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Roches et minéraux industriels - Diatomite

Francis BARTHELEMY, Claude HEINRY

 

La diatomite est une roche sédimentaire siliceuse d’origine biogénique car formée par l’accumulation de squelettes de diatomées (algues brunes unicellulaires). De taille comprise généralement entre 10 et 50 microns, les squelettes (ou frustules) sont constitués de silice hydratée amorphe (opale). D’autres constituants sont présents en proportions variables, tels la matière organique, des éléments clastiques, voire des minéraux argileux. La diatomite est aussi appelée " kieselguhr ", ou " terre à diatomées " dans le monde anglo-saxon ; au Danemark, " molar " désigne une argile à diatomées contenant jusqu’à 30 % de smectites.

Les gisements sont rencontrés dans deux contextes différents, soit des gisements lacustres en contexte volcanique (exemple des dépôts miocènes du Massif Central), soit des gisements marins dans les zones de remontée des courants froids (exemple de la Californie).

Les matériaux extraits subissent différentes phases de traitement : séchage, broyage, sélection, calcination avec ou sans ajout de fondant. A une granulométrie fine, la diatomite broyée allie une faible densité, une grande porosité et une surface spécifique élevée. Elle est utilisée à la filtration des liquides (45 %, sous forme calcinée), notamment le vin, comme charge dans les peintures et les plastiques (25-30 %), à l’isolation (15-20 %), enfin comme absorbant (moins de 5 %).

ü Situation de la France

Avec une production de diatomite brute évaluée à 230 kt en 2000, la France se situe à la 2e place des producteurs occidentaux derrière les Etats-Unis, et donc 1er producteur de l’UE. La production est assurée par deux sociétés : la CECA (filiale d’Atofina), dont les usines sont à Saint Bauzile (Ardèche) et Riom-ès-Montagne (Cantal), et Célite France (filiale de l’américain World Minerals, leader mondial du secteur) dont l’usine est à Murat (Cantal).

A partir de cette production, 80 kt de diatomite traitée ont été commercialisées, dont plus du tiers exporté (35 kt), principalement vers l’Italie (8 kt), l’Allemagne (4 kt) et la Russie (3 kt). Les importations françaises se sont limitées à 14 kt, dont 6 kt en provenance du Danemark. Ces valeurs sont probablement sous estimées car une partie des échanges de diatomite est comptabilisée avec les bentonites, en particulier les diatomites activées. La consommation française de diatomite peut cependant être estimée dans une fourchette de 60 à 70 kt/an de produit fini.

ü Situation mondiale

Si la production mondiale de diatomite était estimée à 1,5 Mt en 1995 (European Mineral Yearbook), la production mondiale de produits marchands - incluant cette fois les produits calcinés - était également chiffrée à 1,5 Mt par J.L. Gardini (Congrès SIM de 2001). Le rapprochement de ces données montre la difficulté d’interpréter les chiffres, compte tenu de l’agrégation entre produits bruts et produits transformés (calcinés), incertitudes auxquelles il convient d'ajouter les approximations afférentes à la production chinoise. Le chiffre de 1,5 Mt de produit brut au niveau mondial dans l’année 2000 a finalement été retenu.

 

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