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Substances métalliques - Métaux précieux : Or, Argent

Armand COUMOUL, Claude HEINRY

ü Situation de la France

La production minière d'or a été de 5 984 kg en 2000, contre 6 535 kg en 1999, soit une diminution de 8 % (Tabl. 11). La demande est de l’ordre de 47 t/an (chiffre 1999), dont on estime grossièrement entre 10 et 20 % la part d’or recyclé, en provenance principale de bijoux refondus. Il reste deux producteurs en métropole et une cinquantaine de PME et artisans confondus produisant dans le DOM de Guyane. La production d’argent a chuté de 37 %, à 723 kg, alors que la demande est de l’ordre de 1 200 t/an ; la part du recyclage est ici de l’ordre de 20 % de la demande.

 En métropole (Fig. 2), la société Mines d'Or de Salsigne (MOS, Aude) a produit 1 501 kg d’or (- 30 %), essentiellement à partir du stockwerk exploité à ciel ouvert et du stock récupéré de l’ancienne exploitation. En 2000, le volume de minerai passé en production a atteint 517 000 t (teneur récupérée moyenne 2,9 g/t), dont 100 000 t extraites à teneur dépassant 10 g/t (70 000 t de la carrière + 30 000 t de la mine), et 417 000 t déstockées à faible teneur (il restait 500 000 t au 1er janvier 2001 sur ce stock).

Le nouveau projet d’exploitation de la carrière, s’étendant jusqu’à fin 2002, comportait un fort taux de découverture en 2000, notamment sur la partie sud travaillée en auto-remblayage. L’usine a généralisé la non-cyanuration des stériles de flottation, entraînant une perte de 3-4 %, mais avec une économie de 10 F par tonne traitée.

Sur le plan socio-économique, MOS, en cessation de paiement depuis la mi-1999, a vu sa période d’observation prolongée jusqu’à juillet 2000, puis a obtenu in fine de la cour d’appel de Montpellier, le 24 octobre, l’autorisation de poursuivre son activité pour une période de quatre ans. Dans la 1er phase de ce plan et au terme de discussions entre les actionnaires australiens (Eltin et Sons of Gwalia), la société andorrane repreneuse ORFUND, et les Pouvoirs Publics, devrait se décider soit la poursuite de l’exploitation, soit la fermeture ordonnée. Le sort des 175 salariés et le problème de la dépollution, qui est estimé à 52 MF, sont au cœur du débat.

La Société des Mines du Bourneix (SMB, Hte Vienne), appartenant au groupe COGEMA depuis 1988, a produit 1 142 kg d’or. Le minerai est extrait des mines Puits Roux-Lauriéras et Moulin de Cheni, et de la carrière La Fagassière (district aurifère de Saint Irieix-la-Perche). C’est la dernière année pleine de production car l’exploitation doit cesser vers la mi-2001, avec l’épuisement des réserves ; la production totale avoisinera 25 tonnes. La fermeture sera notamment accompagnée d’un plan social pour la soixantaine de salariés.

La production d’argent, qui est tributaire de la production d’or métropolitaine dont elle est un sous-produit, est assumée par les mines d’or de Salsigne (MOS) et du Bourneix (SMB), dont les chiffres sont respectivement de 630 kg et de 93 kg (Tabl. 11).

En Guyane (Fig. 7), la production déclarée d'or a été de 3 341 kg (+ 13 %). L’or, qui provient essentiellement de gisements alluvionnaires, est produit à 57 % par vingt-trois PME dont la part est en progression de 8 %, et à 43 % par une trentaine d’artisans dont la part est en progression de 20 %. On notera que l’or déclaré à l’exportation a représenté 6 700 kg ( !), laissant supposer une production non-déclarée de 3 359 kg, sans compter la production restant totalement clandestine ; dans ces conditions, toute analyse d’évolution comporte une part d’irrationnel.

Si la moyenne de production par artisan est toujours en progression en 2000 (42 kg), on note plus significativement une baisse de la moyenne des PME (83 kg), qui refléterait une plus grande difficulté à maîtriser les coûts de production dans le contexte économique actuel, malgré l’effet de levier du dollar fort.

Le Groupement des Sociétés Minières de Guyane (GSMG) est), Camps Caïmans (Asarco ; 20,2 Mt à 3,2 g/t).

Le devenir de ces gisements, et plus généralement celui des ressources minérales du DOM, ne peut dépendre que de mesures incitatives des autorités et de l’amélioration des infrastructures logistiques. A défaut, se développeront l’exploitation clandestine, le piratage de ressources privées et la pollution incontrôlée.

Les sociétés françaises productrices d’or à l’international ne sont plus que deux après le retrait du groupe Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) de l’exploitation et de l’exploration au moyen de filiales. Ce sont la Compagnie Française de Mines et Métaux (CFMM, filiale à 100 % du groupe COGEMA), et CIDEM-Eurasia Gold.

