par Sphere Minerals en Mauritanie, 2,3 Gt à Mbalam par Sundance Resources au Cameroun, sans compter les projets plus avancés (Falémé au Sénégal, Benguela au Gabon, Simandou et Mts Nimba en Guinée, et aussi en Cote d’Ivoire, Liberia, Congo, au Bénin, etc.).
  • Pour le charbon, on citera le développement annoncé des gisements du Mozambique avec Moatize (2,5 Gt développé par Vale) et de Benga (4 Gt, par Tata Steel et CSN) et Zambeze (1,7 Gt, évalué par Riversdale). Mais les annonces se succèdent en Indonésie (3 Gt à East Kutai), Mongolie et Chine. Les mastodontes émergents comme l’Inde et la Chine vont rester encore très longtemps dépendant des énergies fossiles, et du charbon en particulier.
Figure 2 : Montants des dépenses mondiales d’exploration pour métaux non ferreux de 1989-2009

L’Emploi

Toutes les sociétés minières ont largement compressé brutalement leurs personnels en 2009, avec 19 000 emplois supprimés chez Anglo American, 15 000 à Alcoa, 14 000 à Rio Tinto, et 6 000 à BHP-Billiton. Mais ce passage à vide de 2008-2009 ne saurait durer, le vieillissement du personnel minier étant maintenant généralisé dans les pays développés.

L’endettement des grands groupes miniers (majors)

La dette nette cumulée en 2009 par les 60 principales sociétés minières a atteint 100 milliards de dollars (Ernst & Young). Pour restaurer leurs bilans déstabilisés et faire face aux remboursements de leurs acquisitions payées en cash au prix fort en haut de cycle (2006-2008), plus de 700 compagnies minières ont procédé à l’émission de nouvelles actions pour un total de47,5 milliards de dollars. Rio Tinto a opéré la plus grosse offre de droits de souscription d’actions en drainant près de 16 milliards de dollars, suivi par Xstrata, avec 5,8 milliards de dollars et Barrick Gold avec 4 milliards de dollars. Les sociétés ont également emprunté via des prêts syndiqués. Glencore et Teck Resources ont obtenu ainsi chacune entre 8,5 et 9 milliards de dollars de crédits.

La priorité est donc donnée aux remboursements, au détriment des investissements pour le développement et donc de la production future. De plus, en raison des difficultés de financement des nouveaux projets miniers12, l’offre minière pourrait se trouver contrainte à la reprise de la demande13.

Figure 3 : Le financement des majors (et des projets miniers), contraint par une chute des prêts bancaires et des introductions en bourse (initial public offering ou IPO), doit se tourner vers les émissions d’actions et d’obligations

Les majors diversifiées se restructurent avec un recentrage sur leurs axes lourds constitués par les minerais pondéreux (bauxite, minerai de fer, charbon, etc.) en cédant leurs actifs moins stratégiques comme le zinc (Anglo American), les emballages (Rio Tinto Alcan), voire le nickel pour BHP-Billiton (hypothèse après la cession de Ravensthorpe et d’autres actifs aux Philippines).

Quelles tendances pour 2010 ?

Les économies mondiales sont encore sous perfusions (plans de relance, déficits budgétaires, emprunts, incitations fiscales, réductions de coûts, et primes à la casse pour les automobiles). Malgré cela, un grand nombre d’économistes prêchent non seulement pour une croissance molle en 2010, mais que les effets de la crise vont se prolonger bien au-delà de 2010. En effet, sans le soutien des béquilles hyper-keynésiennes de l’argent public, quel sera le niveau de l’économie « réelle » sous-jacente ? Alors que le chômage sera au plus haut, l’endettement public énorme14, les finances publiques de plusieurs Etats (en Europe avec la Grèce, l’Italie, et le Portugal, mais aussi la Grande Bretagne) et des Etats Unis sont en limite d’endettement, le retour de l’inflation inéluctable, tandis que le déséquilibre macroéconomique entre la Chine15 et les pays de l’OCDE ira croissant. Seul un rapide relai de la dynamique publique par la dynamique privée permettra une rupture à la hausse.

