üSituation de la France
La production minière française de nickel et de cobalt est entièrement localisée dans le TOM de Nouvelle Calédonie. La France est ainsi n° 4 mondial des pays producteurs de nickel, tandis que la société ERAMET est n° 5 mondial des producteurs miniers de nickel. La production minière (Tabl. 8-9) a atteint 127 493 t de nickel (+ 15,8 %) et environ 2 500 t de cobalt (+ 5 %). La consommation française avoisine 100 000 t/an de nickel, dont 40 % de métal recyclé (y compris les déchets dinox en forte hausse), et 2 500 t/an de cobalt, dont 35 % de métal recyclé (chiffres OMP).
En métropole, la raffinerie SLN de Sandouville, près du Havre, traite des mattes de nickel provenant de lusine néo-calédonienne de Doniambo, pour en tirer du nickel électrolytique (nickel cathode), du chlorure de nickel, du chlorure de cobalt (et aussi du chlorure ferrique). Sa production 2000 a été de 12 276 t de nickel (métal et sel) et 204 t de cobalt (sel).
ERAMET est un groupe minier et métallurgique intégré dans le nickel et le manganèse, produisant les métaux et leurs dérivés chimiques, des aciers et alliages spéciaux, superalliages, et pièces à hautes caractéristiques utilisées dans des industries de pointe. Le groupe est 1er producteur mondial dalliages et de superalliages au nickel, également 1er pour le ferronickel, 1er pour les aciers rapides, 1er pour les alliages de manganèse, et parmi les principaux producteurs de nickel de haute pureté et daciers spéciaux.
ERAMET (38 % Famille Duval, 26,21 % Cogema, 8 % Société Territoriale Calédonienne de Participation Industrielle : STCPI, et 27,79 % Public) a publié un CA consolidé de 15 002 MF en 2000, dont 80 % réalisés à linternational, pour un effectif de 13 550 personnes. Le groupe est subdivisé en trois branches : Eramet Alliages, Eramet Manganèse et Eramet Nickel.
La branche Nickel a réalisé un CA de 3 700 MF (25 % du CA global), pour un effectif de 2 346 personnes. Elle englobe la Société Le Nickel-SLN (participation 60 %), la raffinerie de Sandouville (100 %), et Eurotungstène Poudres (51,15 %). La branche Manganèse comprend principalement Eramet Manganèse Alliages (69,5 %) et COMILOG (57,46 %). Enfin, la branche Alliages est représentée par Aubert & Duval Holding (100 %), Erasteel (100 %), Special Metals Corp (38,5 %), et HTM (100 %).
Dans le TOM de Nouvelle Calédonie, la plus grande partie de la production vient de gisements saprolitiques à garniérite, à filière de traitement pyrométallurgique, alors que des projets de gisements limonitiques à plus faible teneur et à filière de traitement hydrométallurgique sous haute pression sont à létude.
La production de minerais de nickel-cobalt est assurée par une quinzaine de compagnies (Fig. 6), dont les principales sont la SLN, la Société Minière du Sud Pacifique (SMSP), la Société des Mines de la Tontouta (SMT). En fait, la filière industrielle et commerciale semble quelque peu compliquée par la production de minerais distincts (saprolitique et limonitique) aux flux exportateurs différents, la sous-traitance et lexistence de circuits variés (usine pyrométallurgique pour la SLN, directs vers acheteurs, inter-mineurs, commerciaux et panachés). La production totale de minerai sest élevée à 7,41 Mt (tonnes humides) en 2000 (+ 13 %), soit 127 493 t de nickel métal contenu. Seule la SLN assume sur place le traitement de son minerai saprolitique pour produire ferronickel et mattes, les autres minerais étant exportés vers des usines de traitement en Australie (minerai limonitique) et au Japon (minerai saprolitique). La part de cobalt métal récupérable est estimée à 2 500 t, dont 1 100 t comptabilisables.
La Société Le Nickel (SLN) a pour actionnaires ERAMET-Nickel (60 %, filiale à 100 % dERAMET), la STCPI (30 %), et le groupe japonais Nisshin Steel (10 %). En 2000, elle a extrait 3,43 Mt de minerai (tonnes humides), représentant environ 59 000 t de nickel, soit 46 % du total néo-calédonien.>
La société exploite à ciel ouvert des gisements saprolitiques et limonitiques sur cinq zones principales dispersées dans lîle. Les minerais saprolitiques sont traités sur place dans lusine de Doniambo (pyrométallurgie), près de Nouméa, pour produire mattes de nickel et ferronickel. Cest la plus grande usine de ferronickel au monde (le ferronickel est un alliage utilisé dans la production des aciers inoxydables, qui absorbent 60-65 % de la consommation mondiale de nickel).
La SLN se développe fortement en montant en puissance le gisement de Tiébaghi, en sapprêtant à mettre en production le gisement limonitique de Bonini, et en augmentant la capacité de lusine de Doniambo.
En 2000, la production de nickel dorigine saprolitique sest élevée à 106 157 t, à partir de carrières réparties au NW et au SE de lîle. SLN, principal exploitant, opère des gisements à Thio (mines du Plateau et du Camp des sapins), à Kouaoua (mine de Méa), Népoui-Kopéto (massif de Kopéto), Tiébaghi, Kaala-Gomen (ou Etoile du nord). Lusine de Doniambo traite la quasi-totalité des minerais SLN (une partie du minerai de Thio est directement exportée vers le Japon) pour en tirer des mattes et du ferronickel : 57 463 t de nickel contenu en 2000, soit 45 % du tonnage métal néo-calédonien. Le deuxième grand exploitant est la SMSP, qui exploite des gisements à Boakaine et Ouaco.
