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Roches et minéraux industriels - Sel

Francis BARTHELEMY, Claude HEINRY

 

Le sel est répertorié en deux catégories suivant son mode de présentation ou d’obtention. Le sel en dissolution des saumures extraites des gisements évaporitiques est destiné à l’industrie chimique, notamment pour la fabrication de la soude ou du chlore. Il s'agit d'une production souvent captive, l'industriel consommateur assurant sa propre production, comme c’est le cas des groupes Atochem, Solvay ou Rhodia. Le sel cristallisé regroupe le sel marin issu de l'activité salicole i.e. les marais salants, le sel gemme extrait par puits et galeries, le sel extrait par dissolution et pompage (sel ignigène) et le sel dit thermique, sous-produit du traitement thermique du minerai de potasse ; en fonction de sa qualité, le sel cristallisé sera utilisé pour l'alimentation humaine, le déneigement ou l'industrie chimique

ü Situation de la France

La production totale de sel a fortement baissé en 2000, à 7 068 kt, dont 3 762 kt pour le sel en dissolution qui a limité son recul à 7 %. Concernant le sel cristallisé (Fig. 17), la production de sel marin est en hausse de 16 %, à 1 294 kt, retrouvant le niveau de 1998. Si la Compagnie des Salins du Midi et des Salines de l’Est (devenue filiale du consortium Union d'Etudes et d'Investissements SA depuis la vente effectuée en juillet 2000 par l'américain Rohm and Haas) reste le principal acteur français, exploitant aux Salins-de-Giraud et à Aigues Mortes sur la côte méditerranéenne, le caractère marginal de la production des marais salants atlantiques s’est accentué (0,2 %). Les sites méditerranéens de la CSME sont l’objet d’une réorganisation qui semble vouloir pérenniser l’activité, un temps menacée. La production de sel gemme a fortement baissé, à 536 kt (- 15 %), malgré la montée en puissance de MDPA dans ce domaine où elle est passée de 60 kt en 1998, à 168 kt. La baisse est donc surtout liée à la réduction d’activité des sites lorrains de CSME. Enfin, le sel ignigène a vu sa production augmenter à 1 476 kt (+ 2 %).

L’année 2000 marque la fin la production française de sel thermique en raison de la cessation d’activité des MDPA dans ce domaine (cf. paragraphe potasse).

La Chambre Syndicale des Producteurs (Comité des Salines de France) a estimé la consommation de sel cristallisé en 2000 à 2,8 Mt. La répartition est dominée par les 39 % de la chimie minérale (Fig. 18). La fluctuation de la consommation est en grande partie due à la variation du poste "viabilité hivernale" dépendant des aléas climatiques, dont l’évolution des livraisons 1999-2000 est un exemple (Fig. 19).

ü Situation mondiale

L’estimation de la production mondiale de chlorure de sodium est de 201 Mt pour 1998, avec, pour principaux producteurs, les Etats-Unis (21 %) et la Chine (15 %), loin devant l’Allemagne (8 %), le Canada (7  %) et la France (8e rang avec 7,3 Mt, soit 3,6 %).

Les Etats-Unis, avec 49,2 Mt, sont les plus gros consommateurs, alors que l’UE a consommé 17,5 Mt. Globalement, la consommation mondiale se répartit entre la chimie (58 %), l’alimentation (19 %), le salage des routes (13 %) et divers autres usages (10 %). Mais au niveau national, les situations sont très variées : la part consacrée à l’agriculture et à l’alimentation humaine est de 50 % en Inde, et seulement de 7 % aux Etats-Unis.

Fig. 17 : Evolution de la production de sel cristallisé par zones de production en France, de 1997 à 2000 (kt).

Fig. 18 : Ventilation 2000 des livraisons de sel cristallisé en France par secteurs d'utilisation (en kt).

Fig. 19 : Ventilation française comparée des livraisons de sel cristallisé en 1999 et 2000 (kt).

 

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