En 2009, la Chine non seulement maintient une croissance de 8% de son économie, mais devient le premier exportateur mondial. La création de la nouvelle zone de libre échange entre la Chine et les six pays de l’Asean représente un marché de 2 milliards d’habitants, soit le tiers de l’humanité. On voit ainsi que le centre de gravité de l’économie mondiale migre de plus en plus vite vers l’Asie. Dans ces conditions, la Chine a importé en 2009, et importera de plus en plus de matières premières pour pouvoir exporter ses produits manufacturés16

Dans l’UE, les quotas d’émission affectent en priorité les industries qui émettent le plus de CO2 (dont la sidérurgie-métallurgie, ciment, verre). L’absence de compensation aux frontières pour les produits manufacturés importés alors qu’ils sont souvent élaborés avec des énergies encore plus carbonées que dans l’UE, peut s’interpréter comme un dumping environnemental. Trop important, il pourrait accélérer les délocalisations, et par un effet d’entrainement en cascade, les équipementiers et leur R&D, c'est-à-dire au final une accélération de la désindustrialisation au profit de l’Asie.

 Figure 4 : La nouvelle zone de libre échange Chine + ASEAN (Les Echos)

La chute des cours des métaux fin 2008-début 2009, puis leur remontée au deuxième semestre a eu des impacts considérables qui vont se poursuivre en 2010. Les liquidités ont réapparues et les fonds de placement, après avoir saturé le marché des actions, envisagent d’augmenter leur exposition aux matières premières (déclaration de 62% des 300 investisseurs institutionnels réunis à New York par Barclays Capital).

Les entreprises minières et métallurgiques des pays émergents ont d’autres modes d’actions et d’autres finalités que les sociétés des pays développés.

  • Les sociétés chinoises sont très majoritairement des sociétés d’Etat. Ces Entreprises d’état jouent un rôle croissant à l’international avec une finalité d’approvisionnement à long terme de leurs usines métallurgiques. De plus, elles n’ont aucune opinion publique contradictoire, ni d’ONG qui les scrutent et les harcèlent. Le manque de financement a créé une énorme opportunité pour les entreprises publiques chinoises qui peuvent compter sur l’appui des énormes réserves financières de l’Etat chinois. la Chine peut ainsi accroître son emprise sur les ressources de matières premières afin de continuer à inonder la planète de ses produits.
  • Les sociétés minières des pays développés ont pour finalité la satisfaction de leurs actionnaires en réalisant les meilleurs bénéfices possibles. Leur vision est à court terme. Elles ne peuvent opérer dans les pays à déficit de gouvernance sous peine d’atteinte à leur image par les ONG. Elles ne bénéficient d’aucun financement à taux préférentiels.
  • Ainsi, quand le président français visite un autre pays, il se fait accompagner par des PDG qui viennent pour vendre, tandis que lorsque le président chinois visite un pays, il se fait accompagner par des PDG qui viennent pour acheter...

En Afrique du Sud, avec la chute des cours, les entreprises issues du BEE (obligation de transfert de 26% de participation au capital à des sociétés issues du Black Economic Empowerment) rencontrent des difficultés à rembourser les prêts qu’elles ont du faire pour procéder à l’acquisition de ces 26%. L’Etat doit se porter à leur secours, ce qui n’est sans doute pas étranger au projet de création d’une société minière d’Etat. Mais une certaine inquiétude se fait jour suite aux déclarations de l’ANCYL de Julius Malema qui prône une nationalisation progressive de 60% de l’ensemble des sociétés minières sud-africaines. Même si personne ne semble encore y croire, force est de constater que les majors sud africaines comme Anglo American et Gold Fields se désengagent toujours un peu plus de ce pays.

Substances minérales : quelques faits marquants (non exhaustif)

L’or

L’or a renoué avec son comportement de métal monétaire, et s’est retrouvé en opposition avec les autres métaux lors de la crise, avec une hausse violente de son prix qui a dépassé 1200US$ par once, liée à la baisse du dollar, la crainte du rebond de l’inflation, et un excès de liquidité qui ont motivé l’intérêt des fond d’investissements à spéculer sur le métal. Toutefois, le prix élevé de l’or impacte fortement le secteur de la bijouterie, très sensible au prix et qui représente 70% de la demande. La vente d’une petite partie du stock d’or du FMI n’a pas d’impact sur le marché car elle s’inscrit dans les accords de limitation des ventes des banques centrales (CBGA-II) ; en revanche, les déclarations chinoises de vouloir un nouveau panier de monnaies pour ses réserves17 pourrait bénéficier à l’or à relativement court terme.

