"Bentonites" est un terme commercial qui désigne les argiles absorbantes du groupe des smectites, parmi lesquelles on peut distinguer minéralogiquement la montmorillonite, la beidellite, l’hectorite et la saponite. Une teneur relativement faible en alumine ainsi que la présence d’éléments fondants (alcalins et alcalino-terreux) en font des minéraux non réfractaires. Les smectites sont caractérisées par leur forte capacité d’échange cationique (Ca+, Na+, K+…) et leur possibilité d’hydratation, qui leur valent le nom d’argiles gonflantes. Les gisements sont généralement issus de l’altération in situ de cendres volcaniques déposées en milieu aqueux. Les bentonites sont principalement utilisées pour la confection de moules de fonderie (liant de sable siliceux), pour le bouletage du minerai de fer, dans les forages (viscosité améliorée), dans les travaux publics, pour la protection de l’environnement (réalisation de barrières étanches pour les Centres d’Enfouissement Techniques), pour la décoloration des huiles (terres activées à l’acide). Elles ont historiquement servi, sous le nom de " terre à foulon ", à dégraisser la laine.
ü Situation de la France
Si aucun véritable gisement de bentonite n’a pu être mis en évidence dans le sous-sol français, des argiles bentonitiques (moins pures que les bentonites) sont exploitées. C’est le cas dans les départements de l’Eure (Cahaignes) et de l’Allier (Grézieux-le-Fromental) par la Société Française des Bentonites et Dérivés (SFBD, filiale du groupe allemand Süd-Chemie qui est leader européen des bentonites), et de la Dordogne (Buisson-de-Cadouin) par la CECA (filiale du groupe chimique Atofina).
A défaut de chiffres officiels, les renseignements fournis par les producteurs permettent d’estimer la production française d’argile brute à environ 32 kt en 2000, soit environ 26 kt de produits finis. Compte tenu des 229 kt importées et des 97 kt de produits transformés exportées, la consommation apparente de bentonite est de l’ordre de 160 kt, en baisse progressive depuis 1997. Nos principaux flux s’opèrent à l’intérieur de l’UE : exportations vers l’Allemagne et l’Espagne, et importations de Grèce (57 kt), des Pays-Bas (41 kt en transit) et d’Italie (34 kt).
Les chiffres de la consommation apparente doivent être néanmoins relativisés compte tenu de l’existence sur le territoire d’usines de transformation élaborant et exportant des produits finis à partir de matière première importée. Ainsi, SFBD dispose d’usines au Téport (Seine Maritime), à Villars (Vaucluse) et à Portes-lès-Valence (Drôme), tandis que CECA dispose de trois sites de transformation à Honfleur (Calvados), au Buisson-de-Cadouin (Dordogne) et à Port-la-Nouvelle (Aude). En outre, Iko France (associée au groupe grec Silver & Barites) dispose, depuis 1995, d’une usine au terminal portuaire de Montoir-de-Bretagne, en aval de Nantes.