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Ce document fait un point bibliographique
sur la fluorine (ou spath fluor) dans le monde et en particulier
sur la situation de l'industrie française début
2000. Il est donc antérieur à avril 2006, date de l'arr^t définitif des dernières mines françaises, celles du Tarn.
Il a été établi dans le cadre
du programme de Service public du BRGM et avec le concours
de la Profession française. La fluorine a trois
grands groupes d'utilisation, chacun demandant des spécifications
techniques particulières:
-
- produit de base de la chimie
des dérivés minéraux et organiques
du fluor et de la fabrication de l'aluminium (qualité "spath
acide" à plus de 97 % de CaFJ ; - fondant
dans la métallurgie (qualité "spath
métallurgique", à plus de 60 % de
CaF2) ;
-
- dans l'industrie du verre
et des céramiques, en cimenterie et dans d'autres
applications.
Les deux premiers groupes d'utilisation
sont les plus importants et représentent plus de
90 % de la consommation.
Au moment de la parution de ce mémento, la situation française est encore confortable.
La production mondiale (environ
4,5 Mt CaF2 en 1999) est dominée depuis plusieurs
années par la Chine (50 % du total en moyenne) suivie
par le Mexique (13 %), la Mongolie (6 %), la Russie (6
%) et l'Afrique du Sud (5 %) qui semble monter en puissance.
Groupés dans un peloton suivent la France (2,6 %),
l'Espagne (3 %), l'Italie (2,5 %) et le Maroc (2,5 %).
La production européenne doit faire face à la
concurrence des importations chinoises (mesures antidumping).
Toutefois, la France maintient sa position en ce qui concerne
la production de spath de qualité. La production
française cumulée en minerai tout-venant
est estimée, depuis 1861, à 10,3 Mt en CaF2,
avec une production record de 370 kt en 1972. En 1999 comme
en 1998 et 1997, la France a produit un peu plus de 100
000 t.
Nos mines en activité en 2000 sont: Montroc
et Le MoulinaI (Tarn), mines à ciel ouvert avec
une production cumulée de 2,5 Mt de CaF2 ; Le Burg,
appelé aussi Le Burc (Tarn), mine souterraine avec
une production cumulée de 1,5 Mt CaF2. Dans deux
autres mines l'extraction est suspendue mais les réserves
ne sont pas encore complètement épuisées; ce sont Le Rossignol-
Chaillac (Indre) et Maxonchamp (Vosges). C'est la SOGEREM,
filiale de Pechiney, qui exploite les mines de Montroc-Moulinal
et Le Burg. Le minerai est traité sur les sites
de production. C'est la Société Industrielle
du Centre (SIC) qui commercialise les stocks de la mine
du Rossignol-Chaillac, et les Mines du Haut-du- Them ceux
de la mine de Maxonchamp.
D'autres gros gisements ont été exploités
en France, à Escaro (Pyrénées-Orientales)
avec plus de 2 Mt de CaF2, à Fontsante (Var) avec
1 Mt CaF2, et à Langeac (Haute-Loire) avec plus
de 1 Mt de CaF2. Parmi les réserves et ressources
françaises, tout un district estimé à 6
Mt de fluorine est en sommeil dans le Morvan: Antully (Saône-et-Loire),
Pierre-Perthuis (Yonne), Courcelles-Fremoy (Côte-d'Or),
Egreuil (Nièvre). Le niveau déprimé des
prix internationaux ne permet pas d'envisager une mise
en exploitation prochaine.
Avec des réserves en
quantité importante, la France est assurée
d'une autonomie pour ses besoins pendant plusieurs
décennies
au rythme actuel de consommation, et de possibilités
d'exportation si la concurrence est loyale. Les exportations
se font actuellement surtout vers les pays de l'U.E..
La situation des producteurs européens a été soulagée
par la prolongation des taxes antidumping du spath
acide chinois décidée en septembre 2000
par la Communauté Européenne. Ils sont
en revanche dans l'attente des modalités précises
des législations environnementales concernant
la protection de la couche d'ozone et surtout l'effet
de serre.
Les spécialistes
indiquent que la demande de l'industrie chimique des
dérivés
du fluor devrait continuer à croître.
Outre la mise au point de fluides de substitution,
il reste aussi à ce
secteur le champ très prometteur des plastiques
et des solvants.
La demande de l'industrie de
l'aluminium devrait, elle aussi, conserver voire accroître
son importance. En revanche, le marché de la sidérurgie
reste moindre et stationnaire.
Cinq ans plus tard, en 2006, Maxonchamp et Le Rossignol ont fermé et les installatioins ont été démantelées. La surprise vient de la MCO du Moulinal, dans le Tarn, où Les teneurs en F2Ca s'épuisent de façon inattendue. La MCO voisine de Montroc arrive, comme prévu, au bout de ses réserves et la mine souterraine de Burg ne peut plus assurer à elle seule la rentabilité de la laverie de Montroc. Une ultime campagne de sondage pour trouver de nouvelles réserves échoue et c'est la fermeture définitive de SOGEREM en avril 2006. |