L’offre augmente parallèlement au prix de trois manières. D’abord le prix élevé contribue à remettre du métal (scrapes de bijouterie) sur le marché. Ensuite le dehedging accéléré des sociétés minières (Barrick Gold en particulier, premier producteur mondial d’or) de manière à pouvoir profiter de la hausse des cours. Enfin, une offre minière qui devrait rapidement rebondir en raison de marges maintenant très importantes si l’on considère que le cout moyen total de production est aujourd’hui de l’ordre de 500 $/once. Autant de facteurs qui devraient caper la hausse.

La Chine conforte sa place de premier producteur minier mondial avec 282 t (prod 2008)

Le minerai de fer

Après la tentative avortée de Chinalco sur Rio, c’est l’échec de la fusion du secteur du minerai australien du Pilbara entre Rio et BHP qui a vu une levée de bouclier, obligeant les deux entreprises à se contenter d’une JV technique en conservant chacune la commercialisation séparée de leurs produits miniers. D’énormes gains de productivité sont attendus grâce à la synergie à court terme, mais aussi et surtout l’automation future complète de la chaine de production. Ce passage d’un oligopole à un duopole contrôlant plus de 70% du minerai de fer commercialisé à l’international (« seaborne ») doit encore être examiné par les autorités de tutelle.

  • On notera qu’en aout 2009, la production d’acier chinoise a atteint 52 Mt (selon WorldSteel), c'est-à-dire l’équivalent annualisé de la moitié de la production mondiale. Pour comparer en aout 2009, la France produit en un mois 824 000t, soit l’équivalent d’une-demi journée de la production chinoise. Toutefois, les investissements ont conduit à des surcapacités qui risquent de se retrouver en exportations à court terme.

Le nickel

L’arrêt par BHP de son projet de nickel latéritique de Ravensthorpe de 2,2 G$, 6 mois seulement après son démarrage puis sa cession laisse à penser que BHP pourrait quitter la filière nickel, d’autant que BHP se retire d’autres projets miniers de nickel aux Philippines et en Indonésie. C’est un cout sévère pour la deuxième génération de projets HPAL, où l’on attend maintenant le démarrage de Goro (de Vale en Nouvelle Calédonie) et d’Ambatovy (de Sherritt à Madagascar).

Le diamant

Le diamant a été considérablement affecte par la crise économique (50% des ventes en valeur sont réalisées aux Etats Unis), contraignant De Beers à réagir vite en réduisant la production ou en fermant plusieurs de ses mines.

Le cuivre

Le cuivre a vu son cours augmenter de 134 % en 2009 et revenir à des niveaux très élevés de 7000 $/t. La spéculation est manifeste, car après le stockage chinois, les cours restent élevés malgré la baisse de la demande. Au niveau de l’offre, on constate que les gisements de la Copperbelt de RDC (Tenke Fungurume) subissent de longs retards de développement en raison de la reconsidération des contrats, tandis que de mégas projets sont envisagés (Olympic Dam en Australie, Oyu Tolgoï en Mongolie, etc.). Au Chili, les zones enrichies à plus de 1,5% Cu sont en voie d’épuisement, de sorte que les gisements passent aux minerais sulfurés primaires, plus pauvres, plus profond et avec des minerais beaucoup plus durs au broyage. Une tendance lourde qui devrait affecter à la hausse le prix plancher correspondant au cout total moyen de production (même en tenant compte des principaux sous produits comme l’or, le molybdène ou le cobalt).

Le plomb

Le prix du plomb a été le champion des hausses en 2009 (figure 1), tiré par la forte demande domestique chinoise. Avec d’abord les véhicules neufs, dont le boom exige du plomb neuf ou du plomb secondaire importé (le gisement de recyclé n’existe pas encore en Chine), mais aussi la vague de bicyclettes électrique (e-bike) en est grandement la cause avec 24 millions par an à raison de 10 kg de plomb par unité, soit une demande d’environ 240 000 t.