CFMM a récupéré, par l’accord du 31 juillet (d’effet rétroactif au 1er janvier) et conformément aux recommandations des Pouvoirs Publics, les actifs miniers or du BRGM regroupés dans COMINOR. Ces actifs comprennent 90 % du capital de la Compagnie Minière d’Afrique, qui exploite le gisement d’Angovia (centre de la Côte d’Ivoire), 40 % du capital de la société Ariab Mining Company, qui exploite plusieurs gisements de la région d’Hassaï (nord du Soudan), et des permis d’exploration en Afrique et en Indonésie.

La production d’or de CFMM en 2000, hors métropole, s’est élevée à 3,73 tonnes, au prorata suivant :

  • 90 % des 1,58 tonnes produites à Angovia (CMA)
  • 40 % des 5,77 tonnes produites à Hassaï (AMC)

En Australie, la mise en production du gisement de White Foil, situé dans la région occidentale de Kalgoorlie et découvert par ses équipes, est à l’étude (initialement 2,5 t/an pendant cinq ans), tandis que d’autres indices encourageants sont en cours d’exploration. En Guyane, CFMM n’a plus d’activité après le retrait de SMB. Ailleurs, la compagnie a accédé à un portefeuille jugé significatif de permis d’exploration, notamment en Afrique (Côte d’Ivoire, Mali, Soudan).

CIDEM-Eurasia Gold exploite en partenariat les mines de Central Mukur et de Myaly (Kazakhstan) qui sont entrées en production officielle le 1er janvier 2000. La production totale en 2000, qui a été de 570 kg, devrait rapidement monter en puissance l’année prochaine, de pair avec la finalisation de toutes les installations techniques.

L’aventure de CIDEM au Kazakhstan résulte d’un échange d’actions avec la société canadienne basée à Vancouver THISTLE MINING Inc, effectué lors de la cession de Mines de la Lucette en 1999. CIDEM a récupéré toutes les actions de TMI dans Eurasia-Gold, projet or kazakh détenu à 51 %.

ü Production, consommation, prix, et réserves mondiaux

La production minière mondiale d’or s’est établie à 2 559 t, alors que la demande s’est rétractée à 3 748 t, dont plus de 80 % pour la joaillerie (Tabl. 11). L’offre a représenté 3 954 t : déstockage des banques centrales et autres institutions monétaires (12 % ; l’accord de Washington, signé par 15 pays, a limité à 2 000 t le volume sur cinq ans, soit 400 t/an), réapparition du désinvestissement (7 %) et quasi-disparition des couvertures de métal (0,3 %), et enfin recyclage (15 %), se sont ajoutés à la production minière (65 %). Le prix moyen de l’or en 2000 s’est établi à 279 US$ l’once (63 868 F/kg).

Onze pays assurent 80 % de la production mondiale (Fig. 5b). Les producteurs majeurs de la sphère économique occidentale sont l’Afrique du Sud (431 t), les Etats-Unis (353 t), l’Australie (297 t) et le Canada (156 t), qui représentent encore 48 % de cette production, mais en baisse continuelle devant la montée de pays comme le Pérou (133 t), l’Indonésie (125 t), la Papouasie-Nelle Guinée (73 t) et le Ghana (72 t). Chine (178 t), Russie (143 t) et Ouzbékistan (85 t) sont les autres grands pays producteurs.

En 2000, les réserves en place étaient estimées à 48 000 t (dont 38 % en Afrique du sud). La quantité d’or extraite dans le monde depuis le tout début, est évaluée à 130 000 t (dont 15 % ont été perdus). Les réserves stockées par les institutions monétaires, banques centrales, etc…, seraient de 33 300 t, et celles des particuliers de 77 200 t.

La production minière mondiale d’argent a été de 18 022 t, alors que la demande a atteint près de 29 000 t, répartie à raison de 42 % pour l’industrie, 32 % pour la joaillerie, et 26 % pour la photographie. Pour répondre à cette demande, la production minière (63 %) est relayée par environ 5 900 t (21 %) de métal recyclé et 4 700 t (16 %) de métal déstocké. Le cours de l’argent n’a cessé de baisser en 2000, donnant un prix moyen de 495 US cents l’once (1 133 F/kg).

Les huit principaux pays producteurs représentant 80 % de la production mondiale (Fig. 5c) sont le Mexique (2 621 t), le Pérou (2 438 t), l’Australie (2 060 t), les Etats-Unis (2 060 t), la Chine (1 600 t), le Chili (1 242 t), le Canada (1 204 t) et la Pologne (1 165 t).

Les réserves mondiales d’argent sont imperturbablement évaluées à 280 000 t depuis le début de la décennie 90. Cinq pays, Mexique, Canada, Etats-Unis, Australie, et Pérou, représentent 58 % de ces réserves.

Tabl. 11 : Production minière et demande d'or et d’argent en France et dans le monde, de 1997 à 2000 (kg et tonne).

Fig. 2 : Mines ou gisements de substances énergétiques et métalliques français métropolitains en activité (situation 2000).

Fig 7 : Gisements et projets aurifères du DOM de Guyane (situation 2000).

Fig. 5b : Production minière mondiale 2000 d’or (tonnes).
Fig. 5c : Production minière mondiale 2000 d’argent (tonnes).

 

 

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