La production de minerai limonitique a représenté 19 884 t de nickel contenu, soit environ 2 Mt humides de minerai (200 kt à Tontouta, 278 kt à Tiébaghi,
). Dorigine diversifiée (presque toutes les sociétés participent), la production est expédiée en totalité à la raffinerie de Yabulu (Queensland Nickel Inc, Australie), qui est lunique client pour ce type de minerai.
De nombreux projets à Ni, ou Ni-Co, sont en cours de développement, parmi lesquels Koniambo (nickel saprolitique), Goro, Nakety, et Bonini (nickel limonitique), ainsi que les augmentations de capacité à lusine de Doniambo et sur la mine de Thiébaghi. Le projet Koniambo est une joint venture entre SMSP (51 %) et Falconbridge (49 %), pour exploiter le gisement (réserves de 151 Mt à 2,58 % Ni ; capacité 60 000 t/an), et produire sur place du ferronickel dans une usine à construire. Le projet de nickel-cobalt de Goro est une joint venture entre le BRGM (15 %) et le canadien Inco (85 %) pour exploiter le gisement limonitique (réserves de 47 Mt à 1,6 % Ni et 0,17 % Co, et des ressources estimées entre 200 et 370 Mt ; capacités 54 000 t/an Ni et 5 400 t/an Co). Nakety, autre projet dont létude de faisabilité est en cours, est une joint venture entre Argosy Minerals Inc et SMT ; il sagit dun gisement limonitique et saprolitique dont les réserves sont de 83 Mt à 1,47 % Ni et 0,12 % Co. La SLN monte en puissance la production sur Tiébaghi (objectif 1 Mt/an), et a commencé en octobre les travaux préparatoires à la mise en production du gisement limonitique de Bonini ; enfin, si une amélioration de productivité à lusine de Doniambo a déjà permis de porter sa capacité à 61-62 000 t/an fin 2000, des améliorations technologiques permettront daccroître la production de 15 % à lhorizon 2003-2005, soit une capacité minimum de 70 000 t/an.
Les réserves de minerai saprolitique à garniérite (2,4 à 3,0 % Ni) étaient estimées en 1999 à un peu plus de 4 Mt de nickel contenu, tandis que celles de minerai limonitique (1,5 % Ni et 0,16 % Co) se montaient à 28 Mt de nickel contenu (source DGEMP).
ü Production, consommation, prix, et réserves mondiaux
La production minière mondiale de nickel a été de 1,20 Mt (Tabl. 8), à 69 % concentrée dans les cinq pays producteurs majeurs (Fig. 4b) qui sont la Russie (235 000 t), le Canada (190 700 t), lAustralie (168 300 t), la Nelle Calédonie (127 500 t) et lIndonésie (98 200 t).
La consommation mondiale de nickel primaire sest élevée à 1,13 Mt, équivalente à la production de métal.
Le prix moyen du nickel a été de 8 642 US$ la tonne. Il est resté à un niveau élevé durant le 1er semestre, à 9 414 US$, puis a baissé, jusquà atteindre 7 319 US$ la tonne en décembre.
Les réserves mondiales (minerais sulfurés et minerais silicatés à garniérite) sont estimées en 2000 à 49 Mt, principalement localisées en Australie (11,0 Mt), au Canada (6,7 Mt), en Russie (6,7 Mt), à Cuba (5,7 Mt), en Nelle Calédonie (4,5 Mt), ainsi quen Chine (3,7 Mt), Indonésie (3,2 Mt), et Afrique du Sud (2,5 Mt).
La production minière mondiale de cobalt a été de 34 573 t (Tabl. 9), concentrée à 91 % sur sept pays producteurs plus la CEI (Fig. 4c). Ce sont la Zambie (7 000 t), le Canada (5 281 t), la CEI (4 500 t, principalement de Russie), le Brésil (4 100 t), Cuba (3 095 t), la Rép. Démocratique du Congo ou RDC (3 000 t), la Nelle Calédonie (2 500 t) et lAustralie (2 000 t).
La consommation mondiale de cobalt a été estimée à 44 000 t. Si les données sont généralement insuffisantes, on sait que la consommation intérieure des Etats-Unis, qui ne produisent plus de minerai de cobalt, sest élevée à 10 900 t (déstockage et recyclage compris).
Le prix du cobalt cathode sest maintenu dans les dix premiers mois de lannée 2000 dans la fourchette de 13,5 à 17,5 US$ la livre, avant de fléchir sérieusement en fin dannée, vers les 11-13 US$ la livre.
Les réserves mondiales sont estimées en 2000 à 4,7 Mt, à 98 % localisées chez six pays producteurs, qui sont la RDC (2,0 Mt), Cuba (1,0 Mt), lAustralie (0,88 Mt), la Zambie (0,36 Mt), la Nelle Calédonie (0,23 Mt), et la Russie (0,14 Mt).
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Tabl. 8 : Production minière et métallurgique, et consommation de nickel en France et dans le monde, de 1997 à 2000 (tonnes). |
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Tabl. 9: Production minière et métallurgique, et consommation de cobalt en France et dans le monde, de 1997 à 2000 (tonnes). |
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Fig. 6 : Gisements ou projets à Ni-Co du TOM de Nelle Calédonie, et usines (situation 2000). |
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Fig. 4b : Production mondiale 2000 de nickel (tonnes). |
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Fig. 4c : Production mondiale 2000 de cobalt (tonnes). |