Notes

1) Christian Hocquard, Service Ressources Minérales, BRGM.
c.hocquard@brgm.fr

2) Parmi les autres pays BRIC, l'Inde est de plus en plus présente au portillon du développement avec un PNB qui maintenant équivalent à celui de la Chine en 2002. L’inde en est au premier stade de l’émergence avec un fort besoin d’infrastructures nécessitant aciers (produits plats), charbon (électricité), ciment…

3) Au total les entreprises chinoises auront investit 9,7 milliards de A$ (G$) dans le secteur minier australien en 2009, dont 3,3 AG$ (2,9 G$) par Yanzhou Coal pour l’acquisition de Felix Resources.

4) -33% pour le minerai de fer, - 44% pour le charbon par rapport à 2008.

5) Les programmes "prêt contre matières premières" (prêt massif en infrastructures, remboursable en matières premières) y sont similaires. De plus, ces deux pays disposent tout particulièrement des ressources qui manquent à la Chine (cuivre et cobalt en RDC, minerais de fer et d’aluminium en Guinée). D’autres pays sont également ciblés par la Chine : le Niger pour l’uranium, le Zimbabwe pour le platine, et pour le pétrole, le Soudan et l’Angola. On mesure ainsi combien le continent africain est utile pour les approvisionnements du monde en matières premières, qui se traduit par 60% de la production mondiale de cobalt, 45% du diamant, 40% du manganèse, 30% du phosphate, 20% de l’or et 10% de la bauxite.

6) Les ventes automobiles sont devenues le 1° moteur de croissance des ventes, avec une hausse de 40% en 2009. Par ailleurs, l es constructeurs chinois achètent la technologie occidentale : AutoBaic reprendrait Saab (de GM), Shanghai Automotive (Saic) a développé la gamme Roewe sur la base des modèles de MG Rover, acquis après sa faillite en 2005, Chery serait intéressé par la reprise de l’usine de Fiat de Sicile, et Geely reprendrait Volvo (de Ford).

7) Les technologies vertes associées aux énergies renouvelables sont particulièrement concernées avec les quotas export de la chine concernant les terres rares (celle utilisées aimants permanents de moteurs électriques en particulier) et la plupart des semi-conducteurs pour le photovoltaïque (technologie film mince de type CIGS -indium, gallium, sélénium), les diodes électroluminescentes (LED), etc.

8) De sorte que les surplus ont été masqués par le stockage chinois. Ces stocks pourraient réapparaitre en haut de cycle, contribuant ainsi à limiter la hausse, c’est à dire un mécanisme de lissage du cycle.

9) Les capacités de production de l’UE (3 Mt) et des Etats Unis (1,5 Mt)

10) Elle est aussi devenue le premier consommateur mondial en 2009, avec 459 000t, soit un tiers de la demande mondiale, dépassant ainsi les productions combinée de l’UE.

11) On sait qu’une action antidumping est longue à mettre en place : il faut non seulement prouver qu’il y a des prix bradés, mais aussi que l’industrie européenne est affectée.

12) La volatilité et la fragilité des marchés d’actions ont pénalisé notamment les introductions en Bourse, passées de 27 milliards de dollars l’année dernière à seulement 1,1 milliard de dollars cette année.

13) D’autant plus que la durée entre la découverte d’un gisement et son l’exploitation s’allonge de sorte qu’il ne suffit donc pas de découvrir un gisement, mais de savoir gérer toutes les étapes menant à son exploitation.

14) Le niveau mondial des dettes publiques est de 50 000 milliards de $, soit l’équivalent du PIB mondial…ce qui va se traduire par une part croissante des budgets publics dédiés au seul remboursement des intérêts de leur dettes et aucune perspective de récupération avant 2016 (selon le gouvernement allemand).

15) Matérialisé par l’accumulation des réserves de la chine qui résultent du succès de ses exportations et qui sont la contrepartie, par un pur effet miroir, du déficit américain.

16) La croissance des importations chinoises sur la période de janvier à aout 2009 par rapport à la même période de 2008 a été de +155 % (75,75 Mt) pour le charbon, +33% (405 Mt) pour le minerai de fer et +14% (4,13 Mt) pour les concentrés de Cu.

17) La Chine a maintenant 1050 tonnes d’or en réserves officielles. La Banque centrale de l’Inde, qui a acquis les 300t de la première vente d’or du FMI, pourrait adopter une politique similaire.

 

 
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