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Panorama minier 1999
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Le nickel et le cobalt  

 

Par l’intermédiaire de la Nouvelle Calédonie, la France est un important producteur de nickel et un modeste producteur de cobalt. En 1999 l’extraction minière en Nlle Calédonie a produit 6250 Mt de minerai brut incluant pour l’essentiel des minerais garniéritiques (saprolite silicatée) à 2,40 % Ni et de manière très subordonnée des minerais latéritiques à 1,6 % Ni. Ces minerais contiennent aussi du cobalt, récupéré par les fondeurs et les affineurs. Une part majeure des minerais bruts est exportée, pour l’essentiel au Japon, l’autre part étant traitée sur place avec un affinage final en France.

La société Le Nickel-SLN, filiale du groupe Eramet, compte pour plus de 44 % dans ce paysage minier avec 2578 Mt de minerai extraites en 1999. Cette même société possède à Nouméa la plus grande usine de ferronickel au monde, qui a produit 56642 t de nickel métal en 1999 sous forme de ferronickels et de mattes de nickel. Les mattes sont envoyées en France à l’usine de Sandouville pour y être transformées en nickel métal et sels de nickel, cobalt et fer. Cette usine a produit en 1999 11702 t Ni, 9458 t sous forme de cathodes et 2244 t sous forme de chlorures, ainsi que 181 t de cobalt et 21 754 t de chlorures de fer.

La consommation française de nickel s’est élevée pour sa part à 53600 t en 1999.

Nickel et Nouvelle Calédonie

Le Groupe ERAMET exploite en Nouvelle Calédonie, à travers sa filiale Le Nickel-SLN, d'importants gisements de garniérite, minerai oxydé de nickel.

Quatre sites miniers sont actuellement en exploitation, Thio, Népoui Kopéto, Tiebaghi et Kouaoua. L'exploitation des minerais de Thio date de 1880 et, depuis lors, près de 40 Mt de minerai ont été extraits contenant environ 900 000 t de nickel ; le minerai est constitué par une saprolite silicatée. Deux sites sont actuellement en exploitation (mine du Plateau et mine du Camp des Sapins, entre 600 et 800 m d'altitude) et produisent environ 800 000 t/an. Bien que plusieurs gisements y aient été exploités depuis une centaine d'années, la réouverture du site de Népoui Kopéto est relativement récente. Le minerai est également constituée par une saprolite silicatée. La carrière est située au sommet du massif de Kopéto à environ 1000 m d'altitude. A Tiebaghi, anciennement exploité pour le chrome et le cobalt, le minerai de nickel n'a été découvert que dans les années 70. L'exploitation a démarré en 1997 avec une capacité qui devrait atteindre le million de tonnes de minerai. Le secteur de Kouaoua a été exploité de manière discontinue depuis plus d'un siècle. Ce n'est qu'en 1977 la SLN entreprend le développement du très gros gisement de Méa.

En 1999, l'extraction des mines néo-calédoniennes a produit 6520 Mt de minerai brut (contre 7525 Mt en 1998). La production minière de SLN s'est élevée à 2772 Mt (2578 Mt en 1998). Le tonnage de nickel contenu a baissé de 125 300 t en 1998 à 111 600 t en 1999. Une partie du minerai provenant du site de Thio est expédiée vers le Japon. Les autres minerais sont expédiés vers l'usine métallurgique de Doniambo située près de Nouméa. C'est la plus grande usine de ferronickel du monde ; elle en a produit pour plus de 45 000 t Ni en 1999 ( 44 490 t Ni en 1998). La production totale de l'usine de Doniambo (ferronickels et mattes de Ni) s'est élevée à 56 642 t Ni en 1999 (56 502 t Ni en 1998). Une part des ferronickels est exportée, quant aux mattes, elles sont envoyées à la raffinerie de Sandouville dans le nord de la France où elles sont transformées en nickel métal et sels de nickel et cobalt. L'usine de Sandouville a une capacité annuelle de 13 000 t de nickel métal, de 3 000 t de chlorure de nickel, 300 t de cobalt sous forme de chlorure et de 3 100 t de fer sous forme de chlorure ; elle a ainsi produit 11 702 t Ni en 1999 : 9 458 t Ni sous forme de cathodes, 2 244 t Ni sous forme de chlorures auxquelles il faut ajouter 181 t de chlorures de cobalt et 21 754 t de chlorures de fer. La consommation française de nickel s'est élevée à 53 600 t en 1999 (52 400 t en 1998).

ERAMET a livré 45 791 t de ferronickel, 11 474 t de nickel métal et de sels. Elle a produit également 25 000 t d'acier rapide (10 % moins qu'en 1998) et 850 000 t d'alliages au manganèse (47 % plus qu'en 1998). ERAMET, leader mondial du ferronickel, est également présent dans la fabrication des alliages de nickel et des aciers rapides et spéciaux (filiales Aubert & Duval, Erasteel, SMC, HTM) ainsi que dans la production et la métallurgie du manganèse (filiales Comilog, Eramet Manganèse Alliages). Le chiffre d'affaires d'ERAMET a connu une forte progression de 37 % (9,87 Md F) suite à intégration des activités de SIMA (alliages Ni et acier spéciaux à haute performance) et de la branche manganèse de ELKEM. ERAMET devient le premier producteur d'alliages de manganèse grâce à des fonderies en France, Chine, Norvège et aux Etats Unis. Par contre le résultat net est en forte baisse par suite de charges exceptionnelles résultant de la cession de la Société le Nickel.

Toujours en Nouvelle Calédonie, il faut signaler le développement, par INCO, du gisement de latérites nickélifères de Goro. Les ressources sont estimées entre 200 Mt et 370Mt, à 1,6 % Ni et 0,17% Co. Les réserves prouvées seraient de 47 Mt de minerai. INCO a ouvert récemment à Goro un pilote de production de Ni et Co (50 M$). Une usine de 54 kt/an Ni et 5,4 kt/an Co est envisagée pour un investissement de 1,4 milliard $. Il s'agit d'un projet à risque où sont associés INCO (85 %) et BRGM (15 %). La technique d'extraction utilisée est celle du lessivage acide sous haute pression ; les producteurs australiens rencontrent beaucoup de difficultés dans la mise en œuvre de cette technique.

 

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