Le sel est répertorié en deux catégories suivant son mode de présentation ou dobtention. Le sel en dissolution des saumures extraites des gisements évaporitiques est destiné à lindustrie chimique, notamment pour la fabrication de la soude ou du chlore. Il s'agit d'une production souvent captive, l'industriel consommateur assurant sa propre production, comme cest le cas des groupes Atochem, Solvay ou Rhodia. Le sel cristallisé regroupe le sel marin issu de l'activité salicole i.e. les marais salants, le sel gemme extrait par puits et galeries, le sel extrait par dissolution et pompage (sel ignigène) et le sel dit thermique, sous-produit du traitement thermique du minerai de potasse ; en fonction de sa qualité, le sel cristallisé sera utilisé pour l'alimentation humaine, le déneigement ou l'industrie chimique
ü Situation de la France
La production totale de sel a fortement baissé en 2000, à 7 068 kt, dont 3 762 kt pour le sel en dissolution qui a limité son recul à 7 %. Concernant le sel cristallisé (Fig. 17), la production de sel marin est en hausse de 16 %, à 1 294 kt, retrouvant le niveau de 1998. Si la Compagnie des Salins du Midi et des Salines de lEst (devenue filiale du consortium Union d'Etudes et d'Investissements SA depuis la vente effectuée en juillet 2000 par l'américain Rohm and Haas) reste le principal acteur français, exploitant aux Salins-de-Giraud et à Aigues Mortes sur la côte méditerranéenne, le caractère marginal de la production des marais salants atlantiques sest accentué (0,2 %). Les sites méditerranéens de la CSME sont lobjet dune réorganisation qui semble vouloir pérenniser lactivité, un temps menacée. La production de sel gemme a fortement baissé, à 536 kt (- 15 %), malgré la montée en puissance de MDPA dans ce domaine où elle est passée de 60 kt en 1998, à 168 kt. La baisse est donc surtout liée à la réduction dactivité des sites lorrains de CSME. Enfin, le sel ignigène a vu sa production augmenter à 1 476 kt (+ 2 %).
Lannée 2000 marque la fin la production française de sel thermique en raison de la cessation dactivité des MDPA dans ce domaine (cf. paragraphe potasse).
La Chambre Syndicale des Producteurs (Comité des Salines de France) a estimé la consommation de sel cristallisé en 2000 à 2,8 Mt. La répartition est dominée par les 39 % de la chimie minérale (Fig. 18). La fluctuation de la consommation est en grande partie due à la variation du poste "viabilité hivernale" dépendant des aléas climatiques, dont lévolution des livraisons 1999-2000 est un exemple (Fig. 19).
ü Situation mondiale
Lestimation de la production mondiale de chlorure de sodium est de 201 Mt pour 1998, avec, pour principaux producteurs, les Etats-Unis (21 %) et la Chine (15 %), loin devant lAllemagne (8 %), le Canada (7 %) et la France (8e rang avec 7,3 Mt, soit 3,6 %).
Les Etats-Unis, avec 49,2 Mt, sont les plus gros consommateurs, alors que lUE a consommé 17,5 Mt. Globalement, la consommation mondiale se répartit entre la chimie (58 %), lalimentation (19 %), le salage des routes (13 %) et divers autres usages (10 %). Mais au niveau national, les situations sont très variées : la part consacrée à lagriculture et à lalimentation humaine est de 50 % en Inde, et seulement de 7 % aux Etats-Unis.
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Fig. 17 : Evolution de la production de sel cristallisé par zones de production en France, de 1997 à 2000 (kt). |
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Fig. 18 : Ventilation 2000 des livraisons de sel cristallisé en France par secteurs d'utilisation (en kt).
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Fig. 19 : Ventilation française comparée des livraisons de sel cristallisé en 1999 et 2000 (kt).
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