Le kaolin commercialisé est un produit pur composé de kaolinite. Il est obtenu par lavage de minerais correspondant soit au produit de transformation sur place de roches mères feldspathiques (granites en général), soit de lérosion et du transport des gisements précédents qui se présentent alors en général sous la forme dargiles ou de sables kaoliniques. Au niveau mondial, plus des deux tiers des réserves exploitées sont constituées par les gisements détritiques. A la 1er catégorie se rattachent les gisements de Bretagne et de Cornouailles (Royaume-Uni), à la 2e les gisements de la Drôme (Hostun et Barbières), de Géorgie-Caroline du Sud (Etats-Unis) et dAmazonie (Brésil). Dautres substances sont souvent valorisées avec l'exploitation du kaolin, les micas dans le cas des gisements primaires et les sables siliceux dans le cas des gisements secondaires.
Le kaolin (exemple des Etats-Unis, Fig. 14) est surtout consommé à la fabrication du papier où il intervient comme charge, ou, au stade de finition, comme pigment. Dans les céramiques fines et les réfractaires, il est utilisé pour ses qualités réfractaires, voire sa blancheur.
ü Situation de la France
En 2000, la production française de kaolin a atteint 385 kt, marquant une hausse de 17 % par rapport au palier de 330 kt qui avait marqué les années 1994 à 1999 (Fig. 15). En labsence de production locale du groupe Imerys, leader mondial, la société Denain Anzin Minéraux (DAM, filiale du groupe Mineral Harwanne) assure lessentiel de la production nationale à partir de quatre sites dexploitations bretons (Berrien, Loquefret, Ploemeur, Kerrouet) et dun site exploitation dans lAllier (Echassières). Par ailleurs, la Société Kaolinière du Morbihan (Soka), qui exploite le gisement breton du Quessoy, s'est diversifiée dans les argiles nobles pour céramiques en prenant une participation dans la société AGS.
Les importations (332 kt) viennent principalement du Royaume-Uni (127 kt), du Brésil (84 kt, en hausse de 49 % !) et des Etats-Unis (61 kt), tandis que les exportations (176 kt, + 22,8 %) se font surtout vers lEspagne (41 kt), lItalie (29 kt) et lAllemagne (29 kt). Alors que les importations concernent majoritairement les qualités à plus forte valeur ajoutée destinées au couchage du papier, les exportations sont constituées de produits destinés à la céramique.
La consommation apparente a bondi à 541 kt (+ 7,5 %).
ü Situation mondiale
La production mondiale 1995 a été estimée par le British Geological Survey entre 24 et 25 Mt, soit un retour au pic de 1989 après une période creuse dont le point bas de 1993 est à 22,6 Mt. Plus du tiers de la production est assurée par les Etats-Unis, principalement à partir des gisements de Géorgie et Caroline du sud (Georgia South Carolina kaolin belt ). Les autres producteurs significatifs sont la Corée, le Royaume-Uni (gisements de Cornouailles) et le Brésil (région Nord-Este).
Après le rachat dEnglish China Clay, en 1999, et la cession à J.M. Huber dune partie de ses actifs aux Etats-Unis, le groupe français Imerys contrôle près du quart de la capacité mondiale. Lannée 2000 a été marquée par la montée en puissance des unités de production brésiliennes dont témoigne le gonflement du flux vers la France.
La capacité de production européenne représente environ 22 % de la capacité de production mondiale, alors que dans lEurope, la France qui dispose de gisements de taille moyenne compte pour seulement 6 %.
Argiles kaoliniques ("argiles nobles pour céramiques")
Les argiles kaoliniques proviennent généralement de gisements sédimentaires dorigine détritique, tels les gisements des Charentes, de la région de Provins (Ile de France) ou de lIndre. A la phase dominante kaolinique, sassocient différents constituants dont les qualités propres vont orienter le domaine dutilisation des argiles : il peut sagir de smectites (plasticité et cohésion en cru améliorées), dillites (rôle de fondant), de matières organiques (plasticité améliorée), dhydrates dalumine (augmentation de la réfractarité).
Les argiles kaoliniques sont utilisées en céramique fine (vaisselle, carreaux, sanitaire), ainsi que dans lindustrie des réfractaires silico-argileux (10 % < Al2 O3 < 30 %) et argileux à haute teneur en alumine (30 % < Al2 O3 < 45 %). Par rapport au kaolin, elles ne nécessitent pas de traitement dépuration, mais peuvent faire lobjet de traitements mécaniques (déchiquetage, broyage) ou thermiques (séchage, calcination). Les chamottes correspondent à des argiles calcinées entre 1 400° et 1 600°, le plus souvent conditionnées sous forme de boulettes ou de " nouilles ".
ü Situation de la France
La production française dargiles kaoliniques a progressé de 38,9 % en 2000, à 1 250 kt (Fig. 16). Les importations (365 kt) ont baissé de 11,6 %, les principaux fournisseurs restant l'Allemagne (220 kt), loin devant le Royaume-Uni (33 kt) et lItalie (25 kt). Les exportations (460 kt) sont restées stables, l'Italie absorbant seule 62 % du tonnage.
Deux sociétés, Ceratera et AGS, se partagent la production. Ceratera (filiale du groupe Imerys), qui domine l'activité, exploite des gisements dans le bassin de Provins (Seine-et-Marne) et la région Centre (Indre, Indre-et-Loire). AGS (devenue indépendante du groupe Imerys) exploite des gisements dans le bassin des Charentes.
La consommation française d'argiles kaoliniques qui variait entre 850 et 900 kt/an de 1997 à 1999 s'est redressée de près de 30 % en 2000 à 1 145 kt. D'après la fédération des minerais et des métaux, la demande resterait très différenciée selon les marchés considérés : baisse pour les grès porcelanés, développement du grès sanitaire, demande soutenue pour les argiles réfractaires et les chamottes.
ü Situation mondiale
Les argiles kaoliniques sont souvent regroupées par les anglo-saxons sous le terme d'argiles réfractaires qui peuvent alors inclure les argiles pour terre cuite. Nous ne disposons donc pas de données fiables concernant les statistiques mondiales. D'après l'European Minerals Yearbook, on peut estimer la capacité de production dargiles nobles de l'UE entre 3 et 4 Mt.
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Fig. 15 : Evolution de la production, des flux et de la consommation apparente de kaolin en France, de 1990 à 2000 (kt).
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Fig. 16 : Evolution de la production, des flux et de la consommation apparente d'argiles kaoliniques en France, de 1990 à 2000 (kt).
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